Pharmacie sentimentale

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Je crois que t'étais un pansement. Crois moi, je me déteste d'écrire ce genre de choses, mais tu me plaisais, et l'illusion de nous me donnait beaucoup de bien. Tu sais bien que je te trouvais belle, intelligente, que c'était facile d'être avec toi sans vraiment réfléchir. Mais je n'étais pas moi. Cette histoire de projets, de parler dans le temps, mais putain j'arrive pas à savoir ce que je vais faire demain, comment voulais-tu que je te dise que dans deux ans on sera encore ensemble? J'te l'ai bien dit pourtant, je sais bien. Ce qui est le plus étonnant, c'est que tu m'as plaqué avant même de savoir qui j'étais vraiment. Je crois que même si je n'étais pas ton pansement, j'étais une pommade. Histoire de te radoucir le cœur, te donner une dose d'affection, et pouf, c'était suffisant. Au fond, tu ne m'aurais pas jeter, je crois que je l'aurais fait. J'aurais attendu plus longtemps, parce que.. Tu étais une chouette fille, que j'aime beaucoup même si ce n'était pas de la bonne façon.  Peut être qu'avec le temps, tout serait venu. On avait déjà le désir, et l'entente. Il manquait l'amour, et puis le fait que je puisse peut être juste être moi avec toi. Te montrer la part "je n'vis pas sans mes potes", te faire connaître la fille qui boit, fume et vadrouille beaucoup trop. Celle qui ne dort pas, qui drague et qui regarde les filles qui passent. Si tu m'avais quitté avec ça, j'aurais morflé. Parce qu'en me quittant mardi dernier, et bien tu quittais quelqu'un que je n'étais pas. C'est fou dis comme ça, parce qu'avant de l'écrire, je pensais que notre rupture était ma faute, alors que ce n'est peut être la faute que de la personne que tu imaginais de moi. Une image, une vue d'un autre esprit que le mien, mais dans mon corps. C'est aussi peut être pour ça que je ne t'en veux pas plus que ça. J'ai eu une mine qui a éclaté dans le cœur au moment où j'ai su que tu en avais fini avec moi, mais étrangement, te voir bouche bée à ne pas pouvoir prononcer un seul "je te quitte" me réconfortait. Je n'ai pas eu un trou si béant dans la poitrine, je n'ai pas eu d'incessantes crises de nerfs, je n'ai eu qu'un bref coup de poing en travers de la gorge. C'était une douleur courte, précise et finie avant même que j'en parle. 

Alors je crois que t'étais un pansement, mais un pansement avec qui j'me suis bien éclatée. Et puis vu que je n'étais certainement qu'une pommade, et vu les événements d'une certaine nuit, je crois savoir que toi aussi tu as bien fait joujou. Au fond on s'est peut être rendues service l'une à l'autre. 

Une pharmacie sentimentale. Une pommade, un pansement, parfois un plâtre.

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