Dans l'herbe, la nuit a déposé
des étoiles. Elles brillent comme des taches de sang
empoisonnées de bleu.
Le sel des yeux s'est dissous dans l'aurore
tandis que je marche, tête baissée, vers un soleil
noir dont je piétine l'ombre portée.
Voyez-vous, la mer garde à jamais
le secret de ses vagues,
le secret du vent,
le secret du sable arraché aux galets.
Voyez-vous, des eclats de vie
ont crevé ma peau. Et des mots
s'écoulent, par la blessure ouverte,
à flots, brume et miel mêlés.
Mais que pouvais-je faire de ce ciel?
Que pouvais-je faire de ces larmes?
De quelle manière étrange
je me sens soudain vivant.
