-Kylian!
Je ferme mon sac à dos contenant quelques cahiers et ustensiles d'écriture et le prends par la poignée. C'est la rentrée, et je suis complètement dans le gaz. J'avais perdu cette habitude de me lever à 6h du matin pour me rendre en cours. Je soupire lourdement avant de répondre à ma mère par un «j'arrive» mal aimable. Je dévale les escaliers en bois qui grincent (que je déteste fortement, un peu comme tout ici) pour arriver au salon, juste en face. Ma mère tapote sur sa montre pour me signifier mon retard. Je roule des yeux et me rends vers la commode, à l'entrée, où sont posées mes éternelles baskets de chez Décathlon et où mon manteau Queshua m'attend. Je précise que je suis un gars totalement foutiste, et que de m'habiller chez Ralph Lauren ou je ne sais quelle marque de luxe me répugne absolument. Je ne suis pas comme mes parents, qui claquent leur argent chez Chanel ou Dior. Notre maison est un loft tout ce qu'il y a de plus rustique, et ils ont aménagé un étage exprès pour moi, car je leur ai dit que pour mon anniversaire, la seule chose qui me ferait plaisir, ce serait de ne plus les voir en sortant de ma chambre et de ne plus les voir DANS ma chambre. Cette pièce est la seule que j'aime chez moi. C'est mon Univers, avec ma console, mes murs bleus et ma fenêtre qui offre une vue sur les champs qui s'étendent à perte de vue. Oui, je vis à la campagne. Comme un con. Mais ça ne me dérange pas, parce que je n'aime pas la ville, y a trop de monde. Même si je m'y rends en car pour y aller pour le lycée. Mes parents, je les renie, parce que ce sont des gros bourges et que seul le travail est important pour eux. Briller dans la société, voilà qui est bien. Avoir une grosse baraque à la mode avec des meubles hors de prix, rouler en Mercedes et en Porsche Cayenne, avec une BMW de rechange, et avoir un poste élevé dans la hiérarchie de leur entreprise. Mon père est le plus gros boss de son entreprise, c'est lui qui l'a fondée et qui a employé tout le monde. Aujourd'hui, il gagne un bon millier d'euros tous les mois. Ma mère est la secrétaire de mon père, et elle s'est mise avec lui parce que ça l'arrange, et d'ailleurs, mon petit frère et moi sommes des «accidents», selon eux. Je m'occupe de mon petit frère depuis toujours, mes parents ayant trouvé le prétexte du «sommeil important pour le travail et pour la beauté physique», alors qu'ils sont moches. Mon petit frère est adorable, bien que réellement chiant. Il me ressemble beaucoup sur le plan physique, sauf que lui est enrobé et plus petit que moi en taille. Sa chambre est en face de la mienne, car il a voulu suivre le mouvement et s'éloigner de nos géniteurs. Je peux aussi m'en occuper plus facilement. Mes parents l'emmènent à l'école le matin, mais parfois il est obligé de prendre le car avec moi. Il ne me lâche pas d'une semelle, mais c'est pas grave, c'est le seul être humain que je peux accepter. Même si personne ne parvient à me connaître parfaitement. Des amis, j'en ai, mais ils me reprochent ma froideur, et le fait que je sois cassant avec eux. Pour moi, rien ne vaut un bon moment de solitude.
D'ailleurs, voilà Sel qui descend les marches: il ne passe pas inaperçu à cause de ces escaliers de merde. Mon petit frère a un prénom bien pourri, Selim. Un prénom d'origine arabe, parce que mes parents sont partis un mois en Arabie, et ils sont tombés sous le charme de ce pays. Je l'appelle Sel, je trouve que c'est mieux, et parfois, pour le faire chier, je l'appelle Poivre. C'est bas, mais ça fonctionne.
-Mets tes baskets, Sel, lui ordonnais-je presque. On est un peu à la bourre. Et si on rate le car, on va se faire tacler parce qu'il faudra payer un chauffeur pour la BM.
Mes parents me fusillent du regard. Je leur rends ce regard, habitué à les regarder ainsi tout le temps.
-D'ailleurs, continuais-je, avec tout le fric que vous gagnez, vous pourriez nous refaire des escaliers potables plutôt que de le claquer chez Louis Vuitton.
Mes parents ne me répondent pas. Je saisis mon petit frère par la main et sors de cette prison.
