Tout était sombre, glacial, sinistre. Le labyrinthe que formait le sous-sol de l'école était effrayant.
À côté de moi, ma sœur ne disait rien. Elle avançait calmement, sans faire de bruit. Comment pouvait-elle ne pas avoir peur ? J'étais complètement terrorisé. J'avais un très mauvais pressentiment.
Nous avancions, lentement, sûrement. À l'affût du moindre bruit. Notre déplacement était visible : nos chaussures laissaient des traces sur le sol poussiéreux. Si la chose nous suivait, elle perdrait difficilement notre trace.
Marguerite ne vit pas le trou devant elle, s'y prit le pied et tomba. Elle ne put s'empêcher de crier et sa voix résonna dans cet étrange labyrinthe...
Je l'aidai à se relever. Le silence total régnait depuis sa chute. Non pas qu'avant il y avait du bruit mais, maintenant, j'avais l'impression de ne même plus m'entendre respirer.
Au loin, des bruits de pas se firent soudain entendre. Ils venaient dans notre direction. Marguerite et moi n'échangions pas un seul regard, pas un seul mot. Nous étions statufiés.
La faible lumière de ma bougie ne nous aidait guère. Nous pouvions voir deux mètres devant nous, pas plus loin. Le reste n'était que du noir. Le noir le plus complet.
Les pas se rapprochaient encore. Un grognement se fit entendre. Mon cœur cognait si fort dans ma poitrine que j'étais certain de l'entendre.
Marguerite me regarda et me dit quelque chose, mais je ne l'écoutais pas. J'étais absorbé par les deux yeux rouges et fluorescents qui me fixaient. Ma peur s'intensifia et fit place à une terrible angoisse.
Le fils d'un commandant militaire apeuré par un grognement et deux boules rouges ! Je n'étais qu'un idiot !
La chose avança, les yeux devenaient plus grands, plus proches. Ma sœur avait déjà reculé, mais moi, je ne bougeais pas d'un pouce.
Désormais, je pouvais distinguer les formes – inhumaines – de ce qui se tenait devant moi. De son corps émanait une odeur de sang, une odeur de mort. La bête énorme était proche, la flamme de la bougie vacillait sous son souffle.
Il avança d'un dernier pas et j'eus le temps d'apercevoir une sorte de brûlure sur – ce que l'on pouvait appeler – son torse, avant que la flamme de la bougie ne s'éteigne.
« Projet 445 ».
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Projet 445
Fantastique27 juin 1914, Léon de Palese rentre chez lui après son cours de latin. Alors qu'il quitte l'école, il aperçoit un corps étrange, noir et brumeux passer sous la trape qui mène dans les sous-sols de l'école. 28 juin 1914, le général Theodoro de Palese...
