s.o.s

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La peur. La peur incontrôlable de celle qui te prend aux tripes, qui te retourne les boyaux, qui te torture ; dans tous les sens du terme. Pas une peur sensée, expliquée, compréhensible. Juste une énorme peur irrationnelle, qui débarque, qui s'accroche à nous comme un parasite qui inspire notre oxygène et suce notre sang ; elle nous pompe notre confiance et notre insouciance. La peur vit de notre propres angoisses, elle s'alimente d'elle même et on se retrouve coincé dans cette boucle sans fin, subitement, sans qu'on s'y attende.
Souvent, j'ai envie de me casser de ce monde toujours plus oppressant mais je me reconstitue les voix des gens que j'aime me chuchotant que ça va aller, qu'ils sont là malgré les kilomètres, et ça va un peu mieux. Ça m'aide à ne pas craquer, à garder un peu d'espoir. Petite, quand je racontais mes projets de future spationaute, on m'avait souvent dit que l'espoir fait vivre ; et c'est vrai, malgré toutes les fois où j'ai pu en douter. L'espoir est comme un fil de survie parmi quelques autres, et si ce fil se rompt, alors je tombe. Comme n'importe quel vulgaire objet, je me fracasserai au sol, en dessous du niveau de l'eau même, mais je n'aurai plus ce poids constant sur les épaules, il sera tombé aussi, et ça en aura peut être valu la peine ?

Mais j'ai peur, toujours, et j'en crève presque.

easy come easy goWhere stories live. Discover now