C'est mon 1er jour dans ce nouveau lycée, le 1er jour de ma nouvelle vie. L'air sent la pelouse fraîchement coupée et le café tiède qui s'échappe des gobelets en carton, un mélange presque écœurant de normalité. Je prends une grande inspiration et m'avance vers l'entrée d'un pas décidé, mes docs claquant sur le bitume, en essayant d'ignorer le bâtiment de brique qui me toise comme s'il savait déjà que je n'étais pas à ma place ici.
Je suis tellement concentrée sur mon agenda mental — sourire, dire bonjour, ne pas faire de vagues, sourire encore — que je ne remarque pas la voiture qui me fonce dessus. Le son de son klaxon me tire de ma rêverie. Je fais un bond sur le côté pour l'éviter et heurte une moto noir mat, imposante, qui glisse de sa béquille et s'écrase au sol dans un bruit fracassant.
Le brouhaha incessant du lycée laisse place à un silence de mort. Quelque chose en moi se met en alerte avant même que je comprenne pourquoi, une vieille habitude que je croyais avoir laissée derrière moi. Un garçon de quasiment 2m se plante devant moi, ses yeux noirs traduisant sa fureur, les poings déjà à moitié serrés. Son regard descend une seconde sur mes cheveux — le noir et le violet emmêlés, encore décoiffés par ma course — avec ce mépris rapide des gens qui rangent les autres dans des cases avant même de leur parler.
"Qu'est-ce que tu fous ? T'es complètement malade ?"
Je ne recule pas. Je ne recule jamais, même quand tout mon corps m'y encourage. Du haut de mes 1m70 je ne suis pas petite, mais lui me dépasse largement, et il en joue, penchant la tête pour bien me faire sentir la différence.
Quelques élèves se sont arrêtés pour observer la scène à distance, chuchotant entre eux, terrifiés à l'idée d'être à ma place. Il relève l'imposante moto d'une seule main, laissant apercevoir un bras musclé et tatoué sous son blouson de cuir noir, et c'est là que l'odeur me frappe : cuir, essence, une pointe de tabac froid. Une odeur que je connais bien. Je ravale ce que ça remue en moi et me concentre sur le présent.
Je bafouille des excuses, la voix un ton plus haut que je ne le voudrais.
"De... désolée, j'étais plongée dans mes pensées et j'ai pas vu..."
Il me coupe.
"Putain de merde, regarde ce que tu as fait !" Il me montre des rayures sur sa carrosserie impeccable, presque plus outré par l'égratignure que par la voiture qui a failli m'écraser deux secondes plus tôt.
Il passe une main dans ses cheveux bruns ébouriffés, ses yeux sombres posés sur moi, et je remarque malgré moi la carrure — large, dense, le genre de silhouette qui occupe toute une pièce sans effort. "Comment comptes-tu réparer ça ?" Il croise les bras sur son torse imposant.
"Euh, et bien, dis-moi combien je te dois et..."
Il me coupe à nouveau avec un ricanement hautain, me regardant de haut en bas comme s'il évaluait la valeur de mes vêtements.
"De l'argent ? Cette peinture est faite sur mesure, tu n'aurais pas l'argent pour la payer." Il fait un pas vers moi, se penchant pour me surplomber de toute sa carrure.
"Tu es visiblement nouvelle ici, personne ne touche à ma moto." Un sourire carnassier apparait sur son visage.
"J'accepte d'effacer ta dette si tu es mon esclave pendant 2 semaines."
Un hoquet de surprise m'échappe.
"Pardon ?"
Je redresse la tête vers lui, la colère assombrissant mon regard — mes iris marron foncé, presque noirs eux aussi quand je suis en colère, à en croire ce qu'on me dit depuis toujours.
ŞİMDİ OKUDUĞUN
Ne fais pas de vagues
RomantikUn accident de moto. Une dette impossible à payer. Et une seule condition pour l'effacer : devenir l'esclave de Tyler Voss pendant deux semaines. Rebecca a promis à ses parents adoptifs une seule chose en arrivant à Fairhaven High : ne pas faire de...
