Toutes ces journées avaient été dures à surmonter mais aujourd'hui c'était fini, elle avait eu ce qu'elle voulait.
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Au début ce n'était pourtant pas parti de grand chose. Elle devait seulement apprendre à vivre avec son corps. D'un point de vue objectif elle était plutôt mince et son corps aurait pu devenir très beau. Seulement tous ceux qui l'entouraient ne se cachaient pas de dire qu'elle était grosse. Cela lui faisait horriblement mal elle qui se sentait déjà mal dans sa peau. Alors elle apprit qu'il existait un moyen de perdre du poids de façon efficace. Elle commença à réduire lentement ses quantités de nourriture. Puis le soir, quand elle rentrait à la maison, elle se faisait un verre de sel avec un fond d'eau, tout cela dans un seul but. Elle s'était trouvée une nouvelle amie et elle s'appelait Anorexie. Progressivement, elle perdit son sourire et ce regard pétillant qu'elle avait autrefois. Ses cheveux devinrent fragiles et se mirent à tomber. Son corps était une quasi-pourriture. On ne voyait plus que ses os et ses forces disparaissaient peu à peu. Elle était comme un cadavre encore en vie.
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Cependant malgré tous ses efforts pour perdre toujours plus de poids, les critiques s'intensifiaient. Elles devenaient de plus en plus virulentes. Ainsi, un soir, alors qu'elle rentrait chez elle le ventre vide et la tête baissée elle fit le constat qu'elle n'en pouvait plus. Ce jour là avait été de trop, elle avait pleuré en cours en plus des temps de pause qu'elle passait déjà seule, effondrée. Tous ses amis étaient partis les uns après les autres quand ils avaient commencé à penser qu'il n'y avait plus rien à faire pour elle. Elle se dirigea lentement vers sa chambre et claqua la porte derrière elle. Elle ne voulait pas qu'on la dérange, elle souhaitait rester seule. Enfin non elle ne le voulait pas mais elle n'avait pas le choix. Comme tous les jours elle jeta son sac à l'autre bout de sa chambre et alla en direction de son armoire. Elle fit coulisser un pan de son dressing et vit son reflet dans le miroir. Ce qu'elle avait en face d'elle n'était plus la petite fille innocente qu'elle avait pu être. Son amie Anorexie, sa seule amie, avait accompli son travail et détruit son corps pourtant elle continuait de la hanter. Ce soir là, cette fille qu'elle vit dans le miroir souffrait tellement qu'elle ne réfléchit pas. Les larmes embuaient ses yeux et elle se déplaça lentement jusqu'à son lit. Elle était à la fois submergée par la tristesse et la colère, la haine. Tous ces sentiments étaient contre elle. Elle vit que ses bras s'étaient mis à trembler sous l'emprise de ses émotions. Elle n'essaya même pas de se battre pour se calmer, elle n'en avait pas envie. Elle sentait le sel de ses larmes arriver tout doucement sur ses lèvres. Et sans s'en rendre compte ou juste sans vouloir s'en rendre compte ses bras tremblants se mirent à bouger. Elle sentit que ses ongles se plantaient sur ses avant-bras et que ces derniers devenaient rouges à ce contact. Avec toute la rage qu'elle contenait elle griffa du plus fort qu'elle pouvait sa pauvre chair. Elle essaya d'ailleurs de crier de douleur mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle n'arrivait plus à s'arrêter, il lui en fallait plus pour se calmer. Elle se jeta alors sur sa trousse pour attraper son compas qu'elle se planta dans le bras gauche. Elle voulait que sa douleur s'arrête alors elle déplaça lentement la pointe du compas planté pour créer une entaille. Cela lui faisait mal, elle souffrait et elle le sentait. Seulement grâce à cet acte elle se sentit étrangement soulagée. Quelques minutes après, quand sa rage fut alors retombée, elle dirigea son regard sur la victime du crime. Son bras avait de nombreuses griffures rouges et une entaille par laquelle du sang s'échappait.
Ce fut alors le moment à partir duquel elle rentra dans un cercle vicieux. Le soir quand elle rentrait chez elle elle partait se réfugier dans sa chambre. Elle s'était mise à porter des affaires trop grandes pour elle dans le but de cacher son corps qu'elle torturait toutes les nuits. Son amie Anorexie était toujours à ses côtés et personne ne pouvait l'entendre crier.
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Elle avait enfin trouvé une certaine stabilité au niveau de la douleur. Ses actes n'étaient pas forcément bons pour son corps mais ils apaisaient son cœur.
Cependant un soir, même en ayant mutilé son corps, la douleur resta bien trop grande. Cette nuit là, même si comme toutes les autres nuits elle ne parvint pas à trouver le sommeil, elle décida de sortir. Elle ne prit aucune affaire et partit par la fenêtre, portant seulement un débardeur et un jean. Elle voulait se sentir libre de tous préjugés, ne serait ce que pour une nuit. Comme tous les soirs elle entendait les rails tremblants sous le passage d'un train passant non loin de chez elle. Cela faisait plusieurs jours qu'elle voulait en voir un, au moins un et s'imaginer dedans, partant pour un autre horizon avec une autre vie. Elle prit alors la direction de la voie ferrée. Elle sentait le vent qui glaçait ses bras torturés. Quelques minutes de marche après, elle vit le métal aligné, posé sur le sol. Étrangement cet endroit l'apaisa. Elle s'assit dans l'herbe et réfléchit puis elle prit une décision. C'était une belle nuit pour mourir constata-t-elle. Depuis qu'elle était arrivée à côté des rails elle se sentait comme vivante. C'était pour elle une invitation pour accéder à un autre monde où elle serait mieux. Elle se dirigea, en prenant son temps, et s'allongea contre l'acier froid. Elle regarda la beauté du ciel, il était chargé d'étoiles. Elle aurait souhaité faire partie de l'une d'elles. Elle était calme et apaisée malgré toutes les tortures et se laissa délicatement tomber dans les bras de Morphée. Elle savait qu'elle ne se réveillerait plus jamais dans ce monde et cela la rassurait. A présent, elle se sentait bien.
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Recueil de textes
RandomHey les gens! Voici une série de textes et poèmes. Ils sont inventés de toutes pièces et n'ont aucun rapport avec la réalité. Tout est donc fictif. Donc voilà j'espère que vous aimerez. Et puis si vous n'aimez pas passez votre chemin car j'écris sur...
