Chapitre Un

61 3 4
                                        

Assise dehors alors qu'il fait 40 degrés dehors, merci bien. Surtout que je viens de me taper cinq heures de vols interminables. Je déteste me dire que je vais devoir le revoir. Pourtant c'est ma faute, mais je ne pouvais pas rester, mon père avait besoin de moi et j'ai bien trop peur de lui dire "non" depuis petite. Peur qu'il fasse ce qu'il a toujours fait et surtout peur que cette fois il ne soit pas seul. Bref, j'attends impatiemment Chris qui est censé venir me chercher a l'aéroport. Ma valise risque de craquer dans quelques minutes a force de gigoter dans tous les sens, bon dieu, mais que fait-il ? Au moment ou je décide de boire une gorgée d'eau, Chris se gare devant moi, je me précipite d'écraser la cigarette que je comptais me rouler et prie pour qu'il n'ait rien remarqué, Chris n'a jamais aimé que je fume. Katy non plus.
Je me redresse et lui souris, c'est quand je vois que la porte de derriere s'ouvre, que je sais qu'il n'est pas seul et je prie une seconde fois pour que ce soit Selya, mais les converses noires que j'arrive à voir me prouvent que je me trompe.
- Enfin de retour ! Tu m'as manqué la californienne, s'exclama Conrad en rigolant.                                
Il a changé, il fait homme maintenant. Il est très mignon, il l'a toujours été. Je m'empresse de le prendre dans mes bras, mais je grimace quand il pose ses mains sur mon dos. Ça n'a pas encore cicatrisé. Ça prend tellement de temps.
- Oui, enfin de retour, souris-je malgré la fatigue qui m'envahit de plus en plus.
Son début de barbe me frappe aux yeux, Conrad n'a jamais aimé se laisser pousser la barbe.
- La barbe c'est pour les vieux hein ? pouffai-je.
Il saisit ma valise et me tira la langue, ça a toujours été du pur plaisir de me retrouver avec Conrad, il est très drôle et ne se prend jamais la tête.
- Monte, tout le monde t'attend, s'écria-t-il à l'arrière de la voiture.
Je décidai de monter sur le siège passager et une fois assise j'enlaçai Chris, il m'a beaucoup manqué.
- Ça fait trois mois que je suis partie, je vous ai tant manqué que ça ? ris-je.
Ça fait du bien de rire sans se forcer.
Je savais pertinemment qu'Alex était aussi présent dans la voiture, mais pour l'instant je ne me sentais pas de force d'affronter qui que ce soit.
Conrad monta dans la voiture et claqua la porte, Chris démarra. Je suis enfin de retour, ça fait très longtemps.
- Alors c'était comment la Californie ? me demanda Conrad.
Je ne m'étais malheureusement pas préparée à ce genre de questions, devais-je leur dire la vérité ? Que j'ai du revivre mon pire cauchemar toutes les semaines ou alors mentir ?
Je déglutis et Chris s'empressa de changer de sujet, il monta le son de la radio et tout à coup mon humeur changea, ma nouvelle chanson est sortie et elle passe justement à la radio.
Je me mis à chanter, Conrad chantait bien plus fort que moi et dansait tout en faisant des snapchats, Chris s'ambiançait quand même et moi je tentais de rester éveillée, malgré tout. Je suis plutôt fière de ma chanson, elle est arrivée dans les Tops 10 du pays le jour même ou elle est sortie.
Du coin de l'oeil, je vois Alex mettre ses écouteurs et soupirer.
Nous arrivâmes très vite à la maison et Conrad saisit ma valise, nous entrâmes et Selya me saute dessus. Je tangue et bouscule Alex sans le vouloir, il me lance un regard noir et soupire. Kaly s'empresse de me prendre dans ses bras, puis ma mère surgit de nul part. Toute heureuse et souriante, je ne m'attendais pas à la voir de sitôt. Je l'ai quitté peu après l'avoir retrouvé, ça a été dur, mais je n'avais pas le choix.
- Maman ! Qu'est-ce que tu fais là ? m'exclamai-je stupéfaite.
- Je voulais te voir à ton retour, ça fait un bail et puis il faut qu'on parle de ces bleus, jeune fille, fit-elle séchement.
Soudain, tout se mit à tourner, elle n'est pas encore très à l'aise avec le mot "discrétion". Je devins équarlate et déglutis.
- Quels bleus ? demanda Conrad en fronçant les sourcils.
Ils me regardèrent tous inquiets, ils savent tous.
- Bien, ceux qu'elle a...
- Ceux que je me suis fait en faisant du skate dans l'avenue de mon père, l'interrompis-je en mentant.
Personne ne répondit, evidemment qu'ils n'allaient pas croire mon mensonge, pas après avoir su toute mon histoire. Alex fronça les sourcils.
- J'ai faim, vous avez pas faim ? Ou non, je vais défaire ma valise, j'arrive.
Je saisis ma valise, mais eu un peu de mal à l'a soulever et Alex apercevant mon malaise, pris la relève et descendis sans dire un mot. Il déposa ma valise devant ma chambre et au moment ou j'allais le remercier, il m'interrompit :
- Ne me remercies pas.
Je soupirai et avant de me laisser, il s'exclama :
- Mais si y a bien une chose dont je suis sûr, c'est que tu n'as plus touché ton skate depuis deux ans.
- Qu'est-ce que t'en sais ? J'ai peut-être voulu en refaire, mentis-je encore.
Je ne savais faire que ça, mentir.
J'ai toujours été nulle à ça. Je le serais toujours.
- Je le sais, c'est tout. Le skate et toi ça fait 10'000.
Puis il s'en alla, en soupirant et secouant la tête.
Merde. Ça recommence.

"Ça y est, Cassidy. Le cauchemar continue. Comment vas-tu couvrir ces trois mois d'horreurs et de malheurs ? Bonne chance et bon retour à la maison aux côtés d'Alex."

Awful distraction, but beautiful addiction./2/Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora