Deux mains froides vinrent me secouer doucement. Je les reconnaîtrais entre mille, elle appartenaient à la femme qui m'avait mise au monde. Je me contentais de me retourner sur mon matelas. Elle soupira et s'assit sur le matelas de mon lit qui s'affaissa. Une main à la peau râpeuse se mit à courir dans ma chevelure brune, me faisant frissonner. Je tournai le visage vers ma mère et lui adressai un sourire fatigué, tandis qu'elle me fixait d'un regard tendre. Puis, soudainement, une larme roula sur sa joue gauche et s'écrasa sur ma propre joue, et, surprise, je me redressai en fixant ma mère d'un air ahuri. Je la pris dans mes bras, alors qu'elle enfouissait sa tête dans le creux de mon cou. J'avais une main posée dans dans son dos secoué de spasmes. Ma mère était une femme à l'aspect robuste, téméraire et intouchable, mais s'était plutôt moi, qui possédait cette force de caractère. Ma mère était en fait une femme fragile, que l'on pourrait la briser d'un seul coup. Elle s'écroulerait au sol et se briserait en des milliers de fragments d'elle-même, tout comme une tasse de porcelaine le ferait. Depuis l'annonce du décès de mon frère cadet, il y a de cela quelques semaines tout au plus, elle avait laissé tomber ses espérances. Elle avait cessé de croire en un monde meilleure, ou les habitants de cette ville, ou même de la planète entière seraient en bonne santé, respirant toutes et tous la joie de vivre, levant leurs verres à la santé de leurs futurs enfants que porteraient leurs femmes dans leurs ventres arrondis. Mais de nos jours, avoir un enfants était l'un des plus grand malheur qui pouvait frapper une famille. Je voudrais tant savoir pourquoi ma mère que j'aime tant était en larmes, recroquevillée dans mes bras. Je ne vous l'ai sûrement pas précisé, mais, ma mère était muette. Je m'étais bien souvent imaginé la voix de ma mère lorsqu'elle m'appellerait pour dépecer un lapin, pour me hurler dessus lorsque j'aurais accidentellement cassé une tuile en montant sur le toit. Elle possèderait une voix douce et chaleureuse, qui réconforterait même la personne la plus triste existante. Mais elle ne parlait pas, point final. Puis soudainement, je réalisai pourquoi. Ce soir, j'allais devoir partir pour ne jamais revenir. J'allais quitter mon chez moi pour un voyage sans retour. Mais contrairement à ma mère, je ne pleurerais pas. A vrai dire, j'aurai sans doute pleurer si lors du décès de mon frère je n'avais pas vidé mon corp de toutes larmes. Je me contentais de passer ma main de haut en bas sur son dos. Puis je me levais, tapotant gentiment l'épaule de ma mère pour la rassurer, et me dirigeais vers la salle d'eau. J'entrais dans une sorte de cabine de douche de mon invention et rempli le seau d'eau froide. Je me le versait finalement dessus, après m'être dévêtit. Quelques violentes séries de frissons parcoururent mon échine au contact de l'eau si froide. Pour cette journée si spéciale, je me devais de me vêtir convenablement et de me laver. Nous ne nous lavions que par besoin afin de ne pas se sentir trop souillés, et aussi pour économiser l'eau potable que nous possédons.
Je me séchais à l'aide d'un torchon à peu près propre et sortisde la "douche". Ma mère entra dans la pièce, et déposa des vêtements propres sur le sol poussiéreux. Je la remerciais brièvement et enfilais un caleçon noir, ainsi qu'une chemise blanche. Elle me tendit une paire de bottines noires à petits talons qui semblaient avoir été fraîchement cirées. Elle avait dû dépenser une bonne partie des économies, peut-être même la totalité. Je lui en étais reconnaissante. Elle savait parfaitement que je détestais mettre des robes ou jupes, et avait pris en compte mon opinion, ce que beaucoup n'auraient pas fait, histoire de plaire au gouvernement. Mais de toute façon j'allais tout de même mourir là-bas, alors, à quoi bon faire des efforts vestimentaires si cela ne change rien à votre destin. Ma mère entra à nouveau dans la salle de bain de son pas traînant et se mit à brosser mes longs cheveux à l'aide d'un peigne aux dents manquantes. Je la laissait faire, elle avait toujours prit énormément de plaisir à coiffer mes cheveux.
