Chapitre 1

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Fais-le taire

Harry Potter avait survécu à Voldemort, à une guerre, à plusieurs années de tentatives d'assassinat et à une quantité franchement indécente de repas préparés par Kreattur.

Pourtant, ce mardi matin, il allait mourir à cause d'une migraine.

Il en était convaincu.

La douleur pulsait derrière son oeil droit au rythme de ses pas, comme si un minuscule cognard avait élu domicile dans son crâne. Chaque éclat de voix dans la Grande Salle lui avait donné envie de renverser la table. Chaque tintement de couvert avait ressemblé à une attaque personnelle. Même Ron mâchant une tartine avait failli devenir un motif de rupture définitive de leur amitié.

Hermione lui avait conseillé d'aller voir Madame Pomfresh.

Ron lui avait conseillé de se recoucher.

Harry avait choisi une troisième option : ne rien faire, boire un café beaucoup trop fort et espérer que le monde entier comprendrait spontanément qu'il devait se taire.

Le monde entier n'avait pas compris.

Et Drago Malefoy encore moins.

« Potter ! »

Harry ferma les yeux.

Non.

Il se trouvait au milieu de la cour intérieure, un bras chargé de livres et l'autre passé autour de son propre ventre parce que le café avalé à jeun commençait à produire des effets douteux. Hermione et Ron marchaient à ses côtés. Une foule d'élèves profitait du soleil pâle avant le prochain cours.

Une foule qui, dans quelques secondes, allait probablement assister à un meurtre.

« Potter, répéta Malefoy derrière lui. Tu es devenu sourd en plus d'être mal coiffé ? »

Harry continua d'avancer.

« Ne réponds pas, murmura Hermione. Il finira par se lasser. »

Ron ricana.

« Malefoy ? Se lasser de parler ? Autant attendre que Rusard adopte un Fléreur. »

« Je vous entends, Weasley ! lança Malefoy. »

« Malheureusement, nous aussi, répondit Ron. »

Harry serra les dents.

Il avait réellement essayé, depuis le début de leur huitième année, de faire preuve de maturité. Tout le monde le lui avait recommandé. McGonagall avait prononcé un discours entier sur la reconstruction, le pardon et la nécessité de laisser derrière eux les vieilles rivalités. Hermione avait insisté sur les vertus d'un nouveau départ. Même Ron avait accepté de ne plus menacer Malefoy avec sa fourchette à chaque petit déjeuner.

Harry avait donc fait des efforts.

Il n'avait pas réagi quand Malefoy avait qualifié ses nouvelles lunettes de « crime contre l'élégance ».

Il n'avait rien dit lorsque Malefoy avait demandé, devant toute la classe de potions, si la renommée dispensait désormais de se laver les cheveux.

Nice Butt, Blondie (Drarry)Histórias para pegar e não largar. Descubra agora