L'ordonnance

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J'attendais chacun de ses messages comme le messie. Il avait l'art et la manière de me faire languir. Impatiente, je scrutais l'horloge de chez moi. Toujours à la même heure, 10 heures du matin. Une notification, le premier ordre de la journée.

Il avait pris l'habitude d'attendre cette heure pour m'envoyer son premier message, sa routine matinale étant déjà bien remplie. Et ça m'allait bien, car je n'étais pas du matin. J'étais capable de me lever à 6h30 comme à 9h30, selon l'heure à laquelle je m'étais enfin endormie la veille. Et j'insiste sur le « enfin », car je suis toujours au lit vers 22 heures, heure tout à fait convenable pour moi. Mais entre Insta, mes lectures et les heures passées à converser avec Monsieur G, je ne m'endors jamais dans la foulée. On s'écrit et, parfois, on s'appelle durant des heures. Et quand arrive minuit, j'ai toujours droit à mon premier vrai message de la nouvelle journée. Oui, oui, passé minuit, Monsieur G se montre tendre une dernière fois. Alors au réveil, je lis toujours son petit « Bonjour douce fleur, le soleil va se lever quand tu entameras ta phase de sommeil profond. Car je t'aurai encore retenue trop longtemps. Bon réveil ma douce et à plus tard pour la première ordonnance. » Il a donc installé ce rituel qui me permet d'être happée dès le réveil. Donc attendre l'heure fatidique devient long, très long.

Je m'affaire à terminer une dernière tâche quand à 10 heures tapantes, je reçois la fameuse ordonnance du jour. Toute excitée, je consulte : « Rebonjour ma fleur, je voudrais que tu t'insères le plug que je t'ai offert la dernière fois et que tu le maintiennes en place jusqu'à 14 heures. Tu ne dois l'enlever sous aucun prétexte. Et de toute façon, il a un tracker sensoriel. Je saurai s'il est dans ton cul ou pas. Je t'appelle à 14 heures, Monsieur G. PS, tu as cinq minutes pour l'enfiler à partir de la lecture de ce message. Pas une minute de plus. »

Je souris, jaune. Il sait parfaitement que le dernier plug qu'il m'a offert, en forme de queue de lapin, est un véritable casse-tête tant il est gros. Monsieur G est sadique à ses heures, mais j'adore ça. J'aime qu'il me mette au défi. Je retire alors rapidement ma culotte que je venais d'enfiler pour le confort. Puis je cours dans la salle de bain chercher mon lubrifiant. Il ne me reste que trois minutes.

Je reçois soudainement un appel. J'hésite à répondre. Chaque minute compte et je ne sais pas ce qu'il a prévu de me faire si je dépasse le timing. La sonnerie de mon téléphone est incessante. Je regarde l'écran, c'est lui. Pourquoi m'appelle-t-il ? Ce n'est pas dans ses habitudes. Le tube de lube dans la main, je décroche.

-Oui monsieur G ? je m'exécute, dis-je, penaude.

- Sans le lubrifiant.

Je n'ai pas le temps de rétorquer qu'il raccroche. Et paradoxalement, l'avoir entendu avec ce ton sec et imperturbable m'a complètement excitée. Je sens ma mouille inonder ma chatte. J'attrape alors vite le plug. Deux minutes. Je le badigeonne de ma cyprine coulante et l'enfonce progressivement dans mon anus. Une minute. Punaise, ça glisse. Mon cul rejette l'objet identifié. Trente secondes. Je repense à sa voix, à ce qu'il me ferait si j'échouais, à ce qu'il m'a déjà fait. Quinze secondes. Je respire un bon coup, tends mon cul au maximum et parviens enfin à mettre le plug bien au fond, calé.

Je pousse un soupir. Je retourne à la salle de bain et me mate dans le miroir. J'ai l'air maligne à 10h05 avec une queue de lapin dans le cul. Il me manquerait plus que la tenue et les oreilles. Heureusement qu'aujourd'hui je suis en télétravail. Merde, je me souviens. J'ai une visio pro à 11h. Les emmerdes commencent.

Flora Negra - Août 2026

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