-Gabrielle? j'entends ma mère m'appeler derrière moi.
Mon gros sac d'affaires dans une main, mon sac à main dans l'autre, une petite bouteille d'eau sous l'épaule, mon chignon fait à la vite en train de tomber, mes lacets à moitié noués, je me retourne et interroge ma mère du regard. Elle est sur le perron. Même debout sur les quelques marches qui mènent à l'intérieur de la maison, elle paraît toute petite. Elle a son tablier autour de la taille, celui que je la vois porter depuis mon plus jeune âge, un léger sourire aux lèvres, et les yeux humides.
-Fais attention à toi ma chérie, me dit-elle, nostalgique.
-Maman je ne pars que pour cinq jours, tout va bien se passer, je vous ramènerai des petits porte-clés Tour Eiffel, je lui réponds en souriant.
Voyant qu'elle ne bouge pas je rajoute:
-Allez maman il faut vraiment que j'y aille là je vais rater mon bus, bisous.
Elle me sourit, agite faiblement la main vers moi et après lui avoir rendu son sourire, je me retourne et m'avance vers la station de bus environ cent mètres plus loin. Mon sac est lourd et je manque de faire tomber ma bouteille à plusieurs reprises mais une fois le bus arrivé, j'y monte et m'installe confortablement au milieu, côté fenêtre. Le bus démarre et après avoir mis mes écouteurs je ferme les yeux et laisse aller mon esprit.
Je me rends compte que je ne suis pas si à l'aise que ça à l'idée de me rendre toute seule dans la capitale. Mes parents n'étaient pas vraiment d'accord au début mais après leur avoir expliqué que la suite de mes études en dépendaient ils ont fini par accepter. À les écouter je devrais rester dans notre petit village paumé toute ma vie. À vrai dire, ça ne me dérangerait pas tant que ça. Paris m'effraie. Tous les gens, les touristes, les bars, les soirées, les lumières, l'ambiance; tout est si différent d'ici, plus grand, plus impressionnant.
Pourtant notre petite village au nord de la France n'est qu'à trois heures de Paris. Je suis en train de prendre conscience, en voyant le paysage défiler sous mes yeux endormis que je viens de rouvrir, que je vais peut-être passer, dans quelques mois, plusieurs années dans la ville-lumière. Je n'ai pas le choix. J'ai décidé de me lancer dans des études de droit, je pourrais toujours revenir en arrière sachant que je ne suis encore acceptée nulle part mais je sais que c'est ce que je veux faire; les études de droit sont longues, fastidieuses et compliquées mais j'ai vraiment envie d'y arriver même si cela veut dire que je quitterai la maison où j'ai passé toute ma vie.
Tout s'est passé au sein de ce petit village dont je suis en train de m'éloigner en ce moment même. Ma primaire, mon collège, mon lycée, mes joies, mes peines, mes rencontres, tout. Rien qu'en pensant à ce que toutes ces années m'ont apportées je sens ma gorge se serrer. Je pense déjà à quitter ce que j'aime appeler "mes terres", alors que je n'ai même pas encore passé les entretiens qui me permettront peut-être d'être accepter dans une université parisienne. C'est pour ça que j'y vais aujourd'hui. Pendant cinq jours je vais passer trois entretiens dans différentes écoles. Nous sommes lundi, demain j'ai le premier, mercredi le deuxième et vendredi le troisième.
Je remarque que le paysage devient de plus en plus urbain à travers les fenêtres crasseuses. J'aperçois la Tour Eiffel en tout petit, je ressens comme un poids dans mon ventre face à cette vue. Un mélange d'excitation et de peur.
Je commence à rassembler mes affaires quand je commence à distinguer des grandes avenues. J'enfile ma petite doudoune, il fait assez frais en ce mois de mars. Arrivée, je descends, encombrée, et une fois sur le trottoir, je regarde à gauche et à droite en essayant de me repérer.
Je regarde le message que m'a envoyé ma tante m'indiquant quel métro je devrai prendre après être sortie du bus. Environ trente minutes plus tard je toque à la porte d'une grande porte verte qui s'ouvre sur Agnès, un grand sourire aux lèvres.
-Bonjour Gabrielle! Comment vas-tu? Tu as fait bon voyage? Tu as faim? Tu n'as pas eu de mal avec le métro? Comment vont Olivia et Louis? me demande-t-elle avec sa chaleureuse sympathie que je lui connais bien.
Je n'ai pas le temps de répondre à une de ses questions qu'elle s'empare de mon gros sac et me fait signe de rentrer. C'est la deuxième fois que vais chez elle, la première remonte à mon premier séjour à Paris, il y a environ dix ans. Elle venait juste d'emménager et je ne me souviens plus très bien comment c'était mais en rentrant cette fois ci, je me rends compte de la taille de l'appartement: un grand salon avec dans le fond une spacieuse cuisine à l'américaine. En tournant la tête à droite je remarque la présence d'un immense balcon avec une vue imprenable sur tout Paris. Elle m'emmène dans un long couloir qui dessert différentes chambres.
Une fois dans la mienne, elle me propose de m'installer et de venir au salon quand je serai prête pour manger quelque chose. La chambre est très grande, un lit deux places imposant trône au milieu de la pièce. Des baies vitrées toutes propres laissent place à un petit balcon. Après avoir déposé mes affaires dans une petite commode rose pâle, je recoiffe rapidement mes cheveux et me dirige vers la cuisine.
Assis face au comptoir sur un grand tabouret en fer, en pleine discussion avec ma tante j'aperçois Martin, mon cousin âgé de 24 ans.
1- disclaimer: j'utilise dans cette histoire des noms de personnes réels mais je ne prétends pas rédiger des faits exactes sur eux. De plus, les dates ne correspondent pas à la réalité de la vie des personnes comme Nekfeu ou ses potes, j'utilise quelques faits réels mais je les adapte à ma manière à une époque que j'invente. S'il y a donc des invraisemblances avec la réalité c'est normal. J'espère que cette fiction vous plaira. J'attends avec impatience vos retours.
2- J'utilise cara delevingne pour donner une image à gabrielle, personnage principale, mais il n'y aura aucun rapport avec la star.
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L'amour du risque (NEKFEU)
FanfictionGabrielle est prude. Nekfeu est connu. Ils ne sont pas censés se rencontrer. Pourtant ils vont s'aimer. "Mais comment contrôler une vie qui se fout en l'air toute seule? C'est possible de revenir en arrière? Quand tout a commencé et qu'on n'était p...
