Chapitre I

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Brooklyn

     - Brook ?
     Brook ? C'est moi, Brooklyn Moore. J'habite dans une petite ville de l'Oregon, un trou paumé plus précisément à Wilsonville, j'y habite avec Addison - ma mère -  et Carter - mon père -. Je suis fille unique, pour mon plus grand désespoir, j'aimerais tellement avoir une petite sœur ou un petit frère. Je peux vous assurer que c'est très chiant d'être seule, la vie est tellement enviante. Beaucoup de personnes pensent qu'en étant unique, nous sommes comblés, certes, c'est vrai, mais tu n'as personne à qui parler le soir, surtout quand on se retrouve seul(e) chez soi le plus clair du temps. J'aurai bientôt 17 ans, dans trois semaines et je compte évidemment faire une grande fiesta comme il se doit. On n'a dix-sept ans qu'une fois dans sa vie. Tu n'as pas non plus dix-huit Brooklyn, c'est quasiment rien d'avoir dix-sept ans.
     - Je suis là.
     - Où ça ? dit-elle en se marrant.
     Elle, c'est Hayden Smith, ma meilleure amie. Elle est douée dans toutes les disciplines, surtout en matière de" mecs". Heureusement elle n'a pas que cela comme qualité. Je suis bien contente de l'avoir trouvé. Ce qui m'a plus chez elle, c'est son ambition, elle vise toujours la réussite, à aller plus loin.
      J'ai oublié un point précis chez elle, ses yeux gris. Ils sont rudement beaux. Mais ma préférence s'arrête aux miens d'un sont bleu océan on y voit le déluge qu'est ma vie. Hayden me répète sans arrêt que beaucoup pourraient tomber sous mon charme grâce à mes yeux.
      Mais expliquez-moi alors, pourquoi ne suis-je jamais tombé amoureuse, nisorti avec quelqu'un ? Parce que tu es une fille unique, différente des autres. Tout le monde préfère une fille qui ressemble à tous ces gens qui se moque éperdument des autres.
     - Quatrième porte dis-je en tapant sur la porte pour lui signaler laquelle c'est.
      - Ouvre s'il te plaît.
      - Oui.
      J'ouvre la porte, comme je le pensais cela agace beaucoup Hayden.
       - Enfin, tu faisais quoi là-dedans? C'est notre premier jour, et toi, tu pars déjà te réfugier dans les toilettes, pour je ne sais quelles raisons. Ce n'est pas très cool de ta part Brooklyn.
       - Je n'ai rien fait de mal, Hay
       C'est vrai tout ce que j'ai fait c'est me réfugier dans les chiottes.
      - Alors, pourquoi tu es partie comme une gazelle ?
     - J'avais envie... ai-je dis en laissant ma phrase en suspense.
       - Toi, tu ne me dis pas tout.
       En fait, je suis partie, car en voyant ce charmant garçon aux yeux vert, j'ai été perturbée. Je n'ai fait attention qu'à la beauté de son visage rien d'autre. Je n'ai pas regardé comment il était habillé, mais je suis persuadée qu'il doit avoir un style de footballeur ou basketteur. Le genre cheveux ébouriffés, bouche pulpeuse, abdos en béton et compagnie.
      Après tout ce n'est qu'une simple hypothèse. Coup de foudre. Je rigole bien sûr, le coup de foudre je n'y crois pas absolument pas, il faut être timbrer pour y croire. D'expérience je sais que la vie n'est pas un conte de fée. C'est malheureux pour les gens qui y croient.
      - Crache le morceau Moore.
      Dois-je lui dire ? Bien sûr que oui, c'est ta meilleure amie après tout.
       - D'accord, mais ne m'interrompt pas ok. Dis-je en la prévenant.
       Je la connais par cœur, dès que je lui explique un truc elle n'a pas la patience d'attendre que je finisse ce que j'ai à dire. Je préfère la prévenir avant. Je ne lui laisse pas le temps de me réponde, j'attaque directement mon explication.
       - Bon, tu vois quand on a franchi le seuil de l'entrée pour aller au secrétariat, où nous ne sommes pas allés, vu que je partie dans les toilettes. Donc, si tu as bien remarqué il y avait un groupe de garçons à côté des casiers, et dans ce groupe il y avait un garçon d'une beauté à couper le souffle. Tout ce que j'ai vu c'est ses yeux vert jade.
      - Ah, je vois... Dit-elle irrité.
      - Il t'a intimidé ? Emet-elle en se rattrapant.
       Pourquoi sait-elle braqué aussitôt ? Je n'ai pourtant rien dit de mal. Je préfère jeté l'éponge. Oh que oui, il est intimidant rien que dans le regard qu'il m'a lancé, je ne pourrai pas décrire ce que j'ai ressentie quand il a posé les yeux sur moi, c'était une sorte de mélange entre l'angoisse d'être démasqué et un soulagement d'avoir enfin aperçu quelqu'un qui pourra peut-être faire chavirer mon cœur. Il te plaît, sans aucun doute. Jamais un gars ne m'a fait ressentir ce sentiment de soutien, de réconfort.
      - Oui, rien qu'à voir ses yeux.
      Je me sens un peu conne, d'être partie comme une voleuse.
       - Et à part ses yeux t'a vu quoi d'autre qui te plaît chez lui ?
       - Rien.
       - Bon maintenant ce n'est pas que je veux pas, mais on va sortir récupérer notre emploi du temps et partir voir où se trouve notre classe.
       On est dans la même classe comme vous l'avez remarqué. Je peux vous dire qu'on saute de joie. On va foutre le bordel encore une année supplémentaire. Ça va être catastrophique ils regretteront de nous avoir mis ensemble.
      - D'accord.
      Nous partons vers notre salle de classe, rejoindre notre professeur principal pour l'année. J'espère, que ce sera une année sensationnelle, sans histoire. J'ai parlé trop vite.

***

      La journée a été plutôt sympa, j'ai rencontré plusieurs profs qui sont venus se présenter dans la journée. L'après-midi, on a commencé à attaquer les cours, et je dois dire que ce n'est pas si facile que ça pour un début. Je vais vraiment travailler toute l'année pour entrer en première dans la section que je désire. Ils nous ont déjà mis une tonne de devoir à faire pour demain.
      - Ma chérie, on passe à table.
      - J'arrive.
     De ce que j'entends, ma mère est là ce soir.
     Le repas se passe sans conflit. C'est une première depuis des lustres. Ma mère me raconta sa journée et je fus de même sans divaguer sur ses yeux qui m'obsède. Je n'ai clairement pas envie de lui partager ce personnage alors qu'il m'est encore inconnu à mes yeux. Puis je n'ai franchement pas la convoitise d'entendre ses jérémiades sur le comportement des mecs de nos jours. Hors de question que je lui révèle cet être humain.

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