**
Le tic-tac menaçant de l'horloge résonnait fortement dans la gare. Des dizaines et des dizaines de personnes de mon âge patientaient, vêtus de leurs plus beaux vêtements. Le brouhaha présent dans la hall était tout bonnement insupportable, les voix résonnaient étant donné le manque de décoration sur les murs du hall. La chaleur était étouffante, rendant mes joues légèrement rouges. Je jetai un coup d'œil vers l'horloge perchée tout là-haut.
11h44.
Le train allait arrivé dans moins d'une minute, et nous embarqueront dans deux minutes en se faisant bousculé de tous les côtés. Je m'y était déjà préparé et m'était rapprochée au maximum du quai. Une voix off de femme se mit à parler fortement, demandant tout d'abord le silence.
"Mesdames et messieurs, vous allez toutes et tous embarquez dans le train qui vous mènera à Soralia, je vous demande de ne pas vous bousculer, il y'aura bien évidemment assez de place pour tout le monde. Merci de votre attention."
Les barrières qui nous empêchaient d'atteindre le quai se levèrent, provoquant un mouvement en masse de la foule. Comme prévu, tout le monde se bousculait pour avoir les meilleures places.
Je me laissai finalement tomber sur un siège du train, agacée par ses jeux de coudes pour atteindre ce maudit train. Je partais chez moi par pure obligation, pour une vie meilleure disaient le gouvernement. Comment pouvaient-ils nous parler d'une vie meilleure alors que la plupart de ses personnes qui prenaient ce train allaient perdre la vie durant les simulations. Je n'étais pas dupe, je savais que je ne reviendrais pas chez moi. Ma pauvre mère était désormais seule.
"Excuse-moi, j'peux m'asseoir là ? Me demanda un jeune homme de mon âge.
-Ouais." Acquiesçai-je.
Il s'assit à ma gauche, et se mit à admirer de façon indiscrète le postérieure d'une hôtesse à la tenue particulièrement osée. Ses cheveux châtains ne semblaient pas avoir été coiffés, et quelques une de ses mèches de cheveux retombaient sur son front. Ses yeux verts tiraient sur le bleu à la lumière, et ses lèvres étaient à la fois fines et pulpeuses. Il avait le teint légèrement plus foncé que la normale, tout comme moi, il devait sûrement venir du quartier des ouvriers de chantiers qui travaillaient au soleil toute la journée. Il avait revêtit une chemise blanche et avait retroussé ses manches jusqu'aux coudes, ainsi qu'un pantalon noir qui lui moulait les chevilles. Le tissu était déchiré au niveau de son genou droit, cet idiot était sans doute tombé. Je tournais la tête vers la fenêtre et observais mon propre reflet. Ma mère avait ramené mes cheveux qu'elle avait soigneusement peigné en une queue de cheval haute qu'elle avait ensuite tressé. Malgré tout, mes cheveux m'arrivaient tout de même au beau milieu du dos. Mes yeux gris se fixaient eux-mêmes. Quelques tâches de rousseur parsemaient mes joues rougies de chaleur. Maman m'avait forcé à mettre une touche à peine visible de mascara alors que l'hôtesse que mon voisin de siège regardait ressemblait fortement à un pot de peinture. Le train se mit enfin à bouger après vingt minutes d'attentes et prit en vitesse.
Quelques minutes après, je m'endormais.
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Bien sûr, les prochains chapitres seront plus long que celui-ci, et j'espère que ce premier chapitre vous a plu. Je vous ai mis une photo du personnage principal féminin (je ne vous dis pas encore son prénom).
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Simulation
Science Fiction2096, San Francisco. La planète Terre n'est plus ce que vous, humains nés avant les années 2050, avaient connus. La population toute entière est divisée en deux parties bien distinctes, les riches, et les pauvres. Ceux qui possèdent une quantité d'a...
