Mon histoire..

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15 octobre 2004...

— Ari ! Descends tout de suite !
J'entendis ma mère crier depuis le bas des escaliers.
Je soupirai, fermai mon cahier et descendis.
— J'arrive...
Quand je suis arrivée en bas, mes parents étaient assis à table. Ma mère avait une feuille dans les mains.
Je savais déjà ce que c'était.
— C'est quoi ça ? demanda mon père en regardant la feuille.
Je ne répondis pas.
— Je te parle, Ari.
— Mes notes...
Ma mère posa la feuille sur la table.
— 7 sur 20 en maths ? Sérieusement ?
— J'ai essayé...
— T'as essayé ?! Mais tu avais combien de temps pour réviser ?
— Je sais pas...
Mon père se leva d'un coup.
— Tu sais jamais rien ! Tu passes ton temps sur ton téléphone au lieu de travailler !
Je baissai la tête.
— Désolée...
— Désolée ? Ça va pas changer ta note !
Je sentais mes yeux commencer à pleurer.
— J'ai vraiment essayé...
Ma mère soupira.
— On veut juste que tu réussisses Ari, mais tu fais aucun effort.
Cette phrase m'a fait vraiment mal.
Parce que j'essayais.
J'étais juste pas assez bien pour eux.
— Je vais remonter mes notes...
— T'as intérêt, répondit mon père.
Je remontai dans ma chambre sans rien dire.
Je fermai la porte derrière moi et m'assis sur mon lit.
Je regardai mes devoirs.
Puis ma feuille avec mon 7 sur 20.
Je détestais cette maison.
Je détestais leurs cris.
Et surtout...
je me détestais.
3 novembre 2004...
Ça ne s'était pas arrangé.
Mes notes continuaient de baisser et mes parents continuaient de m'engueuler.
— Tu fais exprès ou quoi ?!
Mon père venait de jeter mon bulletin sur la table.
— 6 en histoire, 8 en maths, 9 en français...
Il me regarda énervé.
— Tu veux faire quoi plus tard avec des notes comme ça ?
— Je sais pas...
— Bah oui, évidemment que tu sais pas !
Ma mère me regarda.
— Ari, regarde-nous quand on te parle.
Je levai les yeux.
— Je suis fatiguée...
— Fatiguée de quoi ?! T'as que quinze ans !
Je ne répondis rien.
— Tu nous déçois énormément, Ari.
J'avais l'impression qu'un truc s'était cassé dans ma poitrine.
Je montai vite dans ma chambre.
Cette fois, je claquai la porte.
Je m'allongeai sur mon lit avec mon oreiller.
Je voulais juste que tout s'arrête.
18 novembre 2004...

