Malherbe:
-Elle était du monde où les plus belles choses,
Ont le pire destin,
Et rose elle vécu ce que vivent les roses,
L'espace d'un matin...
-La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles;
On a beau la prier,
La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
-La rigueur de ses lois,après tant de licence,
Redonnera le cœur à la faible innocence,
Que dedans la misère on faisait envieillir;
A ceux qui l'oppressaient il ôtera l'audace,
Et sans distinction de richesse ou de race,
Tous de peur de la peine auront peur de faillir.
-La foi des ses aïeux,ton amour,ta crainte,
Dont il porte dams l'âme une éternelle empreinte,
D'actes de piété ne pourront l'assouvrir;
Il étendra ta gloire autant que sa puissance;
Et,n'ayant rien si cher que ton obéissance,
Où tu le fais régner il te fera servir.
-Tu nous rendra alors nos douces destinées;
Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années
Qui pour les plus heureux n'ont produit que des pleurs.
Toute sorte de biens comblera nos familles;
La moisson de nos champs lassera les faucilles,
Et les fruits passeront la promesse des fleurs.
-La fin de tant d'ennuis dont nous fûmes la proie
Nous ravira les sens de merveille et de joie;
Et d'autant que le monde est ainsi composé
Qu'une bonne fortune en craint une mauvaise,
Ton pouvoir absolu,pour conserver notre aise,
Conservera celui qui nous l'auras causé...
-Lieux qui donnez aux cœurs tant d'aimables desirs,
Bois,fontaines,canaux,si parmi vos plaisirs
Mon humeur est chagrine, et mon visage triste.
-Assez de funestes batailles
Et des carnages inhumains
On fait en nos propres entrailles
Rougir nos déloyales mains;
Donne ordre que sous ton Génie*
Se termine cette manie;
Et que las de perpétuer
Une si longue malveillance,
Nous employions notre vaillance
Ailleurs qu'à nous entretuer.
-C'est en la paix que toutes choses
Succèdent selon nos désirs;
Comme au printemps naissent les roses,
En la paix naissent les plaisirs;
Elle met les pompes* aux villes,
Donne aux champs les moissons fertilles
Et de la majesté des lois
Appuyant les pouvoirs suprêmes,
Fait demeurer les diadèmes
Fermes sur la tête des rois .
*Génis:On invoquait à Rome le génius(dieu particulier) de l'emprereur.
*Pompes:Cérémonies grandioses.
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Les siècles de l'innocence
De TodoCeci est un receuil de proverbes ,de vers de certains poèmes connus au XVII siècles (il y aura d'autres aussi) ,il y aura des dictons ,des phrases assez intéréssantes,et bien d'autres.... A vous de le découvrir!
