Daphnée

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– Tu veux encore un peu de Champ' ? me demande JP avec son sourire ravageur, mais dont il sait qu'il n'aura aucun effet sur moi...

– Avec le week-end que je viens de passer ? Avec plaisir ! Ça creuse la baise !

– Ah oui, au fait, raconte-nous... me demande Laurence en posant des olives sur la table du salon de jardin et en se lovant amoureusement dans les bras de JP.

JP et Laurence, mes amis de tout temps, sont toujours friands des comptes rendus de mes escapades libertines. Et n'étant pas spécialement prude et avare de détails...

Nous nous sommes connus à la fac... Glandeurs invétérés, nous avons raté en même temps nos partiels, nos exams, notre scolarité ! En revanche, nous avons été lauréats de la plus belle amitié qui soit. Indissociables, indestructibles et loyaux les uns envers les autres ; nous ne nous sommes jamais lâchés.

Et quand JP a voulu monter une boîte de communication/marketing après avoir hérité de l'imprimerie de son oncle, nous l'avons suivi, Laurence et moi. À nous, les nuits blanches, les squats dans l'atelier afin de ne pas payer de loyer, les prises de vue pseudo-pros que nous vendions avec conviction, les créations réalisées à six mains et qui remportaient les suffrages. Ensuite, sont venus les succès des campagnes de pub qui ont amené d'autres succès, jusqu'à cette opportunité de fusion avec la société Leiton, déjà bien implantée dans le domaine du luxe, dont nous avions réalisé une campagne sans faille. Le vieil homme à la tête de cette entreprise à dimension humaine nous avait pris en affection... enfin, surtout JP car c'était un homo notoire, et il lui avait proposé une association. Lorsqu'il s'est éteint, c'est naturellement JP qui a été promu à la tête du groupe et nous nous sommes donc encore plus investis dans son développement.

Aujourd'hui, nous sommes leader d'une holding qui possède des sociétés dans la maroquinerie de luxe, l'organisation d'événementiels d'exception, les médias, la communication et, plus récemment, dans le vignoble et le tourisme un peu particulier, dont je suis spécialement en charge du développement.

– J'ai atterri à Heathrow vendredi soir. Le chauffeur m'attendait comme convenu. Après une demi-heure de route, j'ai découvert un petit paradis de verdure... Honnêtement, on pourra l'ajouter à notre catalogue ! Belles prestations, calme, discrétion... vraiment un bel établissement... et puis alors, la fréquentation... belles prestations aussi, si vous voyez ce que je veux dire ! Des étalons dotés de queues fantastiques !

Laurence rougit et regarde JP, gênée ; lui, affiche un sourire franc. Je suis toujours amusée de la candeur de mon amie qui devrait s'être tout de même habituée à mes besoins atypiques depuis le temps.

– Le directeur m'a expliqué qu'ils organisaient des week-ends libertins tous les premiers samedis du mois. C'est ouvert à une clientèle sélecte et initiée. Il faut que je donne de ma personne pour nous dégoter des lieux pareils... Dis donc, JP, je pourrais avoir une prime quand même, je bosse le week-end !

– Tu ne vas pas me dire que cela te dérange ? rétorque Laurence en riant. C'est le seul moyen que tu as trouvé « pour prendre ton pied sans t'angoisser avec le quotidien » selon tes propres dires !

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