Chapitre 1

20 1 0
                                        

Dans les rues sombres, ses talons cadençaient sa démarche. Ses cheveux noirs détachés retombaient en cascade sur ses épaules. Dans son manteau rouge, elle ne sentait pas le froid de la nuit. Son souffle créait un petit nuage.
Un pas derrière elle la fit sursauter. Elle se retourna brusquement, scrutant la pénombre de ses yeux. Sa respiration commençait à s'accélerer. La lumière grésillante des lampadaires n'offrait pas la possibilité de voir au loin, mais la jeune femme discerna parfaitement l'ombre qui venait de se poster sous l'éclairage. "Un Faskus !" pensa t'elle apeurée. Elle savait qu'en un mouvement la créature pourrait la mettre à terre et la tuer. Jahan accéléra le pas. "Ne te retourne pas" s'ordonna t'elle. Dans son dos, elle sentait la présence du Faskus qui la suivait. Jahan commença à courrir, la neige ne facilitait pas sa course et la jeune femme sentait ses pieds s'enfoncer un peu plus à chaque pas. "Embrouille-le" pensa t'elle. Elle emprunta plusieurs petites rues. Le Faskus semblait avoir perdu la trace de sa proie.
Jahan, essouflée tourna à l'angle d'une rue et la silhouette rassurante d'Ahmad vint à sa rencontre :
- Jahan ! s'écria Ahmad, Que fais-tu là ?
- Oh Ahmad, je viens d'échapper à un Faskus. Il y en a de plus en plus dans les rues. Il faut être très prudent.
- Jahan, que Dieu soit béni ! Tu t'en es sortie. Ma douce, fais attention. Reste à l'auberge cette nuit !
- Merci, murmura la jeune femme.
Les bras chalereux d'Ahmad vinrent enlacer les épaules de Jahan. Ils s'engouffrèrent dans l'auberge en brique grise où un feu dans la cheminée les attendaient. Ahmad fit assoir Jahan sur une banquette confortable, lui prépara du thé et alla la rejoindre :
- La vie devient de plus en plus dure... La nourriture manque et les villageois se font attaquer régulièrement. Il faut continuer de s'entraider, dit Jahan tristement.
- Oui Ma Douce, répondit Ahmad qui aimait appeler sa nièce tendrement, il faut tenter de s'aider un maximum. Mais il faut aussi rester vigilant à la moindre attaque.
- Ahmad ?
- Oui Ma Douce ?
- J'ai besoin de toi... Je n'ai plus rien à me mettre sous la dent. Aide-moi le temps d'une saison tonton. Je te le rendrai, promis !
- Mais enfin Jahan ! Je t'aiderai autant que possible. Reste à l'auberge. Tu seras nourrie et logée bien au chaud.
Jahan enlaça son oncle. Ils restèrents blottis ensemble un long moment , leur respiration se faisant de plus en plus calme et régulière.

Jahan Et Le Cœur De GlaceStories to obsess over. Discover now