Prologue

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"Merde !", voilà ce que Maïa aurait voulu hurler à la face du monde. Si en étant enfant on la désignait gentiment comme maladroite, gourmande, marmotte, rigolote et j'en passe, il a bien fallut qu'elle grandisse et de maladroite elle est devenu l'empoté, de gourmande on l'appelait à présent goinfre, la possessive est devenue la jalouse, la marmotte s'est transformée en flemmarde, l'excitée est devenu l'hyperactive et la rigolote finit par passer pour l'immature.

Tel était le regard de sa famille.

Elle fut poussée à grandir, comme précipitée dans un ravin dont elle ne voyait pas le fond. Et donc l'avenir, on lui disait "Saute ! Saute pour devenir grande !". C'était ça l'appât, grandir, un piège à gosse. Et si elle ne voulait pas ? Si elle aurait voulu restée encore quelques instants comme ces enfants innocents, bienheureux, inconscients des choses horribles de ce monde ? Mais comme tous les autres, elle a dû se résigner, avancer à leur rythme : "Saute !".

Elle avait sauté.

Maïa avait grandi, pour continuer de suivre le chemin que lui avait déblayé les autres. L'enfant finit alors par définitivement disparaître. Elle riait, souriait, était-elle timide ? Pas du tout, loin de là. La preuve la plus flagrante était son nombre d'amis. D'une grande sociabilité Maïa s'entendait avec tout le monde. Sauf que non, ce n'était pas vraiment ça.

Derrière ce masque, il y avait une autre Maïa, une Maïa qui doutait énormément, une Maïa sensible, une Maïa qui avait peur. Car cette Maïa, c'était une fille qui voulait plaire à tout le monde, sans exception. Peur de la chute, du regard des autres. On se moquait de ses habits trop simples et de son visage dénudé de maquillage. Alors elle a acheté, habits, chaussures et produits de beauté. Elle est devenue la "princesse" celle dont on se moquait, la fille simple d'esprit, superficielle et débile. Elle a eut des amis garçons pour éviter l'hypocrisie, on la traitait de pute .Alors elle s'est réfugiée dans la nourriture, on l'a prise pour grosse. Alors elle a maigri, trop maigri. Elle avait des amis, mais elle était prisonnière de sa propre vie.

S'excuser ou tenir tête ? Sensible ou cœur de pierre ? Gamine ou mature ? Tout s'enchainait. Maïa voulait plaire, elle y est arrivée, dans la mort elle a essayé. Une tentative de suicide. Hôpital, psy, regard des autres...Maïa s'était brûlée les ailes. Regards de pitié, haineux ou indifférents voilà ce qu'elle récoltait. La Maïa bien entourée se retrouva seul, errante tel un fantôme sans âme.

Alors voilà, à présent, allongée dans son lit, trempée de sueur et envoyant balader sa couette pour aller monter la puissance du ventilateur, elle avait une furieuse envie de l'hurler ce "Merde !" qui lui brulait la gorge. Elle risqua un œil en direction de la caméra astucieusement planquée entre deux livres de sa bibliothèque et soupira discrètement. Ses parents, à la suite de sa tentative de suicide avaient jugé bon d'installer cette caméra, sans son consentement bien sûr, enfin, caméra...elle grimaça. C'était un baby-phone, vous savez ces petits engins qui servent à savoir si votre bébé pleure ? Bas voilà, elle avait ça, planqué entre deux livres dans sa chambre. Elle n'était pas censée le savoir mais franchement, le placer ici, entre deux livres qu'elle était obligée de lire pour les cours ce n'étais pas le bon plan. Elle se jeta dans son lit, la couette à présent sur le parquet et grommela quelques mots, la tête enfouie dans un oreiller.


-Vie de merde...


Enfin, ça c'est la version traduite parce que sur l'instant ça ressemblait plus à "weweweeeyn..." qu'autre chose, ce qui, bien sûr, était beaucoup moins représentatif de ses pensées. Elle agrippa l'oreiller de sa main gauche et le replaça sous sa tête. Ce qui était nettement plus confortable pour dormir. Puis elle étouffa un bâillement avec son autre main. Elle s'étira ensuite et passa une deuxième fois sa main sur son visage trempé de sueur. Il fallait dire que ce mois d'août avait frappé fort, vraiment trop fort. Elle ouvrit un œil endormit vers le thermostat posé sur sa table de nuit. 29 degrés...Pourquoi avoir posé ce thermostat dans sa chambre, à porté de vue ? Pour se plaindre, mais précisément ! Il y a une grande différence entre "'Fait trop chaaaaaaud !" et "29 degrés, 'fait trop chaaaaaaud !" comme quoi, nourrir le cliché du français râleur lui plaisait.

Elle cligna des yeux plusieurs fois, un air endormit sur le visage et écouta le vent claquer sur ses volets fermés, d'ici elle pouvait entrevoir la lumière orangeâtre des lampadaires devant chez elle grâce à ses volets qui ne fermaient jamais complètement. Au début elle s'en fichait, mais beaucoup moins au moment où elle servit d'open-bar pour moustiques. Comment voit-elle cette lumière alors qu'elle avait tout intérêt à boucher ce trou ? Eh bien disons juste qu'il n'y avait plus de sparadrap et qu'il y avait du scotch sur son bureau. En pensant à cela elle se gratta un bouton de moustique sur sa cuisse gauche. Elle en était couverte d'ailleurs de ces saloperies qui semblaient lui hurler de grands « GRATTES MOI ! » au visage. Mais Maia n'était pas du genre à se laisser influencer ! Enfin si...mais pas par de vulgaires boutons de moustiques, elle avait sa fierté.

Elle se tourna sur son côté droit et regarda avec insistance son réveil qui affichait l'heure d'une couleur rouge sanglante...et clignotante aussi, ça donnait un petit côté Las Vegas.

Un sourire en coin naquit sur ses lèvres tandis que son esprit partait dans un délire étrange.

-Tu sais que t'es beau réveil ?

Oui, délire étrange, mais ne jugeons pas trop vite, après tout il était une heure du matin, les joies de l'insomnie !

Elle gonfla sa joue droite puis sa gauche et recommença plusieurs fois puis se tourna sur son lit pour être sur le dos, ennui quand tu nous tiens.

Ensuite, elle ferma ses yeux et pour la 8ème fois cette nuit tenta de s'endormir, ce qui miraculeusement, réussi, même si c'étais plus un demi-sommeil qu'autre chose, mais c'était déjà cela de pris pour la jeune fille.

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⏰ Last updated: Jun 21, 2017 ⏰

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Je sais plus le nom, je changerai plus tard xDStories to obsess over. Discover now