Le nombre de filles s'amplifiait à chaque seconde. Elles voulaient toutes voir le nouveau : c'est-à-dire moi.
J'étais submergeais par le genre féminin. Au moment où une brune aux yeux de chats me posa《la》question, toutes les autres firent de même. J'ai eu droit à des questions de divers natures : Comment tu t'appelles ? Tu as quel âge ? Tu habites où ? C'est quoi ton genre de fille ?
Elles se pressaient, se poussaient, limite se griffaient pour m'atteindre. Heureusement, la sonnerie, annonçant la fin de la récréation, me sauva de leur étreinte. À croire qu'elles n'avaient jamais vu un mec de leur vie.
J'attendis tranquillement devant la salle de classe où j'allais commencer mon premier cours dans ce bahut qui devenait de plus en plus étrange. Je jetai un coup d'oeil discret dans la pièce. Celle-ci étaient de taille moyenne, des bureaux en bois à deux places occupaient la majorité de la salle et un tableau à craies était suspendu sur le mur. Le professeur se tenait devant son bureau et rangeait un tas de papiers. Quand il m'a vu, il me fit signe d'approcher. Je franchis le seuil de la salle d'un pas nonchalant.
- Jace West ? C'est bien cela ?, me demanda-t-il en me regardant par dessus ses lunettes du XXè siècle.
- Oui.
Il me fit un sourire.
- Bien, j'ai beaucoup de papiers à vous donner. Et il faudrait que je vous parle de quelque chose d'important. Vous viendrez me voir en fin d'heure, d'accord ?
- Oui.
Le professeur se tourna vers les élèves qui s'impatientaient devant la salle.
- Entrez, répliqua le prof. Asseyez-vous sur vos place habituelles, s'il vous plaît.
Il attendit patiemment que les élèves s'installent puis poursuivit d'une voix plus forte, pour bien se faire entendre.
- Voici votre nouveau camarade, Jace West, il est arrivé il n'y a pas longtemps, je vous demande de l'accueillir convenablement, est-ce claire ?
La classe rétorqua un grand "oui".
Je regarderai le professeur qui scrutait la salle à la recherche de quelqu'un, son regard s'illumina lorsqu'il trouva enfin.
- Jace, vous allez vous assoir à côté de Mlle Reed, me dit-il en pointant du doigt une fille rousse près de la fenêtre.
Je pris place à côté de la fille. Celle-ci me jeta un bref regard pour ensuite retourner dans sa leçon d'histoire. Je reçu un petit pincement au coeur. D'habitude les filles n'arrivaient pas à détacher leur regard de moi. Sans exemptions. Pourtant, la voici qui est absorbée par son cours, au lieu de moi. Je le perçu comme un défi. Que je devais à tout prix gagner.
- Salut, dis-je d'une voix pleine de charme. Je suis Jace.
Au bout de quelques secondes, elle se tourna enfin vers moi. Ses yeux bleus me fixait. Je cru un instant qu'elle allait céder.
- Je sais, lâcha-t-elle froidement.
J'en restai sans voix.
Durant l'heure qui suivit, le professeur leurs rendit le contrôle qu'ils avaient fait hier. Quand il donna la copie à la fille, j'aperçus un dix-neuf sur vingt. Un sourire s'afficha sur mes lèvres.
- On aime bosser à ce que je vois ?, répliquai-je ironiquement.
Pour toute réponse, elle me jeta un regard noir de reproches.
Dès que la sonnerie retentit, j'allais sortir et oublier cette fille, quand tout à coup je me souvins que je devais aller voir le prof en fin d'heure.
Ce dernier était assis à son bureau, les lunettes posées sur une pille de livre.
- Vous aviez dit que je devais venir, alors je suis là, dis-je d'un ton un peu trop brusque.
- Ah oui, Mlle Reed, venez vous aussi.
La fille s'avança vers nous d'une démarche hésitante. Elle avait attaché ses cheveux roux en une queue de cheval basse.
- Oui monsieur ?
Notre professeur nous regarda tour à tour, puis déclara :
- Jace, vos parents ont insistés pour qu'on t'aide au mieux dans tes résultats, et ma seule solution à été de te confier Mlle Reed comme, disons, un deuxième professeur. Elle vous aidera à avoir de meilleures notes.
J'en revenais pas. Mes parents avaient encore fait des choses derrière mon dos. Comme à chaque fois qu'on déménageaient.
Je n'arrivais pas à le croire. Pourtant ils m'avaient promis de me tenir au courant de tout. Une rage horrible envahit mon corps. Je cherchais du regard la porte de sortie, si je restais là encore ne serait-ce qu'une seconde de plus, j'allais tout défoncer.
- C'est pour votre bien, entendis-je le professeur.
S'en fut trop. Je lui lançai un regard assassin avant de répliquer d'une voix à glacer le sang :
- Pour mon bien hein ? Parce que j'ai l'air si débile ! J'ai pas besoin d'aide et surtout pas d'elle !, criai-je en désignant la fille rousse.
Sur ce, je quittai la pièce à toute allure.
Je ne voyais plus rien. La colère englobait tout. Je devais sortir de ce bahut pourri avant que je ne pique une crise et que je casse tout. Je dévalai les escaliers telle une voiture de course. J'étais tout près de la sortie quand j'entendis une légère voix féminine derrière moi.
- Attends...
Je me tournai et vit, en haut des marches, la fille au cheveux roux qui《devait》m'aider.
- Dégage !, crachai-je.
Mais elle ne fit rien. Elle s'avançait vers moi, comme si rien ne s'était passé, comme si je ne lui avait pas gueulé dessus. Elle était vraiment suicidaire.
Dès qu'elle fut assez près, elle stoppa net sa démarche.
- Qu'est-ce que tu m'veux !,criai-je fou de rage.
Je chassai rageusement une mèche de mes yeux.
- Te parler, répondit-elle calmement.
Les battements de mon coeur ralentirent doucement. Je respirais encore fort et bruyamment mais au moins, je ne voulais plus la taper. Je fermai les yeux et inspirai un bon coup.
- Vas-y, déclarai-je sur un ton encore agressif.
- Moi n'en plus je veux pas faire ça, mais c'est le seul moyen d'empêcher M.Bernard de pourrir mon dossier.
Un blanc troublant s'installa dans la cage d'escalier. Je ne pouvais plus me retenir et j'éclatai de rire.
- Tu as fais quoi de mal, tué une mouche ?, répliquai-je hilare.
- Ça te regarde pas, déclara-t-elle froidement.
À présent, on se fixait droit dans les yeux, sans rien ajouter. Mon cerveau tournait à mille à l'heure. Je ne savais pas quoi répondre ni choisir. Devrais-je accepter ? Ou alors l'envoyer balader ?
C'est alors que le regard de la jeune fille changea et devint plus doux. C'est yeux s'agrandirent légèrement et semblaient briller.
Je lâchai un juron.
- Ok, dis-je, mais si jamais ça ne marche pas, tu me laisse tranquille ?
- Il faut que tu y mettes du tien, sinon c'est sûr que ça ne marchera pas, affirma la rousse.
Je pousse un soupir exagéré. Je commence à faire les cents pas dans la cage d'escaliers. Je réfléchis.
Au bout de cinq minutes, j'osai poser la question qui me rongeait depuis le début :
- Tu ne t'appelles quand même pas Mlle Reed ?, ironisai-je en souriant.
Elle aussi sourit. Des fossettes se sont formés au creux de ses joues.
- C'est M.Bernard qui l'utilise sans cesse, se plaignit-elle en baissant le regard, je m'appelle Emma.
Elle me tendait une petite main tremblante, et je la saisis sans la moindre hésitation.
***
J'étais confortablement installé dans un des fauteuils en cuir noir, qui coûtaient une fortune, en train de regarder la télévision, lorsque mes parents arrivèrent. Ils revenaient d'un restaurant chic. À chaque fois qu'on déménageaient, ils avaient cette stupide tradition d'aller dans un des restaurants les plus riches de la ville. Quand ils m'ont aperçu, leurs sourire s'effacèrent. À croire qu'ils ne voulaient pas que je sois dans le salon, à ce moment précis.
- Bonjour maman, bonjour papa, dis-je d'une voix pleine de sarcasmes.
Jamais je n'utilisais ces termes pour les appeler. Jamais. Sauf quand j'étais de mauvaise humeur ou que je venais d'apprendre quelque chose qui me déplus. Et ça, ils le savaient parfaitement. Ma mère posa nerveusement son sac à main sur une table basse, mon père enleva difficilement sa cravate, et ils se dirigèrent vers moi. Je croisai les mains, une par une, pour les faire stresser encore plus.
- Jace, nous sommes heureux de te voir, comment ça c'est passé le lycée ?, me demanda ma mère angoissée.
- Oh, très bien. Mon professeur d'histoire m'a gentiment informé que j'avais besoin d'aide et que c'est vous qui avaient insisté pour qu'une jolie fille m'instruis, déclarai-je d'un ton accusateur.
Mes parents se sont regardés. Ma mère fit signe à mon père de prendre le relais.
- Jace, ce n'est pas..., commença ce dernier.
- Arrêtez de me prendre pour un con !, m'emportai-je, vous avez promis, vous avez promis de ne plus rien faire dans mon dos !!
Je balancai mon verre contre le mur. Ma mère sursauta sous le choc et mon père se leva qui en eu assez de mes conneries.
- Jace, calme-toi.
- Non, je me calmerai pas ! J'en aie marre de cette putain de vie, j'en aie assez de vivre dans le mensonge !
Je ne contrôlais plus rien. La rage prenait le dessus. Comme à chaque fois que je me disputais avec eux.
- Ton langage ! Je t'interdis de nous parler sur ce ton !, cria mon père.
J'éclatai d'un rire sauvage. Après ce qu'ils m'ont fait, ils osent encore me donner des règles, m'interdire des choses et se comporter comme de vrais parents. Ils se foutaient de moi ?
- Ha ! Ça c'est la meilleure ! Vous n'êtes jamais là, jamais ! À longueur de journées je suis seul, et tu oses encore te conduire comme mon père ?, hurlai-je.
J'en avais assez. Fou de rage, je les laissai là, seuls dans la confusion totale, et je m'enfermai dans ma chambre, en bien claquant la porte. Je donnai un violent coup de pied dans un carton remplit de livres, manquant me défoncer la cheville.
Cela me rendait dingue !
Comment pourrais-je encore arriver à les supporter ? Ils ne faisaient que me mentir. J'avais l'impression que c'était un don. Il me promettent un truc et paf, le jour suivant ils me sortent une excuse bidon du genre :《on a oublié, on a été retenu au travail...》.
À force de les entendre inventer ses conneries, je ne les crois plus. C'est à cause d'eux que ma vie est devenue un véritable enfer. Avant que tous cela arrive, j'étais un enfant model, qui faisait la fierté de ses parents, qui travaillait bien, et qui ne posait aucun soucis. Mais maintenant, la seul chose que je savais faire le mieux c'était de me bourrer la gueule et de taper tout ce que je croisais. Rien à voir avec le précédent cas.
La nuit commençait à gagner du terrain. Après avoir pris ma douche, je me couchai sur mon lit à deux place en songeant à la fille rousse. Je savais que je m'étais comporté comme un vrai idiot et qu'elle m'en voulait certainement à mort mais quelque chose me disait que j'ai bien fais d'avoir accepté ce marché.
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Voilà un chapitre sur Jace, pas très jolie mais c'était essentiel pour la suite. J'espère qu'il vous a plu.
Bisou.
E.
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Need Love
Romance[Fiction tout droit sortie de mon imagination ] Emma Reed , une jeune fille simple et assez jolie, rêve depuis le collège du "Grand Amour". Elle n'est ni populaire, ni attirante, ni quoique ce soit. Emma est juste elle. Pourtant cela suffira car u...
