Remplacement ?

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Quand un soir, ton visage fit volte-face vers moi, j'eus un mal fou à te reconnaître. Tout avait changé, de la forme de ta bouche à ta corpulence. Tes yeux me fixèrent un instant et tu détournas ton regard. Je restais figée sur place, comme si un sort avait glacé les membres de mon corps. Je te regardai t'enfuir au loin, incapable du moindre mouvement. Comment avais-tu pu changer autant ?

J'avais l'habitude de t'écouter parler et de me perdre dans le ton grave de ta voix enroué. Elle récitait toujours les mêmes mots, toujours les mêmes paroles et toujours la même chanson. Tes mots, je pouvais les écouter à longueur de journée. Tes yeux étaient d'une lueur envoûtante, ils brillaient d'une couleur émeraude à faire pâlir un diamant.

Seulement un matin, plus rien n'était là. La douceur de ta peau et la fraîcheur de tes cheveux s'étaient envolés. Un mot, c'était la seule chose qu'il me restait de toi : Adieu.

Pendant longtemps je n'ai cessé de penser à toi, à nos rêves, à nos souffles mélangés et à notre amour. Je me lamentais jour et nuit. Je voulais te sentir à mes côtés et entendre ton souffle lent durant la nuit. Des larmes envahissaient mes yeux chaque fois que ton nom était prononcé et tu ne sortais jamais de mes pensées.

Mais, un jour où je broyais du noir j'étais sortie me promener dans un parc. Assise sur un banc, je regardais les couples roucouler. Ils m'exaspéraient, j'étais jalouse. J'allai partir quand un jeune homme vint s'asseoir à côté de moi. Il soupira en regardant les couples et me sourit. Son sourire étincelait sous le ciel grisâtre et il me réchauffa. Mes lèvres formèrent un sourire sans que je ne m'en rende compte. Le premier depuis des mois. Nos regards restaient entremêlés l'un à l'autre alors que la pluie commençait à tomber. Il leva sa tête vers le ciel et il enleva sa veste avant de nous couvrir avec. Je le regardais sans pouvoir m'arrêter.

Et de fil en aiguille, nous nous sommes revus à maintes reprises. Sans un mot, nous nous sommes pris la main, enlacés et embrassés. Ses lèvres douces caressaient les miennes si longtemps oubliées du moindre contact humain. La chaleur de son corps me réconfortait plus que je n'aurai pu y penser. Son odeur commençait à remplacer la tienne.

AdieuHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora