Je trahirais demain. Pas aujourd'hui.

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La salle est sombre. Je trahirais demain. Pas aujourd'hui. Un rai de lumière fuse entre les barreaux éclairant très faiblement la pièce froide. Je suis assise, les bras liés et ensanglantés. Je ne sais même plus d'où viens tout ce sang. De mon nez ? Je sens qu'il est cassé. De mon oreille ? La droite. Ils me l'ont coupée. De mon oeil ? Mes paupières sont collées. Le sang, coagulé. De mon crâne ? Il est fendu, ébréché. De mon pied ? On me l'a enlevé.

Je ne pourrais pas plus résister. Je me suis battue, sans que l'on vienne me sauver. J'ai espéré, mais voilà que je ne peux plus, je suis à vos pieds.

Je sais. Jamais vous ne m'achèverez, et, dans l'obscurité je réfléchis à comment arrêter ce supplice. Au milieu des rats, et dans le noir, je médite. Le froid lancinant du fer de mes bracelets. La douleur cuisante des souffrances endurés. Mes dents claquent, claquent dans un rythme endiablés. Je trahirais demain. Pas aujourd'hui. Alors je frotte, frotte mes poignets aux menottes. Elles sont ébréchées, mes poignets salement coupés. Mes veines seront taillées, j'en met ma main à couper. Vous ne savez pas, le bout de mon courage. Moi je sais. Alors je tranche la peau tendre contre l'acier trempé. J'écorche, j'ébrèche, je met à feu et à sang. Ce n'est rien face à vos tortures. Vous êtes le fer. Vous êtes la flamme. Vous êtes la mort.

Demain.

Je trahirais demain. Lorsque mes yeux seront clos, et que ma sève prendra racine à mon pied.



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