Libre

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Toute la foule bougea, créant un passage au milieu d'eux pour que je puisse passer, aux côtés de mes deux bourreaux.

Ils me fixent, me voient pour la première fois, se lamentent que ça n'aurait jamais dû arriver.

Mais moi je souris.

Je m'arrête, tournant mon regard sur une petite fille, l'innocence et l'incompréhension présente dans ses yeux.

J'ai tellement dur à croire que j'ai pu être cette petite fille. Moi aussi remplie d'innocence et d'espoir.

-Pourquoi tu pleures petite?

-Tu n'as rien fait de mal alors pourquoi? Pourquoi faut-il que tu meures?

-Parce que personne n'a vu ce que je faisais de bien.

J'avance, sens tout ce qui est sur mes épaules tomber peu à peu et me tourne, sachant que j'arrive aux marches.

Je les fixe un instant, me reprenant avant de commencer à les monter, toujours le sourire aux lèvres.

J'entends mes pieds frapper contre la pierre des marches, je sens la chaîne qui les relie ensemble trainer derrière moi.

Le compte à rebours est près de la fin.

Je m'arrête, relève la tête, regarde le soleil qui semblait rire de moi.

Je souris avant de me faire pousser par mes bourreaux, comme impatient que j'en finisse.

Je finis de monter les dernières marches avant de fermer les yeux, profitant du dernier coup de vent que je recevais.

La dernière inspiration.

Les yeux fermés, la bouche close, je souriais et j'arrêtais de hurler.

J'arrêtais d'hurler sans qu'aucun son ne sorte.

Tout mon être arrêtant de pleurer, hurler, tenter de s'arracher de ces chaines qui me retiennent depuis bien plus longtemps que celle que j'ai aux poignets.

J'arrête d'hurler pour qu'on ne m'entende pas.

On ne m'entendait que quand je souriais.

J'avais besoin qu'on m'entende sans que je force un sourire.

Ma peau lacérée ne souffrait pas.

Mon sang coulé n'a pas terni.

Je les fixe, la foule en bas, incapable de m'atteindre.

Il ne me restait plus que quelques minutes, rien que quelques minutes et le savoir ne me faisait pas peur.

Le savoir me libérait.

Et je refixe le plafond de la salle de bain en sentant l'eau couler sur moi, devenant peu à peu rouge, mon telephone gisant au sol sur une page ouverte a mon nom ou mes "amis" ont appuyé sur la gâchette une dernière fois, fermant les yeux en sentant mon exécution se passer sans que personne ne réagisse, ni avant, ni maintenant. Seulement après.

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⏰ Last updated: Jun 13, 2017 ⏰

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