Juge : République française ! Au nom du peuple français, la cour de cassation, deuxième chambre civile va rendre une décision : Attendu que Monsieur Zola publie "j'accuse" dans l'Aurore, lettre au President de la République, qui relance l'affaire Dreyfus, nous allons l'auditionner et retracer sa vie afin de comprendre l'origine des derniers incidents. Tout commença le 2 avril 1840. Émile Zola, fils de François Zola et d'Emilie Aubert, naît à Paris.
Procureur : D'après l'article L-511 n 1 du code des procédures civiles d'exécution, la loi ordonne que toute personne née à cette date là ne doit pas vivre. Cela est considéré comme malsain, une malédiction !
Avocat de Zola : Je ne vous permet pas monsieur ! Nous ne choisissons point la date de notre naissance !
Procureur : Oui mais la loi dit...
Juge : Cela suffit ! Reprenons; la famille de Zola déménagea à Aix-en-Provence durant l'année 1843 mais cela leur porta préjudice. En effet, le 27 mars 1847, François Zola décéda. Dès lors commença une situation matérielle difficile.
Procureur : Cela n'empêche pas ses actes malveillants.
Zola : Vous n'avez donc aucun cœur !
Juge : Monsieur, s'il vous plaît.
Avocat de Zola : La mort de son père remonte à si longtemps... Cela n'a en aucun cas occasionné ses soi-disant "actes malveillants".
Juge : D'où il suit que l'argument n'est pas fondé. Mais continuons. En août 1859, environ un an après être parti pour Paris avec sa mère, Émile Zola échoue au baccalauréat. Après un second échec en novembre, il décida d'arrêter ses études. Il connaîtra ensuite deux ans d'une vie assez misérable avant de devenir employé au bureau des expéditions puis à la publicité où il découvrira le monde des journalistes et des écrivains.
Procureur : D'après l'article L-511 n 3 du code des procédures civiles d'exécution, la loi ordonne que toute personne échouant au baccalauréat devra travailler des les mines de charbon et non être employé dans des bureaux.
Avocat de Zola : Monsieur Zola est un homme travailleur et méritant qui s'est donné les moyens d'arriver jusqu'à une situation stable !
Procureur : Pensez-vous vraiment, monsieur, qu'être chef de la publicité à la librairie Hachette est avoir une situation stable ?
Zola : Que sous-entendez vous par là ?
Avocat de Zola : Il n'y a pas de sot métier monsieur ?
Juge : Monsieur le procureur, retenez bien que chaque personne ici présente se dispensera de vos remarques, est-ce compris ? Bien; revenons en aux faits. Monsieur Zola débuta le journalisme en 1864 et rencontra Gabrielle-Alexandrine Meley qui deviendra sa femme en 1870.
Zola : Qu'est ce que ma femme a à voir avec tout cela ?
Avocat de Zola : Calmez-vous Émile.
Procureur : La suite est connue de tous; Zola quitta la librairie Hachette en 1866 pour se consacrer pleinement à l'écriture qui le mena jusqu'ici.
Juge : Bien. Monsieur Émile Zola ici présent, qui relança l'affaire Dreyfus le 13 janvier 1898 en publiant à la vue de tous, une lettre destinée au Président de la République portant des propos diffamatoires, souhaitez-vous vous exprimer afin de nous expliquer la raison de ces propos ? Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?
Zola : Je n'ai rien à expliquer, j'assume mes actes et ne regrette rien.
Juge : Je condamne alors Monsieur Zola ici présent à un an de prison ferme et 3000 euros d'amende pour avoir tenu des propos diffamatoires à l'égard du Président de la République. Il devra être exilé en Angleterre de juillet 1898 à juin 1899. Vous pouvez disposer.
Zola : Sachez que je n'approuve en aucun cas votre décision; la prison ne m'empêchera pas de défendre mes idées.
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