La dispute de ce soir-là était pas comme les autres.
Elle était beaucoup plus violente.
— Tu ne sers à rien !
Mon père criait tellement fort que j'avais l'impression que toute la maison tremblait.
— Arrêtez...
— Regarde tes notes ! Regarde-toi !
— J'AI DIT ARRÊTEZ !
Ma mère me regarda avec de grands yeux.
Je n'avais jamais crié comme ça.
— Ari...
— Vous êtes jamais contents ! Même quand j'essaie, vous êtes jamais contents !
Mon père s'approcha.
— Monte dans ta chambre.
— Non.
— Qu'est-ce que tu viens de dire ?
— J'ai dit non !
Il y eut un gros silence.
Je regardai mes parents.
Puis je regardai autour de moi.
Cette maison.
Cette famille.
Cette vie.
Je sais pas ce qui m'est passé par la tête à ce moment-là.
Je sais juste que j'étais tellement énervée...
que j'ai arrêté de réfléchir.
J'ai pris ce que j'avais sous la main.
Et j'ai mis le feu.
Au début, je pensais que ça allait juste leur faire peur.
Je voulais qu'ils comprennent ce que je ressentais.
Je voulais qu'ils aient peur comme moi j'avais peur.
Mais les flammes ont commencé à devenir énormes.
Et là j'ai compris que j'avais fait une énorme connerie.
Quelques minutes plus tard...
— Il faut sortir !
Je courais vers la porte d'entrée.
La fumée me piquait les yeux et je toussais.
J'attrapai la poignée.
Mais la porte voulait pas s'ouvrir.
— Non...
Je tirai dessus encore et encore.
Puis j'entendis un énorme bruit.
Un arbre venait de tomber sur la maison.
Une grosse branche avait traversé le mur et bloquait la sortie.
— NON ! NON NON NON !
J'essayai de la pousser.
Elle bougeait pas.
La fumée devenait de plus en plus épaisse.
Je pleurais.
— À L'AIDE !
Personne ne répondait.
Puis j'entendis un gros craquement au-dessus de moi.
Le toit allait tomber.
Je paniquai et cherchai une autre sortie.
J'en trouvai finalement une.
Je courus vers l'ouverture.
Mais au moment où je passai...
Une branche en feu me frappa en plein visage.
— AAAAAH !
Je tombai par terre.
J'avais tellement mal.
Je mis ma main sur ma joue.
Du sang.
Beaucoup trop de sang.
Puis je me suis évanouie.
Quelques heures plus tard...
Quand j'ouvris les yeux, j'étais dehors.
Je voyais personne.
La maison brûlait encore derrière moi.
Je me relevai difficilement.
— Maman... ?
Aucune réponse.
— Papa... ?
Toujours rien.
C'est là que j'ai compris.
J'étais toute seule.
Complètement toute seule.
Je mis ma main sur mon visage.
Je sentais la blessure.
Je savais déjà que la cicatrice allait rester.
Pour toujours.
Je me suis mise à pleurer.
Mais après quelques minutes...
j'ai arrêté.
Je regardai la maison brûler.
Et pour la première fois depuis longtemps...
je ne ressentais plus de tristesse.
Juste de la colère.
Une énorme colère.
Et quelque part dans cette colère...
quelque chose avait changé.
Quelques semaines plus tard...
Je n'étais plus vraiment la même.
Au début je cachais ma cicatrice.
Puis j'ai arrêté.
Pourquoi j'aurais honte ?
C'était maintenant une partie de moi.
Un souvenir de cette nuit.
Je commençai à sortir la nuit.
Je marchais seule sur les routes désertes.
Et un soir...
j'ai rencontré quelqu'un.
C'était un garçon.
Il me regarda longtemps avant de demander :
— Qu'est-ce qui t'est arrivé au visage ?
Je touchai ma cicatrice.
— Tu la trouves moche ?
Il hésita.
— Non...
Je souris un peu.
— Tant mieux.
Je sortis mon couteau.
Il recula.
— Attends... qu'est-ce que tu fais ?
Je m'approchai doucement.
— Je veux juste que tu me ressembles.
— Ari...?
Je savais même pas comment il connaissait mon prénom.
Je souris.
Puis tout devint silencieux.
Depuis ce jour...
Je continue de marcher la nuit.
Je croise des gens.
Je les regarde.
Et parfois...
je leur laisse quelque chose.
Une nouvelle cicatrice.
La même que la mienne.
Parce qu'au fond...
je veux plus être toute seule.
Je veux que quelqu'un me comprenne.
Je veux que quelqu'un ressente ce que j'ai ressenti.
Alors si un soir tu me vois au bord d'une route...
viens pas vers moi.
Et surtout...
me demande pas ce qui est arrivé à mon visage.
Parce que je pourrais te répondre.
Et si tu me vois toucher ma cicatrice...
il sera sûrement déjà trop tard.
Je te regarderai.
Je sortirai mon couteau.
Et je te dirai simplement :
— T'inquiète pas...
Je vais juste te rendre un peu plus jolie.
Comme moi.

Ari.The.Killer..Stories to obsess over. Discover now