I. Le réveil douloureux

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Ça pue.... je me réveille en sursaut. Le téléphone sonne. Je me dépêche de descendre pour répondre, malgré la fatigue qui essaye de me retenir dans mon lit.J'attrape le téléphone au vol et je manque de le faire tomber. Au bout du fil, c'est ma mère. Sa voix grésille à travers le téléphone, comme si il y avait des interférences... :

" -Carla... je ne sais pas si tu m'entends mais la connexion va couper... surtout ne panique pas.... allume la télé... ne va voir personne reste à la maison.... dehors c'est trop dangereux..." un bruit de toux grave " Nous t'aimons.... VIE..." ça coupe. Je n'ai pas eu le temps de placer le moindre mots. Sous ces recommandation j'allume la télé. Bizarre....il n'y a aucune chaîne qui fonctionne. Sauf, celle des informations. Je me retiens de ne pas vomir. Sur cette chaîne des images d'horreurs y sont diffusées... Des corps, du sang, des gens pleurant la mort de proche, des malades qui crient de douleur et qui s'effondrent et des militaires en combinaison qui essaye de faire reculer la foule. La femme qui présente l'émission nous explique avec une toux grave:

" -Depuis maintenant 24 heures le monde entier est touché par un virus pour le moment non-identifié. Aucun médecin ne peut soigner qui que ce soit. Les mesures à suivre sont simples, rester chez vous jusqu'à qu'une nouvelle information vous soit transmise...."

La femme tousse une dernière fois et s'effondre sur le sol, la télé s'éteint... A ce moment là j'ai un peu paniqué. Je me ru sur la porte d'entrée et la ferme à double tour. Avec ce que mes parents ont laissé avant de partir, je peux tenir 4 jours maximum. Après, il faudra sortir... sortir... Ce mot me donne des frissons dans le dos... La peur de dehors, de ne pas savoir ce qui m'attend me fait trop peur. La fatigue, le changement d'état de mon corps, la mort de ma mère et la peur qui me tord le ventre me fait m'évanouir de frustration.

Quand je suis tombé j'ai juste eu le temps d'entendre un énorme bruit sourd, comme si une boule de bowling avait touché le sol, puis un long sifflement et après j'ai fait un rêve...Où plutôt des souvenirs d'hier après-midi. On était au stade, on stressait tous un peu à cause du brevet, qui était le lendemain. Moi, j'étais plus préoccupé par mes parents et mes deux petites soeur, parti à Villefranche pour seulement deux jours. Ils me manquaient, mais je trouvais ça sympas d'être toute seule à la maison avant le début des épreuves. Alors, avec une grande partie de mes amis on a fait une sortie au stade.

On jouait au basket. Evidemment aucune fille ne jouait sauf moi, je me sentais un peu seule, avant que Nina me rejoigne et que je m'amuse beaucoup. Après le basket les garçons ont commencé une bataille d'eau générale, j'avais vidé ma bouteille sur Caroline et Nina, et ça m'avait coûté chers! Après plusieurs heures passé aux stades on a fini par rentrés chez nous. Je suis rentrée avec Shane qui habite vers les gratte ciel, ce qui nous permettait de faire une grande partie du chemin ensemble. Et avec Jules qui lui habite plus proche du stade. Une fois que Jules nous a quitté pour rentrer chez lui, on a continué de marcher avec Shane. Shane est un garçon vraiment spécial. Un Sénégalais, toujours déprimé ( à cause des cours) et toujours râleur. Mais quand tu le connais bien et qu'il devient ton meilleur ami, c'est un gars hyper sympas, à qui tu peux tout dire et qui partage tes sentiments, même si il a jamais été très doué avec les filles, il arrive à me comprendre et inversement. En marchant, on aime bien se parler de choses qui nous ressemble pas, par exemple des histoires qu'on inventerait entre nous. Ça évite de parler de choses qui fâchent et de se mettre en colère.

Enfin bon, en arrivant devant ma porte, je venais de finir une histoire qui parlait de la mort de tous les adultes de la planète où seul les ados seraient en vie et feraient la lois. En rigolant je lui ai dit : " -Imagine demain on se réveille et tout ça se produit, toutes nos histoires deviennent réel, ce serait cool non ?"

Le rêve s'estompe, je me réveille, toujours au même endroit. Je me touche le crâne. Le son que j'avais entendu c'était mon crâne heurtant la table de la salle à manger. Je me relève et plisse les yeux. La lumière qui jaillit de la fenêtre me fait mal aux yeux. Je me rapproche d'elle, pour voir à quoi ressemble l'extérieur. Je regarde et manque de m'évanouir de nouveaux. De ma fenêtre on pouvait voir des oiseaux morts sur le toits, des cadavres d'élèves dans une cours de récréation surement des enfants âgés de 6 à 12 ans. Je suis choqué, j'ai mal au ventre, ma tête tourne... je prend un verre d'eau et une barre de céréale. Ça va déjà un peu mieux, je respire un grand coup, mais je me demande... combien de temps est ce que je suis resté allongé par terre ?! Je regarde sur mon portable. Samedi ! Quoi ?! Je suis resté comme ça pendant environ 2 jours! C'est impossible! Je n'y crois pas! Par contre mon estomac lui sais que c'est bien réel et me le rappel, avec un gargouillement. Avec tout ce qui venait de ce passé j'en avais presque oublié le plus important. Alors, je m'installe pour manger. Heureusement il me reste ce que ma mère m'avait préparé pour la veille, mais ça ne suffira pas. Il faut que je me ravitaille. Bon, il va falloir que je prenne une décision très bientôt... rester ou partir....

U4 ClaraWhere stories live. Discover now