On l'appelait Al, et on venait d'attenter à sa vie. Encore. Et il avait dû renvoyer ses adversaires dans des récipients de la taille d'apéricubes. Encore.
Il poussa un soupir désespérer et se releva, tout en essuyant ses mains tachées d'un mélange de sang et de terre sur un mouchoir brodé tiré de sa poche. Ils n'apprendraient donc jamais ? Il était bien trop fort pour que de misérables sous-fifres comme ceux-là puissent lui faire la moindre égratignure. Il avait passé sa vie à s'entraîner, à devenir le meilleur, à devenir cette légende crainte de tous pour qu'on le remercie en lui envoyant ça l'assassiner ? Il émit un grognement d'indignation et se mit en marche d'une démarche lente et feutrée; d'une démarche de prédateur.
Outre sa démarche féline, son physique, son attitude et ses vêtements inspirais la crainte et le respect; ou qu'il passait il attirait les regards et même si il savait pourquoi, cela l'ennuyait prodigieusement. Pour commencer il était incroyablement beau. Pas le genre de beauté qui faisait de toi un dieu du stade, avec des abdos en béton armé et des biceps digne de Hulk. Nan, le genre de beauté froide, prédatrice, celle qui t'attire autant qu'elle te repousse ; une beauté digne de l'ombre qu'il représentait : sombre, charmeuse, qui captive et entraîne dans un piège pour mieux tuer. Il était de taille moyenne: un petit mètre quatre-vingt. Ses cheveux, d'un noir tellement profonds qu'ils semblaient aspirer la lumière du soleil lui tombaient un peu en dessous des épaules en un dégradé. Son visage angélique et parfait, assez mince mais avec une mâchoire légèrement prononcée était mis en valeur par des yeux dont le noir de l'iris semblait, chose improbable, plus foncé que la pupille. Il n'était pas du genre à être très musclé mais son corps en parfaite forme était constitué de muscle secs et nerveux; on sentait que même si ses biceps ne saillaient pas comme chez les bodybuildeurs et que ses pectoraux ne jaillissaient pas vers l'avant, que ses muscles étaient quand même bien marqués et sans doute travaillés avec soin. Outre cela, il était vêtu d'un pantalon de toile slim, d'une chemise et de chaussures entièrement noires sans la moindre trace d'une autre couleur. Par-dessus le tout venait la clé du spectacle : un grand manteau-cape noir qui le recouvrais entièrement jusqu'aux genoux et dont le capuchon était partiellement rabattu sur sa tête. Dans son dos, à l'aide d'un double-fourreau étaient attachées deux grandes épées et à travers l'ouverture à l'avant de son manteau l'on pouvait voir les manches de quelques poignards dépassés. Il avait l'apparence du parfait assassin, et cela le dérangeais de se faire remarque ainsi. La seule petite trace de folie vestimentaire sur sa personne était les bordures de son manteau : d'un doré pur elles donnaient un air de divin au personnage et semblait le doté de l'autorité d'une quelconque justice divine implacable.
Tout en s'éloignant de l'endroit ou gisaient désormais trois cadavres, il se retourna pour constater les dégâts qu'avait infligés son combat au petit café ou il sirotait tranquillement un thé avant que ne viennent les fauteurs de troubles. Pfffffff, pensa-t-il, il allait encore devoir rembourser le propriétaire. Mais ce n'était pas de sa faute; c'était eux qui venaient foutre le bordel dans sa vie, mais c'était toujours à lui de tout réparer. Bon, en y réfléchissant bien, la rénovation du bâtiment ne changerais même pas le contenu de son compte en banque, mais quand même; c'était l'intention qui comptais. Il jeta un dernier regard à ce qui était un quart d'heure plus tôt un restaurant-café; restaurant-café dont il ne restait que les fondations, et encore il n'en était même pas sûr, le reste ayant été réduit à un gros tas de gravats puis il détourna le regard et partis en direction de l'île Saint-Louis.
Tout en marchant avec sa démarche que lui seul possédait, il jeta un coup d'œil à ce qui l'entourait. Il se trouvait dans une des petites ruelles de la capitale française pour la première fois de sa vie et il était curieux de voir l'atmosphère se dégageant de l'endroit. Les murs des habitations jouxtant la venelle mal éclairée n'était lointains que de deux ou trois mètres, séparés par une allée de pavés mal entretenus. Tous types de personnes fréquentait cet endroit; cela allait de la jeune femme en tenue de sport de couleur flash qui faisait son jogging matinal jusqu'au vieil homme partis de bon matin faire ses courses de la semaine en passant par le couple de trentenaire qui se tenait la main tout en se murmurant on ne sait quoi à l'oreille et en poussant des gloussements idiots. Décidément, se dit-il, que l'on soit à Budapest, à Berlin, à Londres ou à Paris, le commun des mortels se comporte toujours de la même manière. Et comme déçu de son observation, il accélérât le pas en se dépêchant d'en finir avec cette corvée qu'était de marcher dans un endroit où il n'était décidément pas à l'abri ou ne serait-ce que maître de la situation.
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Spiridam
FantasyImaginez un monde comme le notre mais avec quelque chose de différent, quelque chose comme .... oui ! c'est ça : quelque chose comme de la magie! Al est un jeune mage qui vit dans ce monde ou se mêlent hommes et autres créatures extraordinaires. C'...
