Terminé

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C'est aujourd'hui que ça se passe. La fin de ma souffrance intérieure qui ne cesse de bruler mon existance. Cette fois-çi, rien ni personne ne pourra me faire changer d'idée. Le seul mot que je laisse dans la chambre de mon appartement est tout simple; TERMINÉ. Je ne fais pas plus compliqué car de toutes façons, probablement que personne ne va lire ce sombre mémo. Demain je ne rentrerai pas au travail pour faire 8 heures de routine. Je n'irai pas dîner non plus au café habituel où je lis le journal à tous les matins. Ce sera la fin. 18h22, mon appartement est parfaitement rangé, mieux que d'habitude. Tout est parfaitement à sa place. Une odeur de lila flotte et chantouille mon nez. C'est agréable, mais le temps presse. Le petit tabouret ajusté et la corde pendante, mes pieds suivent ce que disent mon cerveau. Mais mon coeur n'est pas en accord avec ceux-ci. Ma silouhette se dresse sur le tabouret et mes mains fuguent vers la corde qui m'attends. J'enroule celle-ci autour de mon cou et je compte jusqu'à dix tout haut. Comme je le fesais quand j'étais petite. Les lueurs des chandelles me rassure et me donnent envie de quitter pour un monde meilleur et sans souffrance. Je me laisse vibrer et ferme mes paupières jusqu'à ce que j'arrive au chiffre neuf. C'est alors que je regarde le plafond et me dit; Adieu monde cruel!
Tout à coups, mes pieds quittèrent le petit tabouret et flottèrent dans le vide. La douleur que j'avais au cou était assez intense et souffrante. Mais tout cela m'était égal. Souffrir pendant 2 minutes au lieu de toute une vie c'était incomparable. Je sentie ma tête se désorienter, partir au loin. Puis je m'endormis. Enfin, c'est ce que je croyais.

Quelqu'un cogna à ma porte. C'était vraiment pas le bon moment. J'étais faible, je ne pouvais pas aller répondre. Je n'avais pas envie non plus. Vaguement, j'entendis la voix en panique de ma bonne amie Lola. La porte s'ouvrit trés rapidement. Merde, comment j'avais bien pu oublier de la vérouiller?

-Joëlle, JOËLLE où es-tu? Dit Lola paniquée.
Seulement que de petits gemissements sortaient de ma bouche.
-Oh mon dieu, qu'est ce que tu fais???
Lola, en pleurs, me détacha de la corde qui serrait mon cou. Ses larmes ruisselaient sur mon t-shirt. Une fois que mon cou fût détaché de la corde, elle me prit dans ses bras. Maintenant, c'était moi qui pleurait. Je pleurait tellement que je n'arrivait presque plus à respirer. Le silence nous étouffait toute les deux. Jusqu'à ce que j'entende les sirènes des urgences s'approcher vaguement. À l'instant même, tout s'embrouilla de nouveau et je me retrouva inconsciente.
Quelques heures depuis ma tentative s'écoula. J'avais conscience de l'endroit où je me trouvais. Je savais que Lola était à mon chevet. Mais je n'avais toutefois pas la force d'ouvrir mes paupières qui me semblaient si lourdes. Une voix familière retenti dans la pièce et au même moment, je réussis à ouvrir enfin mes yeux.
Mon père se tenait au pieds de mon lit. Son regard était complètement vide et rougie par les larmes. Il demanda à Lola de nous laisser seuls. Elle quitta ma chambre en me regardant droit dans les yeux. Dès que la porte fût fermée, je savais ce qui m'attendait.

Joëlle. Where stories live. Discover now