prologue

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Tout est calme. Je perçois le bruit des feuilles lorsqu'elles se touchent et le cris des oiseaux prisonniers du ciel bleu. Les passants se font de plus en plus nombreux. Les bruits incessants des bottes qui claquent sur le sol fait naître une douce musique, entraînante. Le bruit des gouttes de la pluie si fine, comme une nuée de fils qui relient la terre au ciel, glissent sur les voitures, lentement. Comme si le temps se passait à présent au ralenti. Une sensation de liberté m'envahie. Une porte s'ouvre devant moi. Un nouveau monde qui commence, une nouvelle vie. Un cris interrompit ma rêverie. Je ne sais pas s'il exprimait de la joie ou de la douleur. Mais quand je vis qu'un corps était étendu au sol, tout s'évanouit autour de moi. La seule image que je perçoit. Rien d'autre. Je suis pétrifiée. Mon sang se glaça tandis que celui de la victime coulait, faisant disparaitre le noir du sol. Voyant que personne n'accourait, je pris la décision d'aller voir la pauvre femme.
Son visage était marqué d'une barre rouge, certainement un coup de fouet. Elle avait les mains qui tremblaient et elle respirait difficilement. Puis je vis l'endroit d'où le sang s'écoulait. Une balle avait dû la toucher mais je ne me souvient pas avoir entendu un tir. Puis je me souvint. Le bruit de la porte ce ne pouvait être que ça! Quelque chose me serra le bras, mais yeux se baissèrent sur la femme qui m'avait empoigné si fort que je cru une seconde que ma vie s'arrêtait là. De ses lèvres fines, elle ne prononça qu'une parole : V14, c'est la fin. Et à ce moment là, je compris. Les rues frappées du mot V14, les affiches représentant des personnes tuées, tout se mit en place dans ma mémoire. Je regardais droit devant moi. Une chaîne humaine avait pris forme. C'était des personnes identiques. Uniforme noir, frappés de l'insigne M Comme Malheur, bottes et casques noirs, ne laissant apparaître aucune trace de personnes humaines. Ils étaient semblables à des robots. Les même personnes que sur les affiches. Comme si le monde prenait fin, ils se mirent à tirer sur les gens innocent, avançant d'un pas décidé, comme s'ils recherchaient une personne précise. J'eus comme une sensation de déjà vu. Je savais déjà que par la suite, une personne partirait avec eux. Innocemment. La seule chose qui me paraissait bizarre c'était pourquoi moi, je le savait. Je les voyais déjà s'approcher de quelqu'un, une personne proche de moi. Une voix se fit entendre. Elle disait que le monde était à présent entre ses mains et que le Malheur en ferait un désastre. Il y aura des victimes, des Gardes contrôleront la population. Les habitants seront destinés à porter un uniforme et, chaque année, une personne de la communauté sera exclu de l'humanité. Une larme coula le long de ma joue venant se nicher dans le coin de ma bouche. Les personnes en noir me prirent par les bras et je compris que c'était moi qui partirait avec eux. Les femmes et les enfants me regardaient d'un air horrifié, les hommes, eux, ne montraient aucune pitié. La voix annonça quelques mots : " Le Malheur, c'est elle". Et je perdis conscience.

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