Prologue

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- Va chercher l'abbé !
Le valet de chambre obéit en quittant d'un pas ferme la Chambre Royale. Les tapisseries rouges et or alourdissaient la pièce de façon forte écoeurante à son goût. Mais pour autant que personne ne lui demandait son avis personnel.
Il emprunta quelques virages, portes et salon et sortit, après diverses minutes, du palais.
L'abbé de Clermont demeurait proche de Versailles. Le valet appela donc
une chaise à porteurs pour s'y rendre, la marche à pied l'horripilant.
Ils se trouvèrent finalement au palais du roi et l'abbé était à son chevet.
- Monseigneur, je ne sais si cette maladie pourrait être guérie grâce à Dieu ou à la médecine, confia franchement l'abbé de Clermont.
D'une voix pâteuse et maladive qui ne ressemblait en aucun point au vivant et lumineux Roi-Soleil, le convalescent murmura :
- Qu'importe ! Ce qu'il me faut est un remède et rapidement. Le Malin m'a assez séparé de mon peuple comme cela.
- Bien, Votre Majesté.
Le valet et l'homme d'Église se retirèrent, laissant ainsi le médecin en tête à tête avec le roi.
Un lourd silence se fit jusqu'à ce que le médecin ne déclarât :
- Je reviendrai dans trois heures pour vôtre bouillon, Majesté. Surtout ne vous levez point, ou vôtre état empirera.
Pourtant, il restait. Le silence reparut, gênant plus que toute autre chose. Le roi, impatienté, se retournait dans son lit, cherchant une position plus confortable que la précédente. Le médecin le regarda fermement, attendant son autorisation pour partir.
- Allez, mon ami, allez. Je vous attends dans les trois heures à venir.
- Merci, Vôtre Grâce.
Le docteur se retourna et partit.
Las et fatigué de n'avoir pas bougé de son lit de toute la journée, le Roi décida de se lever, malgré les protestations du docteur.
Il posa ses jambes à terre et, péniblement, se mit debout. Le roi n'est plus ce qu'il eut été : ses jambes flageolaient et il était bien comique de constater l'un des plus grands souverain en chemise de nuit.
Il marcha jusqu'à sa fenêtre pour contempler ses jardins. Quelques élégantes dames s'y promenaient, dans leur magnifique toilettes, portant des ombrelle coûteuse et choisies avec goût : ce qui ne manquait point de chic. Deux jeune comtesse discutaient proches d'une fontaine représentant Poseidon, dieu de la Mer au temps de l'antiquité grecque.
Plus loin, dans la forêt, le roi reconnu le duc de Basset, élancé sur un cheval au grand galop, accompagné et dans sa tenue de chasse. En s'y attardant un peu, on pouvait apercevoir qu'ils coursaient un splendide daim au tâches blanches.
Ce paysage était typique à Versailles mais il manquait sobrement de joie, d'animosité. Car Louis XIV était alité. Ce dernier murmura pour lui même :
- Puisse le Bon Dieu me sortir le plus vite de cette vie monotone !

Sur le bûcher ou sauvée ?Stories to obsess over. Discover now