Rupture #1

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Le dos collé à la porte je ne ressentais plus rien. Anéanti... Ses mots m'avaient fait l'effet d'un coup de poignard. "Pars". Je ne bougeais pas, j'avais quitté son appartement en pleurs et courir m'avait semblé être une évidence au vue de ce que je venais d'entendre...

Le bois froid contre mon dos. Les larmes chaudes sur mes joues, je m'étais effondrée sur le parquet de mon appartement.

"Pars". C'etait la première fois qu'il ne voulait plus m'écouter. En 8 ans nous avions sans cesse pris le temps de nous expliquer de comprendre l'autre et ce jour-là. Nous ne pouvions plus ... nous ne voulions plus.

Nous nous étions rencontrés encore jeune au lycée. Après plusieurs semaines à se chercher nous avions fini par nous connaitre. Et un amour intense était né. Un amour si fort qu'il avait résisté à la tromperie, aux mensonges et aux larmes,...

Nous pensions avoir tout vécu. Notre histoire avait résisté à sa notoriété nouvelle. Aux longues semaines d'absence durant les tournées aux quatres coins de la France. Aux groupies qui tournaient sans cesse autour de lui.

Nous nous étions promis l'un à l'autre, nos familles étaient devenues nos familles respectives. Et notre amour était devenu une évidence. De 2007 à 2015 nous avions vécu notre histoire comme ci rien ne pouvais nous séparer mais aujourd'hui j'ai le sentiment que son "pars" serait le dernier mot qu'il m'adresserais.

Toujours au sol dans le hall de mon appartement. Allongé au sol, les joues en feu à cause des centaines de larmes qui s'étaient échappés de mes yeux, je ne bougeais plus. Je fixais le plafond. Des secondes passèrent puis des minutes, les larmes avaient séché et ne laissaient sur mes joues qu'un goût amer salé. La douleur était si forte. Que je ne cessais de gémir. Puis naturellement je pris une position de foetus comme pour me rappeler les temps si bons où j'etais encore dans le ventre de ma mère. Les yeux fermés je ne cessais de me remémorer notre dispute. S'en était trop pour lui... il m'avait prévenu, mais je ne pouvais plus lui cacher mes doutes.

Mes doutes étaient tel qu'ils bouillonnaient en moi. Et au détour de retrouvailles autour d'un repas mon visage clos et l'absence de paroles avaient finis par lui faire poser la question qui avait mis un terme à notre soirée puis à notre histoire et à ce que nous étions ensembles.

" Je sais tout Ken, je sais tout. Je sais qu'elle est venue passer deux jours avec vous sur votre tournée, je sais que vous discutiez par message et que tu lui avais dit que ta relation avec ta copine était compliquée ." Je finis ma phrase sur un ton ironique, mais rien n'étais ironique.

Son visage se décomposa. Il savait que j'avais surpris des conversations par message en fouillant son téléphone. Je m'étais justifié en prétextant le besoin d'avoir le numéro de fram après avoir changé mon portable j'avais en effet supprimé tous les numéros que j'avais.

Les larmes me montaient aux yeux.
Il balbutia. Mais je l'arrêtais sec et net.

"Arrête de te foutre de moi Ken, putain comment tu peux me faire ça. J'en ai ras le cul. Une j'accepte, deux je tolère mais trois ??? Non s'en est trop pour moi. J'aurais dû te quitter bien avant. Tu n'es qu'un pauvre con. Je te déteste."

Debout dans la cuisine dos à lui les mains sur mon visage j'étais en sanglot.

Soudain, il s'approcha et essaya de me prendre dans ses bras. Mais rien n'y faisait. J'étais blessée au plus profond de mon être et depuis près de deux mois je ne cessais de me tourmenter avec cette histoire.

Il tentas de m'expliquer que ce n'étais rien. Puis il m'expliqua que la routine prenais trop de place dans notre couple que depuis ses 17 ans il n'y avait eu que moi et qu'il voulait voir ailleurs. Sans pour autant me perdre.

Ses paroles me mirent en colère au point où je m'approcha de lui et tentas de le gifler. Il essaya de me retenir en me tenant fermement les poignets mais je me débattais et des coups partirent de nos deux côtés.

Nos disputes avaient toujours étaient violente et excessive. Mais nos instants de bonheurs étaient tout autant excessifs nous n'avions pas de demi-mesure.

Il me poussa à l'autre bout de la pièce et j'atterris au sol et me cogna la tête contre le meuble à ma droite. Son regard sur moi était haineux. Je vis les larmes lui monter aux yeux. Puis il s'assit sur le canapé et se mit à pleurer.

Je ne bougea pas pendant quelques secondes. Puis me releva. Et m'approcha de lui. C'était allé trop loin je le savais. Mais je pensais que tout passerais comme toujours. Que l'on passerais à autre chose. Après des jours sans s'adresser la parole puis enfin nous aurions discuté et mis les choses au clair.

Il releva la tête rapidement et me hurla "s'il te plaît Gaïa, PARS !!!!" J'avais vite rassemblée mes affaires et après un dernier regard sur lui je partis en claquant la porte.

Toujours sur le sol ma tête commencé à me faire mal. Je me releva et toucha le point d'impact de ma tête avec le meuble de chez ken. Du sang avait séché formant un nœud avec mes cheveux. Je partis en direction de ma chambre. Me déshabilla devant le miroir de ma penderie. Les yeux bouffis, les joues rouges, les cheveux en foutoir et le cœur meurtri. J'observa une marque dans ma nuque. Et la caressa du bout des doigts en formant des petits cercles autours de celle-ci. C'était le dernier contact qu'il avait eu avec ma peau. Je me retourna et m'étalas de tout mon long sur mon lit. Pour enfin dormir et oublier.

TakotsuboWhere stories live. Discover now