Il ne restait plus beaucoup de temps à Dimitri pour qu'il se rende compte de l'erreur fatale qu'il avait fait ce matin-là, vers 10 heure. Il regarda fiévreusement la pendule, dans moins de 5 minutes et 42 secondes, le boss allait débarquer, il allait voir tout le foutoir qui était éparpillé aux pieds de son subordonné, et comme disait si bien les héros de série B des années 80 avant de dégoupiller leur grenade : « ça va chier, Billy ». Le pas lourd du patron se rapproche. Rambo Leader Price dégoupille. La face de bouledogue convulsé du patron apparaît. Il lance son arme en poussant un cri de guerre viril. Et la grenade explose dans le camp adverse, le Viêt d'en face se prend des bouts de métal dans la figure, un peu comme la pluie de postillons qui s'écrase sur Dimitri lâchée par sa grenade de patron. Pour Dimitri aussi, la grenade vient d'exploser. Et elle s'appelle Foulques Sablière. Un prénom qui n'en n'a pas l'air, suivit d'un nom de famille sans âme. A chaque fois que son patron arrivait il se retenait de l'appeler par le sobriquet que lui et ses collègues lui avait attribué entre eux -la revanche de esclaves sur le maître tyrannique- c'est-à-dire Poulpe des Sables.
Mais là, il n'y pensait pas trop, trop occupé qu'il était à se retenir d'essuyer son visage couvert de petites gouttes de salive, avec, en fond -très- sonore, les beuglements de son patron.
« Jelezkine ! Qu'est-ce que c'est que ce bordel, bon sang ?! Ce n'est quand même pas compliqué de ranger un dossier sur une étagère ! » Bla bla bla...Dimitri comptait dans sa tête, encore 30 secondes et ce sera fini, tout reviendrait à la normale et le poulpe repartira dans son antre. Oui, oui c'est un incapable, oui c'est inadmissible, oui, il n'aura pas de promotion de Noël...Oui, c'est bien compris.
Et voilà la pluie passée.
Ah non, tiens. La tête de poulpe furibond refait surface par le petit hublot de la porte, et Dimitri, encore hagard d'avoir laissé son cerveaux en veille pendant le savon, le regardais placidement s'époumoner a travers la porte, cette dernière étant insonorisée, il eu l'impression que son parton parlait tout en ce faisant étouffer par un oreiller, douce vision...Même si "Vous me rangez ce souk avant la fin de l'heure, bien évidement!!" n'est pas émouvant en guise de dernières paroles...
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Fragments
RandomParfois, on ne souvient pas de tout, il ne reste alors que des fragments.
