Prologue

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Il n'est pas simple, de nos jours, de vivre en marge de la société. Surtout quand nous sommes loin d'être dans les critères. Pour se respecter un minimum dans ce monde, il faut absolument ce dont tout le monde attend de nous, être beau. Après tout, n'est-ce pas ce que tout le monde montre à la télévision ? sur les réseaux sociaux ? Les publicités ? Les magazines ? Même si, je dois bien le reconnaître, la beauté est subjective, il est d'autant plus vrai qu'il y a un minimum à respecter.

Nous avons tous un amour-propre, ne le nie pas. Beaucoup d'entre vous, et nous le savons tous, vous suivez et likez de belles femmes et/ou de beaux hommes pour le simple plaisir de regarder. Bien sûr, certaines personnes sortent du lot mais sont néanmoins belles et acceptées par la société grâce à leurs talents. Je vous vois me dire "la beauté n'est pas que extérieure mais aussi intérieure" mais, de nouveau, soyons sincères une seconde, soit vous êtes une personne moche, soit vous êtes une hypocrite.

Dans tous les cas, nous sommes dans une société où nous sommes envahis par un critère de beauté, autant homme que femme, à respecter pour être aimé, accepté. Beaucoup d'entre nous ont la chance d'avoir récupéré les gènes de nos parents et d'autres ont travaillé très dur pour l'avoir, ou ont beaucoup d'argent.

Eh bien, ce n'est malheureusement pas le cas de Poe Miller. Pourtant, elle aurait pu récupérer la beauté de sa mère, qui est exactement ce qu'on veut d'une femme, ou alors la beauté brute de son père avec ces origines des îles. Poe n'a rien eu de tout cela. Déjà bébé, elle n'était pas un beau bébé.

Tout le monde s'accordera à dire que souvent un bébé, ce n'est pas toujours beau, on ne le dit pour ne pas vexer les parents ou on dira plutôt qu'il est choupinet.

Pour Poe, bien, ce fut un bébé en bonne santé. La mère, Ashley Miller, et son mari, Tavi Mai, ont trouvé un prénom à ce truc tout potelé. Le père décida que son enfant s'appellerait Poe, qui veut dire perle en tahitien. Assez ironique maintenant que j'y pense, un bébé qui était déjà gros aura le prénom qui fera penser à ces rondeurs.

Bien évidemment, on pourrait se dire qu'en grandissant, l'enfant pourrait devenir plus maigre, plus joli, mais pas pour Poe. Et non, plus elle grandit, plus ces formes la suivent. Ashley avait pourtant tout fait pour que sa fille suive aussi un régime afin qu'elle puisse avoir une silhouette aussi élancée que celle de sa maman. À peine 2 mois après avoir accouché, la femme avait presque repris son poids initial et a pu reprendre son travail de styliste.

Madame Miller n'aime pas trop son enfant. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. À vrai dire, le nez de sa fille. Par contre, son père Tavi, lui, aimait sa Poe, sa perle. C'était peut-être bien le seul. Dès qu'il le pouvait, l'homme passa autant de temps que possible avec elle. C'était sa petite princesse guerrière, comme il aimait l'appeler, quand c'était "ma petite perle". Tavi passait son temps libre à jouer avec Poe, à l'amener avec lui pour faire découvrir le monde à son enfant chéri. La fillette était heureuse, bien portant, même si déjà à l'école, les moqueries commencèrent, rien ne pouvait entacher sa joie quand elle voyait son papa.

Cependant, toutes les belles choses ont une fin. Son père, militaire de l'armée de terre, fut envoyé en mission dans un pays. Poe n'avait pas bien compris pourquoi son papa devait partir là-bas. Sa mère, avec une aussi grande délicatesse qu'un pachyderme dans une boutique de porcelaine, lui expliqua que son mari devait se battre pour un pays qui avait reçu des armes, provenant de leurs propres pays, afin de massacrer un peuple qui n'avait pas la même vision qu'eux. Bien évidemment, à l'âge de 7 ans, la jeune fille ne comprit pas tout. La seule chose qu'elle a comprise, c'est que son père était un héros. Oui, enfin seulement quand ceux-ci furent ramenés dans une boîte en bois avec le drapeau du pays dessus.

Besoin d'amour dans cette graisseStories to obsess over. Discover now