« On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé. »
Coluche
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Je passe mes journées à contempler le ciel en refaisant le monde à travers le fil de mes pensées.
Je n'ai jamais réussi à dépasser le stade du rêve à celui de la réalité.
Ne suis-je qu'une dégonflée ? Certainement.
Quand je suis installée dans ma chambre, tout me paraît possible et réalisable. Mais, une fois que je me retrouve dehors, devant la réalité de la vie, tout me paraît insurmontable et irréaliste. Pourquoi une simple fille comme moi réussirai-t-elle ? La question de ma vie.
Mon plus grand rêve ? Devenir une grande danseuse de renommée. Cela peut paraître absurde, mais c'est ce dont j'aspire depuis ma tendre enfance. Depuis le jour où mes parents m'ont inscrite dans cette école de danse de mon quartier, à l'âge de quatre ans.
Dès que j'ai enfilé ces pointes et que j'ai franchit ce parquet, j'ai su instantanément que cela deviendrait une passion, mon moteur pour survivre dans ce monde cruel.
Ce sentiment à grandit en moi jusqu'à mes seize ans. L'âge où j'ai eu ce terrible accident qui me condamnait à oublier cette passion.
Alors que je connaissais cet enchaînement par cœur, cette chorégraphie appris depuis presqu'un an pour le gala de danse annuel de fin d'année, je me suis mal réceptionnée en retombant au sol. La douleur était terrible, mais je voulais continuer coûte que coûte. Hélas, cela a été impossible. Les médecins m'ayant fortement déconseillé de danser de nouveau sous peine d'empirer ma blessure.
Ce jour-là, j'étais complètement dévastée, anéantie. Je ne savais plus quoi faire, des idées noires s'installaient dans mon esprit. Sans l'aide de ma famille et de ma psychologue, je ne serais certainement plus de ce monde à l'heure actuelle.
Au fil du temps, j'ai appris à faire avec. Un sourire de façade est revenu illuminer mon visage, même si mon cœur restait éperdument meurtri par cet échec. Une erreur qui, pour moi, m'a coûté la vie.
J'ai continué mes études en optant pour une voie littéraire. La lecture m'a permis de m'évader de tous mes problèmes. Je pouvais être une autre personne en entrant dans un monde imaginaire, à travers les quelques lignes notées sur ces quelques pages. Et, les rêves ont commencé à s'enchaîner dans ma tête. Je rêvais des projecteurs, des applaudissements, des acclamations...
À l'âge de dix-huit ans, ma meilleure amie, qui était également ma partenaire de danse, est partie s'installer dans la ville de nos rêves, Paris. Elle a quitté notre petit village breton, paumé au milieu de nulle part, pour rejoindre cette sublime ville où tout semble possible. Cela était notre rêve commun, depuis que nous étions adolescentes. Nous nous étions toujours dit, qu'à dix-huit ans, nous nous envolerions pour Paris. Afin de tenter notre chance dans cette prestigieuse école de danse, L'école privée d'Arts de la scène parisienne. L'équivalence de la Juilliard School de New-York, qui a fait connaître de nombreux danseurs, musiciens et acteurs dans le monde entier.
Mais, elle seule a pu concrétiser ce rêve... J'ai souvent souhaité la voir échouer et revenir au village. Je ne suis qu'une égoïste qui ne sait même pas être heureuse pour sa propre amie.
Un jour, son numéro s'est affiché sur l'écran de mon portable et en décrochant, je n'ai entendu que ses sanglots et ses mots
incompréhensibles. Malgré cela, j'ai tout de suite compris...
Je m'en suis tellement voulue ce jour-là. Pour moi, c'était de ma faute. J'avais tellement espéré la voir échouer, que cela était devenu réalité.
Après ça, elle a quitté Paris pour Londres, où elle est partie tenter, une nouvelle fois, sa chance. Elle a su rebondir. Ça a pris du temps, mais elle a réussi et je trouve cela formidable. Au moins, elle n'est plus prisonnière de ce village qui nous étouffe au fur et à mesure des jours qui passent.
Pendant ces deux années qui ont suivi mon accident, je me suis laissée aller, en me focalisant qu'uniquement sur ma réussite au baccalauréat. Je voulais au moins réussir quelque chose dans ma vie. Je l'ai obtenu haut la main, avec la mention très bien. J'étais heureuse, même avec ce trou dans mon cœur qui me pesait énormément.
Après ça, j'ai enchaîné les études littéraires pour devenir, plus tard, professeur de français à l'université. Cela me permettrait de quitter mon village pour Brest, une vraie ville. Rien de comparable à Paris, mais une ville tout de même.
Et puis, au bout d'un an de formation, je ne pouvais plus continuer. Le désir de danser est revenu d'une telle intensité que cela m'obséder de jour comme de nuit.
J'ai contacté tous les médecins possibles, chacun me disant qu'au vu de ma blessure au pied, il ne fallait pas forcer et continuer de marcher doucement, à l'aide d'une béquille. Jusqu'au jour où je me suis rendue directement à Paris et que ce professeur m'a proposé une option intéressante. Ce fut l'un des plus beaux jours de ma vie, comme le plus terrible.
Mon rêve redevenait possible... Ce professeur m'a proposé une opération qui aurait pour but d'implanter des vises dans mon pied pour rendre celui-ci plus solide. Grâce à cela, je pourrais marcher de nouveau sans l'aide de béquilles. Et, après d'énormes efforts, je pourrais de nouveau danser, si tout se passait bien...
De longs mois de rééducation et de musculation étaient donc à prévoir, avant toute chose. Et, un risque que mon os lâche de nouveau était toujours envisageable.
Malgré tout, après quelques semaines de réflexion intense, j'ai tenté le coup. Qui ne tente rien n'a rien... C'était parti pour des mois de souffrance avant la délibération. Enfin, dans le meilleur des cas...
KAMU SEDANG MEMBACA
Le rêve de ma vie
RomansaÉnola n'a qu'un seul but dans sa vie : devenir danseuse. Mais, suite à un terrible accident, elle doit renoncer à son rêve ultime. Déterminée, elle tente tout pour pouvoir danser à nouveau et ses efforts ne resteront pas vain. Après plusieurs année...
