Aux confins d'une terre aux arcanes enfouis
Dort un austère ermite, un stylite émérite ;
Sommeillent un homme et un royaume assoupi
Et disparaissent gaiement sans plus de mérite
L'eau de l'intarissable clepsydre s'écoule,
Inéluctablement, les secondes s'envolent,
Annihilent les brumes d'un rêve frivole
Peu ou prou celé dans les éclats de la foule.
La sylve cendrée dès l'aube maugrée, très triste,
Isolée, abandonnée à son sort macabre,
Ultime lueur d'un sinistre candélabre !
Le vaillant condor s'essore puis se désiste.
Au centre de la plaine, une âme errante pense,
Sombre derrière d'indicibles remembrances,
Assise au bas de l'escalier, d'humeur grisâtre
Un autre esprit revit ce passé acariâtre.
Figure impassible et traitement inique
Sont les attributs inhérents de Sœur Chagrin
Qui de nos sentiments et d'une seule main
Se tricote aussi des gilets et des tuniques.
Pauvre démon égaré, épris de la foi,
Malheureux ange effaré, épris des vils maux,
Quelles senteurs, quelle désillusion, quel roi
Vous ont fait passer sous la lame d'une faux ?
KAMU SEDANG MEMBACA
Sœur Chagrin
PuisiD'aucuns fuient le chagrin, d'autres encore l'exploitent à l'envi ; moi, je lui donne forme pour l'incarner comme jamais je n'avais osé le faire. On ne se lamente jamais assez.
