Les ténèbres, partout autour de moi.
Même à l'horizon le soleil semble avoir plongé au fond des abysses.
Les habituels rires d'enfants ont quitté ces lieux à la tombée de la nuit, le vent s'est levé, la mer s'est mise à monter, le froid s'est installé.
C'était le moment parfait.
Je laissais mes habits derrière moi alors que je m'approchais doucement du bord de l'eau.
Un pas, un vêtement.
Un autre pas, un autre vêtement.
Je continuais ainsi jusqu'à me retrouver complètement nue, les pieds désormais mouillés.
« L'eau est calme » remarquais-je à haute-voix, et comme pour me répondre une bourrasque de vent balaya la plage, me laissant frissonnante. La mer, elle, demeurait lisse.
J'entrais alors doucement, troublant mon reflet créé par les timides rayons de lune qui éclairaient mon corps pâle.
Alors que l'eau m'arrivait à la taille, je me retournais une dernière fois, scrutant l'orée de la forêt qui bordait le sable, cherchant un signe de vie.
N'importe lequel.
Puis je disparu dans la mer glaciale.
Saisie par le froid, j'eu le souffle coupé.
Puis mes poumons eurent besoin d'oxygène, mais j'étais incapable de leur en fournir.
Je ne me débattais pas, mon corps fut brièvement parcouru de spasmes, puis plus rien.
Je sombrais, immobile, dans le fin fond des abysses.
Et alors que je sentais la vie quitter mon corps, une dernière pensée me traversa l'esprit :
« Enfin ».
