Le fard à joues ne cache pas les bleus de l'âme, mais il s'impose comme une excellente contrefaçon pour masquer la terreur.
Devant le miroir en pied de la loge, Léa ajuste la soie blanche de sa robe. Ses mains tremblent légèrement. Ce n'est pas le trac habituel d'une artiste s'apprêtant à exposer ses toiles. C'est la certitude d'avoir signé un pacte avec le diable. Sur son annulaire gauche, le diamant de deux carats pèse une tonne. Une menotte étincelante. Une promesse de soumission déguisée en conte de fées.
Léa déteste cet homme. Je déteste sa présence, son pouvoir absolu, et la façon dont son regard semble pouvoir la condamner à mort.
Une silhouette massive se découpe dans l'encadrement de la porte. Le parfum boisé et métallique d'Enzo sature instantanément la petite pièce. Dans le reflet de la glace, ses yeux sombres accrochent les miens. Le boss de la mafia, l'homme dont le nom fait plier les puissants, s'avance à pas de loup.
Il s'arrête juste derrière moi. Sa main se pose sur ma clavicule, le contraste de sa peau sombre sur la pâleur de ma peau me fait frissonner malgré tout.
— Tu es superbe, Princesse, murmure-t-il d'une voix grave, faite de velours et de gravier. Mais tu oublies de sourire. Les photographes dehors doivent croire que tu m'aimes.
— Je préférerais sauter d'un pont plutôt que de simuler un quelconque attachement pour vous, Enzo, rétorque-t-elle le menton levé.
Un sourire cruel et magnétique étire les lèvres de japonais. Il resserra imperceptiblement sa prise sur mon épaule, ancrant ses doigts dans sa chair. Il me rappelle qui dicte les règles du jeu.
— Le contrat est simple, Léa. Tu joues la fiancée parfaite pendant 1 ans pour blanchir ma réputation. En échange, je protège ta galerie de tes créanciers. Tu as signé. Tu m'appartiens le temps de cette mascarade.
— Une mascarade, oui. Rien de tout cela n'est vrai.
Enzo se penche, ses lèvres frôlent presque le lobe de mon oreille. Son souffle chaud me donne la chair de poule.
— Dans notre monde, l'ombre finit toujours par dévorer la lumière. Fais attention, petite artiste. À force de peindre le diable, on finit par vouloir coucher avec lui.
Il m'offre son bras, m'invitant à affronter les flashs aveuglants de la presse. J'inspire profondément, glisse ma main sous son coude, et affiche mon plus beau sourire de façade. Le piège vient de se refermer. Le jeu commence maintenant.
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Dans l'ombres de nos bagues
RomanceLéna une jeune artiste rencontre Enzo, le parrain de la mafia