L'air est chaud en ce mois de septembre. On a eu un été torride, et j'avoue détester le soleil. Mon petit frère, lui, a invité ses copains et ses copines à la maison pour jouer dans la piscine. Je déteste ses copains et encore plus ses copines. Mon petit frère a 13 ans, et ses copines me draguent ouvertement. Justement parce que je suis inaccessible je suis attirant, selon elles. Je les recale sans pression, parce que ce sont des bébés. Sauf une. Elle a 16 ans, comme moi, je ne sais pas ce qu'elle fout dans le lot. Elle est un jour entrée dans ma chambre pour changer de maillot de bain. Mon frère est amoureux d'elle, et c'est une énorme michto couplée à un pot de peinture orange. Elle m'avait dit un truc du genre «Kylian?» et j'avais sursauté, car je bidouillais une machine sur mon bureau. Elle était en bikini, dans MA chambre, et j'avais à peine eu le temps de lui demander ce qu'elle foutait ici qu'elle se déshabillait. Je n'ai rien vu, ayant rivé rapidement mes yeux sur ma machine, qui n'était autre que ma PlayStation, quand j'ai vu ses bretelles glisser de ses épaules. Elle m'avait demandé si elle me plaisait, je lui ai répondu que j'étais gay. Elle n'avait pas perdu la main et était venu se poster derrière moi, pour me déstabiliser. Je lui ai lancé une couverture sans la regarder en lui demandant de cacher son corps plein de bourrelets qui était absolument répugnant. Elle avait pris le seum, et avait remis son bikini en pestant et est repartie dehors. Bien sûr, je ne suis pas gay, et son corps est tout ce qu'il y a de plus sculpté, mais je voulais absolument m'en débarrasser. Depuis, je ferme ma porte de chambre à clé.
On marche tous les deux côte à côte jusqu'à notre arrêt de car, à 5mn d'ici. Sel marche à mon rythme pressant sans se plaindre. J'aperçois déjà deux de mes amis à l'arrêt de car, qui ne sont nuls autres que Maxence et Léo. Ils sont tout le temps en train de squatter chez moi, et ça me plaît énormément. Ils ont leurs propres matelas dans ma chambre, et viennent quand ça leur chante. Ils changent un peu ma vie, qui est morne et sans intérêt.
Je me dirige vers eux, Sel trottinant pour arriver avant moi. Ils se serrent la main, et je serre la leur.
-Prêt à retourner en cours? me questionne Léo ironiquement.
-J'ai super hâte, lui répondis-je très sérieusement.
-Ça m'étonne pas de toi, répond-il en roulant des yeux.
Léo est un petit blond aux yeux bleus, avec des lunettes à montures rectangulaires et métalliques de couleur rouge. Il parle plus que Maxence, un grand brun aux yeux marrons et aux cheveux plaqués par du gel. Les filles le trouvent craquant, et de nous trois c'est lui le plus beau et le plus timide.
On discute de tout et de rien jusqu'à l'arrivée du car, quelques minutes plus tard. On s'installe devant à la droite du car, parce que le côté gauche où nous sommes habituellement est occupé. On marmonne des choses du genre «Ils font chier». Tout le long du trajet, on parle et on prie pour être dans la même classe. Ce sont des amis d'enfance et on partage tous les trois la même passion folle: l'informatique. On adore réparer et bricoler des machines bourrées de fils, de vis, de puces, telles que des consoles, des appareils photo, des téléphones, ou même des ordinateurs ou des télés. Nous sommes dans un lycée technique, et on apprend et manipule tous les jours. La générale, c'est pour les moutons de la société.
J'aime beaucoup aussi les jeux de logique, ou de puzzle, de recherche, de réflexion... Ça me passe le temps.
-Heureusement que Rebecca est pas dans le car ce matin, marmonne Léo à mon attention.
Rebecca, c'est la michto aguicheuse qui fait battre le cœur de Sel. Je roule des yeux, ce qui les fait rire, tandis que mon petit frère affiche une mine blessée.
On s'arrête au parking de l'Hermès, un collège de la ville, pour changer de car. En sortant, je grimace à cause de l'odeur de pollution qui flotte dans l'air. J'attends celui qui me déposera devant mon lycée, patiemment. Mais il arrive toujours une minute après le mien, ce qui est cool. Je laisse mon petit frère au collège, et monte dans le car. De nouvelles têtes sont dedans. Je m'installe avec mes deux gars, et ne fais plus attention à rien ni personne jusqu'à mon arrivée au lycée.
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Hey les lecteurs!
Voici enfin le premier chapitre de mon nouveau roman d'amour « La fille du car! »
J'espère vraiment que cette petite histoire va vous plaire. En tout cas, elle me plaît beaucoup à moi!
Gros bisous ! 😘😘😘💖💖
Jaroxyl
DU LIEST GERADE
La fille du car
RomantikJe m'appelle Kylian, mais on m'appelle K, à la française. Je suis absolument antisocial, cheveux presque rasés, lunettes rectangulaires noires et yeux froids et blasés, et 16 ans à mon actif. Depuis plusieurs années, je prends le car pour aller en c...
