1| Cauchemar.

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Au commencement étaient les ténèbres. Un monde où n'existaient ni le temps, ni la faim, ni la soif. Peut-être était-ce cela, la mort, une éternité dans un néant si étroit que l'on ne pouvait s'y tenir que recroquevillé, comme un enfant à naître. L'air était chargé d'une écœurante odeur de produit, de sang. Les premiers temps, de véritables crises de terreur prenaient tout le corps. Puis on s'habituait à la douleur et restait courageux au triste destin.
Mais un jour, quelque chose d'incroyable s'était produit. Un enfant respirait, en petites bouffées mais il était vivant. Petit à petit, il ouvrit les yeux. Des yeux chargés de fatigue, après tout ce qu'il a vécu. Lentement, chacun des mages, avec leur tuniques imposante et leur regard froid, encerclaient et regardaient cette nouvelle créature, qu'ils appelaient "sujet". Un petit sourire sadique se dessina sur leurs lèvres. L'enfant semblait terrorisé. Il tentait de se débattre il était bien attaché. Combien de temps était-il resté ainsi ? Il ne se souvenait même pas de ces hommes barbus autour de lui. Quel souvenir avait il ? Comment il s'appelait ? Le petit garçon se posait beaucoup de question mais impossible de les dire où même d'avoir les réponses. Il avait perdu sa voix. Tout ce qui sortait de sa bouche était des petits sons, celle d'une bête apeurée. Un des mages, replaça ses lunettes et examina le garçon.

"C'est absolument incroyable mes compères. Nous avons franchi une étape."

Il lâcha un petit ricanement, mais si terrifiant. L'enfant aurait voulu se blottir contre sa mère, ne plus entendre, ne plus voir. Ces personnes lui faisaient peur, alors que c'est la première fois qu'il les voit. Il voudrait qu'on le sauve. Un autre homme, au regard plus sérieux et bien plus jeune que les autre cette fois déclara :

"Oui en effet, Spectra, mais il semble y avoir un effet secondaire... Il ne parle pas.

-Mon cher Ultio, continua Spectra dans son air moqueur, vous êtes bien sot ! Cette effet est temporaire. Vous pensez qu'un nouveau né réussira à parler lorsqu'il sera sortit du ventre de sa mère ? La comparaison est la même. Il va nous falloir éduquer cet enfant."

Il s'approcha du garçon sur ces mots. Celui ci ferma les yeux, comme pour disparaître. Spectra se plaça près de lui et ouvrit la bouche du garçon puis l'examina. Cette méthode était réservée pour les bêtes et les esclaves. C'était une façon de voir si les "objets" en question étaient en bonne santé. Il hocha la tête de satisfaction : le garçon avait de bonnes dents. Bientôt, tout les autres mages l'imitèrent. On aurait dit des vautours affamés. Chacun touchaient un muscle, un bleu, tapaient légèrement sur un nerf. Le sujet réagissait merveilleusement bien. Spectra releva la tête non mécontent et se frotta les mains.

"Il s'est très vite remis, c'est bon signe ! Il nous reste un élément à tester... Le plus important. Les yeux."

Une lampe à huile était près de lui. Il la prit et obligea le garçon à ouvrir ses petits yeux. Il bougeait énergiquement pour éviter qu'on le touche encore. Il n'était pas, leur peau étaient froides et sèches. Les autres mages tenaient la tête du petit bonhomme. Spectra pût ouvrir l'oeil et approcher la lampe. La lumière faisait flamboyer les yeux bleu du garçon. Quelque chose clochait ; il n'avait pas des yeux d'homme. Ses pupilles n'étaient pas rondes mais très fines. On distinguait ses yeux que dans certaines créatures telles que les chats, les renards... et une autre légendaire. Spectra grimaça et dit à ses compères :

"Nous avons réussi ! C'est la première fois que nous réussissons ! De tout les sujets, c'est le seul qui a survécu.

-Il va falloir le droguer, dit l'un des mages, il va s'énerver."

Spectra n'écoutait pas. Il était trop excité. Seulement, son collègue avait raison : le petit garçon s'agitait mais pas de la même façon. Les chaines grinçaient, arrachaient la peau du prisonnier. Il mordit un des mages. C'était à ce moment qu'il comprit qu'il n'avait plus des dents mais seulement des crocs pointus. L'homme mordu poussa un cri de douleur et agita sa main. Il gifla le garçon mais dans son mouvement, la lampe à huile tomba sur le sol. Les flammes jaillirent et le sol fût vite enflammé. Dans la panique, les mages s'empressait de sortir, laissant leur sujet attaché, proie aux flammes. Ne de laissant pas intimidé par la mort, il rongea les chaînes. Il ne ressemblait plus au petit homme pleurant sa mère. C'était une bête prête à se sauver. Le fer ne céda pas. Pourtant il ne lâchait pas prise, il continuait malgré les brûlures causées par les flammes. C'est alors qui main froide et familière se posa sur son bras. Un bruit de serrure et ses mains furent libres. L'homme qui l'avait libéré, s'enfuit avant même qu'il voit son visage. Enfin libéré, le garçon se leva.

***

Il ne su pas où il était. Les flammes brouillaient sa vue. Chaque inspiration semblait une torture tant l'air était suffoquant. Il courrait sans savoir où aller. Ses jambes le faisaient souffrir comme s'il n'avait pas marché depuis des lustres. Il devait sortir, alors il continuait de marcher, même si chaque pas était une torture. Il fit un pas, puis trébucha. En était-ce fini de lui ? Pourtant, il avait beaucoup de question. Pas sur le monde mais sur lui. Le monde, il savait ce que c'était, comme un souvenir à la fois ancien et familier. Restant allongé il leva la tête. Terrorisé, il se rassit brusquement ; un garçon était face à lui. Il s'avança prudemment puis, voyant que ce garçon produisait tour ses mouvements, il en conclut que c'était un miroir. Il était plutôt rassuré. Et pour la première fois de son réveil, il peut se voir. Posant sa main sur la glace un peu froide il s'observa. Les cheveux blonds, en pics, un peu noir à cause de la fumée. Les traits d'un petit garçon de 10 ans, il avait quelques perçings sur les oreilles et enfin les yeux... Vairons ? Il cligna des yeux stupéfait. La seul chose qu'il savait sur lui était ses yeux bleues. Il s'en souvenait c'est comme une mélodie répété. On lui a souvent dit par le passé il en était certain. Mais là, il en avait un rouge et l'autre bleu. Pendant qu'il regardait son reflet, une ombre imposante s'était formée derrière lui, à la place de sa propre ombre. Le garçon regarda ses mains. Qu'est ce qui lui arriver ? Par peur de cette menace, il partit en courant, se cognant aux poutres qui craquellaient. Ses pensées et ses sentiments étaient troublées. Il n'était plus sûr de rien. Sa tête bourdonnait. Il se tint la tête. Quelqu'un l'appelle. On dirait qu'elle le guide vers elle. Les appels n'étaient que des murmures à peine perceptibles. Pourtant le garçon étendait et suivait les chuchotements. Sa vue se brouillait, la chaleur le faisait délirer. Il se laissa tomber sur une porte. Sous le poids, elle s'effondra. À l'intérieur il faisait plus frais, ce qui revigora le jeune homme. Les sons étaient plus fort, les voix étaient ici. Il tituba vers un coffre. Sans savoir ce qu'il faisait, il l'ouvrit...

Une immense clarté y jaillit.

Le Silence du Dragon (Pause)Where stories live. Discover now