Dans notre monde où tout va si vite, où la guerre et la haine fait rage, où la tristesse et l'angoisse des Hommes grandissent ; la vie continue.
De plus en plus, la confiance se perd. Les Hommes fuient le contact avec leurs semblables en se repliant sur eux même. Les saisons n'y change rien, les famille reste entre eux, les amoureux se bâtissent un nid à l'abri des regards, les solitaires meurent seuls. Les humains gagnent en méfiance et perdent leur curiosité. Le monde est devenu bien morne et terrifiant.
Parmi tout les cas possibles de ce monde, il y avait le cas de Lysandre. Un être à la beauté extraordinaire. Son visage était magnifique, aux traits nets, la peau souple et nacrée. La blancheur de son teint n'avait rien d'un signe de maladie, au contraire, sa blancheur n'était que pureté... son âme, le fut sûrement. Mais elle a perdu la Confiance et la Curiosité. Elle ne parlait plus, elle ne sortait plus, enfermée dans l'ignorance, elle se construisit un refuge. Il y faisait bon vivre dans son cocon, elle y pensait, elle y réfléchissait, elle y discutait avec elle même ; et, la nuit, elle faisait la même chose mais en rêvant.
Outre sa peau, ses yeux, sa bouche et chaque détail de son corps était magnifique. Peut être que la peur lui avait fait perdre quelques couleurs, mais elle n'en savait rien. Lysandre ne s'était plus approchée de son reflet. Le seul miroir présent dans son petit studio, se trouvait dans la salle d'eau, recouvert d'un drap. Elle avait abandonné sa beauté. Cela faisait un an entier qu'elle n'avait pas vu son visage ni même son corps, pas depuis ce jour là...
Cette jeune fille n'étudiait pas... quel était l'importance d'acquérir des connaissances d'un monde où elle ne mettrait pas un pied dehors ? En réalité elle se mentait. Elle connaissait des choses de ce monde, mais elles sont tellement horribles, sordides, impensables, qu'elle les avait enfermé dans un coin oublié de sa mémoire.
Les Oubliettes de Lysandre !
Elle savait vivre, avec les méthodes actuelles, elle savait ce qui les avait mené dans cette situation de réticence mutuelle. Mais elle oublia. Elle vivait ainsi seule grâce à l'argent hérité de ses parents. Lysandre avait tout calculer. Avec cette somme, si elle vivait dans ce petit appartement loué pour assez peu de pièces, qu'elle mangeait des mets de bas prix, et qu'elle mettait toujours les mêmes vêtements, elle s'en sortirait jusqu'à sa mort et dans de belles conditions, celles de la solitude. Il y aurait même de quoi se payer un beau cercueil de chêne ou de hêtre. Elle vivait ainsi bien, sainement, économiquement... heureuse. Elle commença les chasses aux réductions. Ces actions occupaient ses journées et lui appris la négociation et l'égoïsme matériel.
Elle n'avait donc pas d'amis, sortait rarement, voire jamais, ne possédait pas de téléphone portable. Son ordinateur lui suffisait amplement pour effectuer ses transactions alimentaires. Les seuls e-mails qu'elle recevait : des spams, des publicités, des offres. Bien ciblée d'ailleurs ces offres, toujours les articles que recherchait Lysandre, à croire qu'ils connaissaient tout de tout... même de rien ! Des histoires d'espions du gouvernement, des services secrets, aujourd'hui, sur le net, c'est très fréquent ce type de théorie du complot. À croire que les gens passent leur temps à décortiquer, analyser, observer chaque faits et gestes des personnalités influentes... ils perdent bien leur temps !
Il fallait donc imaginer sa surprise lorsque notre héroïne reçu un message particulier. Ce message numérique, traversant les routes électroniques, voguant sur les mers magnétiques, prise dans les codages informatiques...cherchant le destinataire des précieuses nouvelles. Or Lysandre n'attendais aucune nouvelle et n'avait pas de proche ou d'amis susceptible de la contacter. Peut être un fantôme ? C'est aussi courant en ce moment ce genre d'histoire. Un esprit, par le truchement des forces psychiques, voudrait causer avec une magnifique jeune femme... avant de la tuer et de gardât son âme près de lui pour qu'ils partagent ensuite leur souffrance commune : errer dans une immortalité plasmique... cela fait froid dans le dos. Mais vraiment... quel excentrique chercherait à entrer en contact avec elle ? Cette question, elle ne la s'était jamais vraiment posé ; les humains avaient l'intention d'interagir avec elle ? Voilà une étrange nouveauté, une anomalie dans son quotidien, une bousculade violente créant des réactions en chaîne dans son cerveau. L'hypothèse du fantôme fut pour l'instant la réponse la plus plausible, ce qui lui valut un léger frisson de de peur. Mais, qui n'aurai pas eu peur devant un changement radical ? Passer d'un pays froid, désertique, continental à une île tropicale à l'autre bout du monde ?
Savoir que l'on attend un enfant alors que l'on sort à peine victorieux de la phase "adolescence ?
Auriez-vous ouvert la lettre ?
