Partie 1

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Ce jour là, je la vis pour la première fois.

Elle s'était assise sur les marches de la petite librairie, juste en face de chez moi.

Moi, j'étais assis à mon bureau face à la fenêtre qui surplombait la rue.

J'avais laissé mon regard dériver et mes yeux s'étaient posés sur elle. Je n'avais pas pu détourner mon attention de cette fille.

Nous étions en plein été, il faisait une chaleur étouffante. Ses cheveux bruns étaient rassemblés dans un chignon négligé. Elle portait une robe légère qui se soulevait légèrement au gré de la faible brise qui subsistait malgré la tiédeur ambiante. Elle exhibait à ses poignets quelques bracelets tressés qui contrastaient avec la blancheur de sa peau. A ses pieds joliment vernis de bleu, se trouvaient des sandales, très simples. Elle rayonnait, et sa robe rouge flamboyait sous les rayons du soleil.

Elle avait le sourire aux lèvres. Toujours assise sur les marches, elle s'agitait.Elle semblait impatiente. Son enthousiasme était si communicatif qu'il fit naître une ébauche de sourire sur ma bouche qui en avait depuis longtemps oublié le mécanisme.

Je ne pouvais pas la quitter des yeux. Ses longs doigts fins jouaient doucement avec les bracelets de son poignet. Le soleil se reflétait dans sa chevelure brune, en faisant ressortir les scintillements roux.Elle avait posé son sac à main sur les marches, juste à côté d'elle. Depuis ma fenêtre, je pouvais voir qu'un livre en dépassait, certainement tout juste acheté dans la boutique exiguë qui se trouvait derrière elle. Je plissais les yeux pour tenter d'en apercevoir le titre, en vain. En soupirant, je posais ma tête contre le rebord de la fenêtre.

L'après-midi touchait à sa fin, et les rayons du soleil qui commençait à décliner venaient doucement illuminer les murs ternes de ma chambre.La température, quant à elle ne semblait pas vouloir diminuer. La jeune fille assise en face de chez moi s'éventait avec sa main, dans l'espoir illusoire de se rafraîchir au milieu de cet air lourd.

Elle se tourna vers ma fenêtre, sans m'apercevoir. Mon regard se plongea dans ses yeux.

Ils étaient verts,de ce vert foncé qui nous rappelle la mousse dans les forêts, les feuilles des arbres et les épines des sapins. Ce vert qui nous absorbe et ne nous relâche jamais, ce vert de l'herbe pleine de rosée et surtout celui qui se reflète dans les cours d'eau. Ces yeux brillaient de cette lueur indéfinissable, celle que l'on tente toujours de décrire dans les livres.

Elle n'avait pas perdu son sourire. Elle regardait dans le vague, perdue dans ses pensées. Elle s'était tournée vers le soleil couchant et les rayons l'entouraient de cet éclat orangé si joli en été.

Je crois que c'est à ce moment que mon cœur s'éprit de cette fille qu'il ne connaissait pas, cette fille assise sur les marches de la librairie d'en face,avec ses yeux éclatants, son sourire dans la lueur d'une soirée d'été.


A compter de ce jour, elle vint quotidiennement s'asseoir sur les marches en pierre de la librairie.

En regardant par la fenêtreStories to obsess over. Discover now