Chapitre 1 : La rupture

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Le vent frais d'automne souffle sur la banlieue parisienne. Le sol est glissant et humide, les chaussures et le bas du pantalon de Gabriel étaient humides. Il était fatigué. Il avait l'impression de ne plus avoir dormi depuis la campagne présidentielle. Il avait été nommé ministre des Comptes publics depuis six mois et il avait l'impression qu'il allait y laisser sa peau. Sa vie personnelle s'était écroulée depuis. Il ne voyait presque plus Stéphane. Il expira lourdement quand il ouvrit la porte de son appartement. Stéphane était assis à la table, en train de manger des spaghettis. Il avait l'air tendu. Gabriel ne dit pas bonjour. Il partit dans la chambre à coucher et prit quelques minutes avant de le rejoindre.

- Salut, Steph. Tu as passé une bonne journée ?

Gabriel demande. La question tombe de manière maladroite. Comme un poids lourd sur une petite rue de campagne. Gabriel s'assied et se sert une assiette avant de regarder Stéphane. Et il se rend compte qu'il est assis en face d'un inconnu. Il sait compter les fois où ils ont parlé depuis sa nomination sur les doigts de la main.

- Oui, c'était long. Et toi ? répond Stéphane, sans émotion, en empalant violemment une pâte sur sa fourchette.

- Pfft, oui, fatiguant. Les gens au bureau m'énervent actuellement.

Il y a un long silence entre les deux amoureux. Ils se regardent, mais leurs yeux sont vides. Ils continuent leur repas en silence. Quand Stéphane pose son assiette dans l'évier, il regarde Gabriel à nouveau.

- Laisse-moi deviner, ils ont peur que j'intervienne dans ton travail.

Stéphane expire par le nez de manière frustrée. Gabriel se masse le haut du nez avant de répondre.

- Oui, apparemment, notre relation leur pose un problème.

Le ton froid de sa propre voix le surprend. Il sait qu'il vient de jeter les dés. C'est fini. Il va tout détruire, tout foutre en l'air, comme son anxiété lui avait toujours soufflé à l'oreille. Stéphane ne voit pas le torrent derrière les yeux de Gabriel. Comment pourrait-il ? Ils ne se parlent plus.

De son côté, Stéphane regarde Gabriel avec des yeux humides. Il est blessé par le peu de temps que Gabriel lui accorde. Il aime Gabriel et il déteste ce qu'il devient.

- Comme si on se voyait assez souvent pour que je puisse faire de l'ingérence dans tes dossiers. Tu n'es jamais à la maison. Et même quand tu y es, tu es à moitié dehors, en train de penser à ton travail.

Gabriel sait que Stéphane a raison. Toutes les accusations sont vraies et il est coupable de tout ce que lui reproche Stéphane. Gabriel soupire. Il ne sait pas comment le dire à Stéphane. Il reçoit tellement de messages homophobes en ce moment que c'est difficile pour lui. Il a honte d'être qui il est.

- T'as raison, Steph.

Gabriel s'avoue vaincu.

- Gaby, tu es sérieux ? Tu te laisses faire comme ça ? On est plus forts que ça.

Gabriel reste silencieux. Il s'assied, pensif, sur le canapé. Il est tellement rempli d'émotions qu'il ne ressent plus rien du tout.

- Tu as raison, Steph. On doit savoir trouver une solution. Le fait qu'ils nous voient comme un problème éthique, ça peut s'arranger.

Stéphane soupire à son tour. Il se penche en avant et pose ses coudes sur le canapé en cuir.

- Et le problème de temps, on en parle ? rétorque-t-il.

- Je sais, Steph, je sais. Tu sais que je m'en veux. J'essaie de mon mieux. Et puis, il faut qu'on trouve une manière de sauver notre couple sans mettre en péril notre carrière.

Trop beauDes histoires addictives. Découvrez maintenant