- Elliot ? Elliot ?
L'appartement est vide, seule ton odeur flottant dans l'air m'indique que tu étais là. La baie vitrée ouverte laisse le vent et quelques pétales de cerisier s'engouffrer dans le grand salon. Tu m'avais promis de rester jusqu'à mon réveil alors où est-tu ? Les draps étaient froids et le sol est jonché de fleurs. L'air printanier m'aide à garder mon calme. Debout au milieu de la pièce je me sens seul, abandonné et triste. Tu provoques ce flou émotionnel en moi, s'il te plait Elliot arrête. Reviens à la maison, serres moi dans tes bras, parles moi dans le creux de l'oreille comme tu le fais si bien. Fais-moi soupirer sous tes caresses et non pleurer par ton départ. Je retiens difficilement mes larmes. Je suis trop émotif je sais, tu me le dis souvent avec ton sourire tordu collé aux lèvres. J'aime quand tu souris. D'ailleurs c'est injuste j'aime tout chez toi, ton air rêveur, ton sens de l'humour un peu douteux, ta voix, tes yeux et la façon dont tu me regardes. J'ai l'impression d'être vraiment important à tes côtés. Et pourtant dans ces moment-là tu réussis encore à me faire douter. Est-ce que je te suffis vraiment ? La porte d'entrée claque. Et avant que j'aie le temps de faire un geste deux bras puissants m'enlacent. Tes bras. Ton parfum tourne autour de moi et me berce.
- Désolé Azaël, je pensais que tu dormirais encore. J'avais quelques courses à faire.
Ta voix douce réchauffe mon cœur meurtri. Tu laisses ta veste s'échouer sur le sol avant de te diriger vers notre vieux magnétophone. Tu poses un nouveau disque et la musique s'échappant de la vieille machine embrume mon esprit. Un air de saxophone s'élève dans la pièce, un vieux mélange de jazz et de soul. Une voix légèrement éraillée s'ajoute à cet ensemble hypnotisant. Tes bras reprennent place sur mes hanches et ton corps se colle au mien. Ton souffle chaud s'écrase dans mon cou alors que tu chantes en rythme. Tes pas entraînent bientôt les miens dans une danse douce et intime. Tes lèvres caressent ma peau offerte. Nos corps liés tournent dans cette pièce remplie par notre amour. Le vent s'engouffrant par la vitre toujours ouverte faisait tourner des fleurs autour de nous. Et la nature nous accompagne dans notre danse amoureuse, doucereuse. Cette proximité dangereuse emporte mon cœur battant à un rythme effréné. Suivant les accents musicaux nos pas survolent le sol. Nos deux êtres flottent au milieu de la pièce. La lumière commence son déclin donnant une atmosphère romantique à cet échange sensuel. Tes mains jouent du piano sur ma taille, les miennes dansent dans tes cheveux. Je ne saurais dire combien de temps s'est écoulé depuis le début de cette danse unique. Tes lèvres cherchent enfin les miennes. Et je ne te laisse aucun répit. Nos langues se lient et se délient. Peu importe si les gens considèrent notre union comme contre nature. Dans l'intimité nous dansons avec elle. Et elle bénit notre amour pur et attentionné. La musique et les pétales de cerisier accompagnèrent nos pas jusqu'au bout de la nuit. Farouche instant. Notre danse durera pour l'éternité. Et dans l'amour tu me tiens, comblé.
