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Pourquoi pointer du doigt?

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Assise sur son fauteuil, Hélène regarda par la fenêtre dont la vue était séparée par des barreaux de fer rouillés, le ciel était noir. Ce ciel là, elle le connaissait, déchiré par les éclairs et le grondement du tonnerre. Le seul souvenir qu’elle possédait de ces longues années de ténèbres et de douleur avec le grincement de la porte en métal. Un frisson lui parcourut le corps, elle se revit recroquevillée dans le coin de la petite pièce ou elle ne pouvait même pas tenir debout, ni tendre les jambes afin de s’allonger. Ce ciel, c’était son seul point de repère. Il y avait une petite ouverture, la vue séparée par des barreaux elles aussi, toute la journée et la nuit, elle les passait ici , à côté de cette fenêtre. Impossible de distinguer quelque chose autre que des arbres morts et un tapis de feuilles desséché.

Cela faisait un an, trois mois et douze jours que Hélène était dans cet établissement. Elle le trouvait hideux, on lui avait dit qu’elle y serait bien et qu’on l’aiderait…mais il lui ont menti. Elle était enfermée, rien n’avait changé. Elle ne sortait que deux heures par jours, une heure le matin, et une heure l’après midi depuis son arrivée. On frappa à la porte de sa cellule qui lui servait de « chambre » comme ils appelaient, ce bruit lui était insupportable, Elle avait l’impression qu’on frappait avec un marteau. Une femme entra, c’est Béatrice, une des infirmière en charge de son dortoir :

-          «  C’est l’heure de ta piqure, je te déconseille de bouger ou je vais te faire mal. »

Elle lui prit le bras comme si elle essayait de l’arracher et retroussa la manche de sa chemise, ses mains étaient froides, comme si elle les avait plongé dans des glaçons.

-          « Arrête de bouger je te dis, nom d’un chien ! » dit elle en frappant sa tête avec la seringue encore dans la main. 

Elle repartit aussitôt en claquant la porte, on lui avait répété sans cesse que cette piqure lui faisait du bien, mais Hélène détestait ça. Elle s’installa à sa petite commode en bois ou était posé son miroir, il était à peine plus grand que sa tête, elle trouvait qu’elle n’avait pas beaucoup changé par rapport à hier, ni les autres jours. Elle pensa à Marwel qu’elle ne pourrait sans doute pas voir aujourd’hui, elles aimaient tellement bavarder pendant des heures de tout et de rien. Marwel, c’était une gentille petite fille aux cheveux châtains qui venaient deux ou trois fois par semaine environ, elle était toujours habillée d’une robe et de sandales, Hélène l’adorait, C’était la seule personne qui comptait pour elle dans ce lieu si sombre. Quelqu’un frappa de nouveau à sa porte, mais ce n’était pas Béatrice.

-          « Hélène ? Je peux entrer ? »

Cette voix, elle l’a reconnut, elle l’a trouva si douce, si suave, si calme, c’est Marwel. Elle avait les cheveux ébouriffés et était habillée d’une robe de chambre bleu clair avec son ours en peluche qu’elle avait tout le temps, même s’il était vieux avec un œil en moins.

-          « J’ai réussi à échapper aux infirmières de mon dortoir, je leur ai dit que j’allais aux toilettes, c’est une chance qu’ils ne soient pas dans ma chambre, tu te sens bien ?

-          Si on te choppe, tu vas te faire disputer tu le sais bien, tu ne devrais pas rester là. D’ailleurs comment tu as fait pour rentrer ?

-          Je voulais être avec toi, alors j’ai pris le trousseau de clés qui était accroché au bout du couloir et je suis venue. Elles sont débiles ces infirmières. »  dit elle en ricanant

Elle s’assit à côté d’elle et s’appuya sur son épaule, mais elle ne réagit pas, elle enroula ses bras maigres autour du sien. Elle ne réagit toujours pas, mais Béatrice surgit dans la pièce, Marwel avait laissé la porte ouverte.

Je ne veux plus avoir peurStories to obsess over. Discover now