Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! Putain, qu'est-ce qui m'a pris de vouloir passer par cette grotte pour raccourcir mon chemin ! Merlin me l'avait dit : « Ne t'aventure jamais là où tu ne sais pas ce qui pourrait y avoir. »
Résultat de ma maladresse, je suis poursuivie par une horde de bébés dragons, car la grotte était une tanière et je ne peux pas les blesser, ils sont trop mignons. Leur petite bouille toute rouge et leurs ailes minuscules sont bien trop adorables pour être abîmées.
Heureusement, je suis douée en parcours, mais à force de sauter d'arbre en arbre depuis un certain temps, je commence à fatiguer, moi. Il ne faut pas que je réfléchisse trop, sinon je vais me prendre une bran...
Oh non ! Purée, j'avais oublié à quel point le sol est dur quand tu tombes de plusieurs mètres.
Je regarde derrière moi pour voir si je peux me reposer un peu, mais au lieu des bébés dragons, je vois une jeune femme pas beaucoup plus âgée que moi les calmer et les renvoyer vers leur grotte par je ne sais quel miracle.
Elle se retourne vers moi, m'adresse un signe de tête et un sourire dévastateur, puis s'en va sans perdre une seconde.
Je suis restée bouche bée...
Elle est d'une beauté à en perdre ses mots.
Je grave son visage dans ma mémoire et je me promets de la chercher pour la revoir un jour.
Le bruit d'un carrosse qui approche me ramène à la réalité et me rappelle la raison de mon empressement initial, qui m'a poussée à prendre cette décision très avisée : je dois aller à Caerys, la capitale du royaume, pour faire ma rentrée à l'Académie Royale.
Je demande au carrosse qui arrive s'il peut me déposer à l'académie, car sinon je vais être en retard.
Le carrosse me paraît luxueux,les dorures doivent valoir plus que tout ce que je possède.
La personne à l'intérieur est très gentille et accepte de m'emmener, me disant qu'elle s'y rend aussi.
En montant, je manque de tomber. Bon sang pourquoi cette foutu marche glisse.
La femme me rattrape grâce à de la magie sacrée.
Sa magie est magnifique, mais ma bienfaitrice est d'un autre niveau.
C'est une femme majestueuse, d'une prestance et d'une grâce que je n'ai jamais vues.
Elle porte une robe entièrement noire, ce qui m'indique qu'elle est en deuil, et ses yeux dégagent une tristesse telle que je n'en ai jamais vu auparavant.
Sa tenue contraste avec sa peau très blanche, tout comme ses cheveux.
Elle me demande ce que je vais faire à l'Académie et je lui annonce fièrement que je vais rentrer à l'Académie Royale en tant qu'élève boursière, étant arrivée première à tous les examens d'entrée de toutes les Zones.
Devant mon air tout fier, une ombre de sourire apparaît sur le visage de la dame et ses yeux semblent être perdus dans des souvenirs lointains. J'ai jugé plus judicieux de me taire à ce moment-là.
Le voyage vers Caerys fut silencieux.
Durant ce laps de temps, j'observais la gentille madame et la profonde tristesse qu'elle dégageait me fit me demander ce qui avait bien pu se passer pour qu'une tristesse si dévastatrice frappe cette femme.
J'ai aussi observé avec curiosité les dorures et la noblesse qui se dégageaient de ce carrosse.
Avant de me déposer devant le grand portail de l'académie, elle m'a donné un cristal de communication, un petit cristal bleu avec une aura douce, en me disant de la contacter si j'avais des problèmes à l'académie en insufflant du mana dans le cristal et en disant son nom.
Ce n'est que là que j'appris son nom.
Elle s'appelait Vaelis.
Elle partit ensuite vers une autre partie de l'académie.
Il pleut, mais il n'y a pas de nuage. Quelle drôle de façon de commencer ma vie à la capitale. Mais bon, qui suis-je pour connaître tous les secrets de cette ville ?
Je me dépêche de me mettre en uniforme, puis une « serfine », ce sont les étudiants de troisième année à l'Académie, vient me chercher pour m'emmener au dortoir.
Ma camarade de chambre s'appelle Hanna et notre amour pour la magie nous a rapprochées très vite.
Une heure passe pendant que nous discutons et une annonce de la directrice nous demandant de nous rendre dans l'auditorium nous coupe au milieu d'une discussion passionnante sur la théorie des triples formules.
L'auditorium est une grande salle, comme une salle de bal, avec différentes tables rondes de différentes couleurs selon le niveau dans lequel tu es. (Je pense que ce serait mieux si tout le monde pouvait s'asseoir avec qui il veut, mais les règles sont les règles.)
