Seul

9 2 0
                                        


Tout commença par le noir complet.

   Petit à petit, Artyom revint à lui. Il était allongé par terre, sur ce qu'il sentit être de la roche humide et dure. Sa respiration était courte et la sueur lui perlait le long du visage. Il tenta tout d'abord de bouger mais il était paralysé, vidé de toute énergie. De longues minutes s'écoulèrent pendant qu'il reprenait son souffle. À sa seconde tentative, l'effort surhumain qu'il fit lui permit de se redresser et de s'asseoir. Artyom tâtonna les alentours pour trouver quelque chose sur quoi poser son dos endoloris. Il remarqua à sa droite que la pierre remontait brusquement à la verticale. À quatre pâtes, il alla s'y appuyer. Le garçon poussa un long soupir de soulagement.

    Suite à quelques temps de repos, il se posa la première question depuis qu'il était ici : où suis-je ? Il n'en avait aucune idée. À bien y réfléchir, il ne savait pas qui il était. Il essaya de se rappeler de quelque chose, un brin de souvenir auquel se raccrocher dans ce lieu sinistre, en vain. Tout à coup, un nom lui vint : Artyom. Le mien, songea t-il. Le fait qu'il se rappelle de son nom, et seulement son nom le laissa perplexe. Puis il se demanda quel âge pouvait-il avoir. J'ai 15 ans. Il ne comprenait pas pourquoi mais il en avait la certitude, de même que pour son prénom. Le jeune homme continua sa recherche dans sa mémoire mais ne se souvint de rien d'autre.

    Puis il s'intéressa à l'environnement autour de lui. Bien que l'obscurité totale était étrange, le plus impressionnant était le silence complet qui régnait là. Pas un oiseau chantant, pas un souffle de vent, pas le bruit d'une eau qui s'écoule. Rien.

    Soudain, instinctivement, il sut qu'il devait partir. Cela lui semblait absurde d'être aussi sûr d'une chose dont il ne sait rien mais à présent, il le savait, il ne devait pas rester là. Sa fatigue s'était atténuée et il se sentait capable de marcher.

    Artyom eu tout de même un peu de mal à se relever. Une fois debout, il se demanda : Mais par où aller ? Il n'y avait pas là une seule source de lumière, l'obscurité persistait. À pleine réflexion, ce lieu ressemblait beaucoup à une grotte : la roche, l'humidité, l'obscurité... Qui plus est, cette grotte devait être assez petite. En tout cas fallait il l'espérer. Le garçon se dirigea donc à sa gauche, espérant trouver une sortie ou un élément qui lui permettrait de l'aider. La grotte continua sur une dizaine de mètres avant de bifurquer dans un angle qui lui parut presque droit. Il continua sa recherche en tournant à droite affin de suivre le mur de pierre. Puis sa main rencontra une surface froide et lisse qui s'arrêtait quelques centimètres plus loin avant de laisser place à quelque chose d'aussi plat mais plus rigide et moins froid. Une porte, comprit-il. En effet, en tâtonnant, toujours dans l'obscurité, il remarqua que quelque chose se détachait, la poignée sans doute.

    Il allait enfin savoir où il était et pourquoi, du moins espérait-il que la réponse se trouverait derrière cette porte.

    Il allait découvrir ce qu'il y avait de l'autre côté.

    Il allait sortir.

    Il s'apprêtait à rentrer, quand un soupçon naquit dans son esprit : La certitude qu'il fallait partir de ce lieu, s'il la croyait, signifiait elle que quelque-chose -un danger peut être- pourrait arriver ? Si tel était le cas, cela se cachait-il derrière cette mince cloison ? Mieux valait il encore chercher une autre issue dans le cas où celle-ci ne serait pas la bonne.

   Artyom fit donc le tour de la grotte, en bien une dizaine de minutes, sans trouver d'autre issue. Les trois autres angles étaient presque droit, ce devait être une grotte aménagée. Ou bien tout simplement pas une grotte du tout, se dit il. Il retrouva la porte. Maintenant qu'il était sur qu'il ne pouvait sortir que par cette dernière, il s'apprêtait à sortir. Il saisit la poignée et prit une grande inspiration. L'envie de sortir de cet endroit lui permit de surmonter la peur de découvrir ce qu'il y avait de l'autre côté.

   Il abaissa la poignée. La porte glissa sur ses gongs dans un grincement sourd. Par chance, elle n'était pas verrouillée.

   À ce moment là, il s'était attendu à tout, à sortir à l'air libre comme à se retrouver dans une pièce similaire à la sienne. Au lieu de quoi il aperçu une seconde porte, car ses contours laissaient passer de fines bandes de lumière.

Vous avez atteint le dernier des chapitres publiés.

⏰ Dernière mise à jour : Jan 18, 2017 ⏰

Ajoutez cette histoire à votre Bibliothèque pour être informé des nouveaux chapitres !

ChangerDes histoires addictives. Découvrez maintenant