Chapitre 1

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Une ombre glissa à moi. C'était un jeune homme brun, aux yeux gris, au visage pâle et fin, à l'allure rapide et discrète. Il me chuchota à l'oreille : "Je dois partir, pour notre bien à tous les deux". Je me suis mise aussitôt à hurler son nom tandis qu'il s'éloignait ; et moi je restais là, comme immobilisée, incapable de faire le moindre mouvement.

***

- Alexandra !!!, cria une voix qui m'est familière, lève-toi bon sang ! Tu ne vas pas être en retard le jour de la rentrée en première tout de même ?!

Je m'éveille en sursaut, coupée de mon rêve. Je saute hors de mon lit, cherche dans mon armoire de marbre un vieux sweet à capuche gris et un Jean noir, que j'enfile rapidement.

Je fais mon sac de cours, descends les escaliers, embrasse ma belle-mère - ma mère biologique, je ne l'ai pas connue, mon père et elle ont divorcé quand j'étais toute petite - qui prépare le café, mange mes céréales et bois mon lait. Je mets des chaussettes, avant de me rendre compte qu'elles ne sont pas identiques, je râle un coup, remonte dans ma chambre en reprendre une paire, et les enfile. Je me brosse les dents, puis les cheveux, je mets mon Smartphone dans la poche arrière de mon pantalon, mets sur moi une veste, mon sac de cours sur l'épaule droite, claque la porte et cours jusqu'à l'arrêt de bus. A l'angle de la rue, je trébuche et un garçon du même âge que moi, à l'air intriguant, me rattrape.

Il me fixe pendant quelques secondes qui me semblent interminables. Son regard gris argenté est plongé dans le mien, je n'arrive pas à détourner les yeux malgré mes nombreuses tentatives. Je me surprends alors en train de l'admirer. Il me fait penser à quelqu'un mais il m'est impossible de me rappeler qui. Sa stature droite, ses cheveux bruns et soyeux, ses yeux gris, son cou mince, ses lèvres sèches et son torse moulé par son Tee-shirt me laissent sous le charme. Je me dégage de son emprise et le remercie. Il ne me donne aucune réponse et s'en va rapidement, me laissant perplexe sur le trottoir.

Je vois le bus passer à coté de moi. Je me mets alors à courir pour le rattraper. Il s'arrête enfin et je monte à l'intérieur. Le chauffeur me lance un regard glacial - un de ceux que vous ne voudriez voir tous les jours pour rien au monde - je passe devant lui rapidement et cherche une place des yeux. Les premières places sont occupées par les intellos, et les places du fond par la bande de racailles plein aux as. Je décide de m'installer seule, au seul banc restant où j'ai la chance de n'avoir personne pour autre compagnie, d'autant plus qu'étant arrivée en juillet dernier dans ce quartier, je ne connais pas grand monde. J'ai soudain l'envie irrésistible de ne PAS laisser un seul mot sortir de ma bouche.

***

Le bus redémarre. Quelques minutes plus tard, après avoir mis mes écouteurs et lancé ma playlist de voyage, le bus s'arrête brutalement, nous propulsant tous contre la tête de siège de devant. Tous les élèves se mettent à se demander ce qu'il se passe, et le chauffeur prend la parole dans son micro.

- Veuillez tous rester calme, il n'y a rien de grave. Le bus a simplement heurté un... euh... obstacle. Oui c'est ça, un obstacle.

Risky Loves [en cours d'écriture]Stories to obsess over. Discover now