Hanna et moi sommes allées à une table libre et d'autres « paerins », ou élèves de première année, nous ont rejoints.
L'Académie est divisée en plusieurs niveaux selon l'année d'étude.
Après que tout le monde se fut assis à sa table respective, la directrice monta sur l'estrade en première et annonça à tout le monde que la Reine nous faisait l'honneur de sa présence pour cette rentrée.
J'étais tellement heureuse de pouvoir enfin rencontrer la Reine, mais quand elle monta sur l'estrade, mon coeur manqua un battement.
Je ne m'attendais certainement pas à voir Vaelis.
La gentille dame qui m'avait emmenée à l'Académie était la Reine.
Je mis quelques secondes à assimiler cette information.
Elle balaya la salle du regard et, lorsque ses yeux trouvèrent les miens, ébahis, elle me fit un signe de tête auquel je répondis avec un sourire. Puis elle se tourna vers tous les élèves et prononça un discours qui se termina par :
« Chaque élève recevra une amulette de protection de niveau deux, et les premiers et deuxièmes de chaque promotion recevront une amulette de niveau six et quatre. »
Puis le vice-directeur appela tous les premiers et deuxièmes de chaque promotion à le rejoindre sur l'estrade.
Hanna et moi nous levâmes et éclatâmes de rire en réalisant que nous étions toutes les deux des intellos.
Le vice-directeur, en plus de nous remettre les amulettes, nous donna un nouvel uniforme correspondant à notre place dans chaque Zone, les Zones étant les catégories de choses que l'on peut étudier à l'Académie : l'escrime, la magie, l'alchimie, la magie sacrée, les arts martiaux, etc.
Il nous fit également annoncer à haute voix notre statut social, notre niveau et notre place dans le classement.
Imaginez l'expression des nobles lorsqu'ils se rendirent compte qu'une élève boursière était arrivée première de toutes les Zones.
Ils eurent l'intelligence de ne rien dire si cela les dérangeait.
En regardant autour de moi, je vis la fille de la forêt en tant que première de la Zone d'escrime des Kaerin(e)s, ou deuxième année.
Pendant la remise des amulettes, j'ai pensé à la fille de la forêt et au fait que je devrais lui demander son nom plus tard, mais aussi à Vaelis et au fait que je m'étais liée d'amitié avec la Reine dès mon premier jour dans la capitale.
Après l'assemblée, nous sommes reparties au dortoir avec Hanna. Nous nous sommes installées sur le tapis et avons parlé de magie au début, puis elle m'a posé la question de comment était mon enfance.
Et pour la première fois de ma vie, et pour une raison inconnue, j'ai raconté à quelqu'un ma naissance et le début de ma vie en omettant certaines parties.
Je suis née dans une vieille maison délabrée, un mur manquant et de la paille en guise de lit. Vie de misère, je vous l'accorde.
Ma mère a donné naissance à un bébé tout pâle, mais avec des cheveux rouge sang et déjà longs (moi, je sais, c'est surprenant).
Elle m'a regardée, je l'ai regardée, elle a crié, j'ai souri, elle m'a balancée, je n'ai pas crié, l'homme biologiquement parlant mon père m'a rattrapée, première et dernière fois que je l'ai vu sobre, ai-je dit, et Hanna a fait une tête de dépit qui m'a causé un fou rire.
Ma mère, cette « sainte » qui m'a mise au monde, s'est enfuie lâchement.
Après cela, mon père s'est anesthésié de l'intérieur, l'alcool étant un très bon remède contre le chagrin mais pas d'une très grande aide pour nourrir et élever un enfant. J'ai dû survivre (seule, bien évidemment).
Puis je lui ai décrit des souvenirs qui lui ont fait prendre une expression de complète incompréhension. Je me doute bien qu'elle n'a jamais vécu ça, mais ça m'a amusée quand même.
Je me souviens des courses-poursuites entre les étals du marché pour une mie de pain volée.
Je me souviens de cette libraire qui m'a appris à lire.
Je me souviens de ces groupes d'aventuriers qui venaient en ville, « m'adoptaient » et « m'éduquaient » le temps d'une journée.
Je me souviens de ce vieux mage sur la place que personne d'autre n'écoutait, qui était Merlin et qui m'a appris beaucoup de ce que je sais, tant en magie qu'en culture.
Je me souviens des odeurs de tarte qui émanaient du stand de la boulangère.
Je me souviens des longues chasses aux monstres dans la forêt près du village où je vivais.
Après ça nous nous sommes couché.
Demain commence la première journée de cours et on doit être en forme.
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Two face ??
ParanormalTiira une jeune fille lesbienne arrive dans une academie et vas vivre des aventure
