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Il est .
Ses épaules carrés se soulèvent et s'abaissent à chaque respiration.
Ses yeux semblent me fixer, malgré le flou répandu sur sont visage.
Je ne distingue pas sont nez, ni ses joues, ni sont front qui m'a l'air plissé.
Tout est flou.
Sauf sont regard brun.
Ces yeux que je n'oublierai jamais.
Je l'aime.
Putain qu'je l'aime.
Sa main qui me frôle, à deux doigts de me toucher, de me caresser, de m'embrasser.
Sa peau qui effleure la mienne.
Je vais l'attraper, lui, qui me semble inaccessible...
Mais là, je tombe.

Je me réveille en sueur, le coeur haletant. Mon pou pulse encore et encore, et je sens ma veine frontale me tirer, presque s'arrache de ma boite crânienne. Ma gorge me chatouille, et mes yeux me piquent.
Je prend mon cachet posé sur ma table de nuit, et le fait fondre sous ma langue, espérant caler ma respiration.

Ce truc là recommence chaque nuit, et chaque nuit, je rêve de ce garçon inexistant qui me détruit de l'intérieur.
Mon monstre mental s'imprègne de moi, me tue à petit feu, j'ai l'impression d'être folle. Je ne suis pas moi-même, la nuit. Je suis dans un état second. Il me fait perdre tout mes moyens, rien qu'en occupant mon subconscient.

- Encore ce cauchemars ?

Je me tourne vers Liv', assise en tailleur sur le lit voisin, et la fixe incrédule.

Liv', une fille que j'ai connue à la fac et qui a bien voulu partager sa maison avec moi le temps que j'ai les sous pour avoir la mienne.
Ce n'est pas vraiment une amie, en fait. Je n'ai pas d'amies.
Je sais, dit comme ça, c'est triste.

- Tu devrais peut-être voir un psychologue, tu sais, pas pour les fous, mais jus-

- Non. Je vais bien.

Je l'entend soupirer et se lever, pour descendre dans la cuisine.

Je ne vais pas aller avoir un foutu docteur, pour qu'il me dise que je suis folle. Je n'ai pas besoin qu'on me dise quelque chose que je sais déjà, qu'on teste de nouveau médicaments, et qu'on me traite comme un rat de laboratoire.
Je le sais, moi, que je suis folle. Parce que se mettre dans un état totalement hors de contrôle pour quelqu'un qui n'existe même pas, c'est de la pure folie, et je ne veux pas finir dans un asile avec des gens qui sont déjà mort sans l'être vraiment, je ne le supporterai pas.

Je n'ai même pas de proche pour me forcer à me faire soigner. A part Liv', peut être, mais elle baissera les bras avant que je n'ai franchi la porte d'entrer.

On s'entend très bien, mais nous ne sommes pas si proche que sa finalement.
Elle est juste ma coloc, je suis juste sa coloc'.
On est juste coloc'.

Je me lève, comme chaque matins depuis ma naissance, et commence par prendre une douche, histoire de calmer mes nerfs qui me démangent.
Je vais vous passer les détails, hein : "l'eau coule sur mon corps dénuder" et toute la merde qui va avec.
Je enfile un pull large qui traine avec un jean BoyFriend.
Je sors 10 minutes après, en saluant Liv' au passage.

***

- Abby, tu as dix minutes de retard, et pour quelle raison cette fois-ci ? Tu as déménagée au Canada ? Ou, ta voiture c'est fait percuter par un hélicoptère en plein vol ? Tu as rencontrer Johnny Depp ? Parce que si la raison n'a pas été citée, je ne voit pas pourquoi tu nous ferais l'honneur de ne pas être à l'heure, encore.

Mon patron, Mr Stevens, est un vieil homme en pleine crise que la soixantaine, très petit mais odieux lorsqu'il s'agit de parler à ses employés.

- En fait, ce matin tout les bus étaient en grèvent pour sauver les bébé phoques et j'ai dû venir à pied, mais je doit avouer que le coup de l'hélico ne m'avait pas effleuré l'esprit. Bonne journée, Monsieur.

Je vais derrière le comptoir, mais une main m'arrête, manquant de me faire tomber, la tête éclatée contre le sol.
Mr Stevens me regarde d'un air sévère et malicieux, qui dévoilent ses intentions fourbes.

- Mademoiselle, je pense qu'aujourd'hui, nous pouvons nous passer de vos services. Et même toute cette semaines, et les autres semaines aussi. En un mot, vous êtes virée, mademoiselle. Maintenant, dégagez, et emportez vos excuses bidons avec vous.

Je sourit vulgairement, avant de ressortir en prenant soin de claquer la porte en partant.
Ça fait seulement deux semaines que je travaillais ici, et pas une fois je n'ai été à l'heure. Tout simplement parce que je n'en avais pas envie. Et que j'ai un putain d'inconnu qui occupe mes pensés. Et parce que j'ai la flemme.

Si tu continue comme ça, tu ne pourra même plus payer la moitié du loyer...

Ta gueule conscience.

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Ça vous à plus ?
Des chose à changer ?
Dites-moi.

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