Face à un tel changement, Lysandre ne fut pas prête. Ce fut ainsi que ce renouveau resta bien au chaud dans cet boîte imaginaire pendant quelques jours. Fixant plus intensément La jeune femme chaque fois qu'elle passa devant, la suppliant de ne jeter qu'un petit coup d'œil. Ainsi elle passait ses journées devant, à se tirailler l'esprit entre deux réponses simples : l'ouvrir ou ne pas l'ouvrir. Elle avait le choix entre une réponse positive ou négative, mais les conséquences en correspondaient-elles vraiment à la grammaire ? Le petit icône de lettre non ouverte la rendit presque folle ! Toujours plus intense et insistant. Elle entendait presque un murmure suppliant, comme une tentation défendu. Mais était-ce vraiment le bon sens contre la gourmandise ? Lysandre devait bien fixer cet écran pendant une trentaine de minutes. Puis à un moment elle en eu marre et cria :
« Je ne veux pas ! Vas t'en ! »
Encouragée par la peur, elle cliqua sur le message et l'envoya immédiatement dans la petite corbeille.
Ce fut les premiers mots qu'elle prononçait ce mois-ci. Nous étions le 21 novembre. Elle resta un petit moment figée sur place, le souffle court, les nerfs à cran. La nuit eut le temps de tomber comme une fleur, alors que Lysandre commençait à peine à réagir. Son cœur battait bien trop fort et bien trop vite. En manque d'exercice physique, elle se sentit aussi mal qu'après avoir courut un marathon. Il lui fallait de l'eau, pas pour boire, de l'eau bien chaude pour réchauffer son corps si froid, toujours si froid.
Elle se leva péniblement, affaiblit par sa peur si brutalement apaisée, et se dirigea vers la salle d'eau. Elle enleva son pantalon ample et confortable et son pull en laine qui la grattait quelquefois. Ses mouvements sont lents, mais elle arrive enfin dans sa baignoire, sûrement blanche autrefois. Sa peau lui fit savoir à travers quelques frissons, qu'il lui fallait de l'eau chaude, bouillante même pour réchauffer ses os gelés, maintenant. D'un geste alors brusque, elle ouvra le robinet, laissant s'échapper l'eau chaude et un nuage de vapeur, un peu comme un troupeau de buffles, tambourinant de leurs sabots, remuant la poussière de la savane en nuage aveuglant.
L'air humide emplit ses poumons, rougit sa peau et décontracta tout ses muscles raides : une délivrance ; elle adorait ça.
Durant ces moments d'exaltation, Lysandre ne pouvait s'empêcher de se sentir dans une sorte d'armure indestructible, dans une sécurité absolue. Elle était persuadée que rien ne pouvait lui arriver. Elle avait en partie raison... et en partie tort
Sûrement dû au bruit de l'eau, la jeune fille n'entendit pas le grincement de la porte d'entrée, ni les pas qui se rapprochait dangereusement de la pièce de vie. Aussi doucement qu'elle fut ouverte, l'étranger ferma la porte à clé. Celle ci tinta une fois avant de ne plus jamais faire de bruit. La silhouette inconnue souillait les murs de l'appartement, glissant, rampant, esquivant chaque objet. Les pas s'arrêtèrent, net, il cherchait. Ses yeux devaient se faufiler un peu partout à la fois. Jusqu'à ce qu'il trouva. Mais il fallait y aller en douceur, sans brusquer, naturellement et silencieusement.
La salle d'eau éclairait la pièce de vie d'une lumière orangée, la porte à demi-ouverte. L'eau exerçait toujours son bruit de cavalcade. L'étranger se rapprochait, encore un peu... encore quelques pas... le bruit s'arrêta, net et sans appel. L'eau avait cessé de tomber contre la peau lisse de Lysandre et la matière douteuse de sa baignoire. Le sang de l'inconnu ne fit qu'un tour, il voulut fuir dans l'ombre... mais ce fut déjà trop tard. La lumière intense de cette pièce éclairait la personne et son visage. La dévoilant ainsi à Lysandre, nue et immobile, toujours dans sa baignoire à la couleur suspecte.
En l'espace d'une seconde, le temps s'arrêta pour se focaliser sur la drôle de scène. L'étranger avait contracté tout ses muscles et les figea sans trembler, comme une statue. Lysandre, qui ne comprit pas tout de suite la situation regarda avec un calme dérangeant la personne démasquée. Puis tout retomba, comme les gouttes d'eaux qui tombaient il y a moins de deux secondes, une décharge puissante réveilla la jeune fille qui reculait en hurlant à plein poumon. Elle se pris accidentellement sa serviette de bain dans les pieds et tomba avec fracas. Sa baignoire trop haute, fit obstacle à sa chute et tomba aux pieds, comme enracinés dans le sol de l'inconnu. Elle tenta de s'accrocher à un meuble, mais elle ne trouva que le drap qui cachait son miroir. Elle tourna instinctivement la tête, refusant de voir son visage. Mais au lieu d'orienter sa tête à l'opposé de la glace, elle La tourna vers celle ci. D'un coup, l'image de son regard monta à son cerveau ; puis ses cheveux, son nez, ses joues, ses lèvres, son menton, son visage, son corps. Elle se revit depuis un an de voilage, jour pour jour.
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Demi-Lysandre
ParanormalNotre petit monde est bien triste... Curiosité s'en est allé. Confiance est encore parti plus tôt. La vrai nature des Hommes refait surface. Lysandre, comme prise au piège, se réveille chaque dans son monde plus terrorisant chaque levé de soleil. Sa...
