Les bas-fonds avaient une odeur particulière.
Une odeur de poussière humide, de bois pourri, de sueur et de misère. Ici, l'air semblait plus lourd qu'ailleurs, comme si même respirer demandait un effort. Les murs étaient trop proches, les ruelles très étroites, les regards trop insistants.
Lucie avançait vite, les bras serrés contre elle.
Elle n'aimait pas cet endroit.
Personne n'aimait les bas-fonds.
Mais quand on y vivait, on apprenait à baisser les yeux. À ne pas répondre. À ne pas ralentir. À ne surtout pas montrer qu'on avait peur car ont devenait une proie facile.
Alors Lucie marchait.
Encore et encore sans se retourner
Ses bottes frappaient les pavés sales dans un rythme nerveux. Autour d'elle, des silhouettes passaient sans vraiment la voir. Ou faisaient semblant. Dans les bas-fonds, chacun survivait pour soi. Si quelqu'un criait, les portes restaient closes. Si quelqu'un tombait, on détournait le regard.
Lucie le savait.
C'était peut-être ça, le pire.
Savoir qu'ici, personne ne viendrait l'aider.
Elle tourna dans une ruelle plus sombre, espérant gagner du temps et rentrer plus vite. Une faible lumière descendait d'une ouverture au-dessus, mais elle était si pâle qu'elle ne faisait qu'allonger les ombres.
Puis elle entendit des pas derrière elle.
Son cœur, lui, s'arrêta presque.
Elle continua pourtant à avancer, le visage fermé, en priant pour que ce ne soit rien. Un homme qui rentrait chez lui. Un ivrogne qui traînait. Quelqu'un qui n'avait rien à voir avec elle.
Les pas accélérèrent.
Lucie serra les dents.
Non...pas maintenant.
Elle bifurqua brusquement, mais à peine avait-elle fait quelques mètres qu'une main se referma brutalement sur son bras.
- Eh, doucement... Pourquoi tu marches si vite ?
La voix était rauque, sale, beaucoup trop proche.
Lucie se retourna d'un coup et tira sur son bras.
- Lâchez moi
L'homme sourit.
Il n'était pas seul.
Deux autres silhouettes sortaient déjà de l'ombre, bloquant le bout de la ruelle. L'un d'eux ricana en la regardant de haut en bas. Ce regard-là donna immédiatement envie à Lucie de vomir. Il ne la regardait pas comme une personne. Il la détaillait comme quelque chose ..de faible ..sans aucune valeur
Son ventre se noua.
- J'ai dit lâchez-moi, répéta-t-elle plus fort.
Sa voix trembla malgré elle.
Et ils l'entendirent.
Le sourire de l'homme s'élargit.
- T'es nerveuse ?
Lucie tira encore, plus violemment. Ses doigts étaient froids. Sa gorge se serrait. Elle sentait la panique grimper dans sa poitrine, lente, épaisse, incontrôlable.
- Arrêtez...
- Arrêtez, imita l'un des hommes avec un rire moqueur.
Le rire résonna contre les murs.
Lucie sentit quelque chose se fissurer en elle.
Ce n'était pas seulement la peur.
C'était l'humiliation, la colère et énormément de dégoût.
...et ça les amusait.
Une deuxième main attrapa son épaule.
Lucie réagit aussitôt.
Elle se débattit, griffa, repoussa, mais l'homme la plaqua contre le mur avec une facilité qui lui coupa le souffle. Son dos heurta la pierre froide. Une douleur vive remonta jusque dans sa nuque.
- Lâchez-moi !
Cette fois, elle cria.
Mais la ruelle avala son cri.
Aucune porte ne s'ouvrit. Aucune voix ne répondit absolument Rien.....
Seulement leur respiration, leurs rires, et les battements affolés de son cœur.
Lucie sentit ses yeux brûler.
Non.
Elle ne voulait pas pleurer.
Pas devant eux.
Mais la peur devenait trop grande. Elle lui remplissait la poitrine, lui compressait les poumons, l'empêchait de penser. Elle avait l'impression que tout son corps voulait fuir alors qu'elle était incapable de bouger.
L'un des hommes se pencha vers elle.
Trop près.
Beaucoup trop près.
Son souffle lui effleura le visage, et Lucie tourna la tête avec dégoût.
- T'es jolie quand tu trembles.
Quelque chose en elle se glaça.
Puis, juste après, quelque chose brûla.
Une chaleur étrange naquit au creux de sa poitrine. D'abord minuscule. Comme une étincelle perdue dans le noir. Puis elle grossit, alimentée par chaque battement de son cœur, chaque souffle paniqué, chaque pensée violente qui traversait son esprit.
Pourquoi personne ne m'aide ?
La main sur son bras se resserra.
Pourquoi je suis toujours seule ?
L'homme la maintenait contre le mur.
Pourquoi ils ont le droit de me faire peur ?
Un bourdonnement monta dans ses oreilles.
Lucie cligna des yeux, troublée. Sa vision se brouilla. Le monde autour d'elle sembla se déformer, comme si l'air vibrait.
- Qu'est-ce que...
Elle ne termina pas sa phrase.
Une douleur aiguë traversa ses doigts.
Une sensation de pression, de tension, comme si quelque chose cherchait à sortir d'elle. Sa peau picotait. Ses mains tremblaient de plus en plus fort.
L'homme qui la tenait fronça les sourcils.
- C'est quoi ton problème ..!
Lucie ne lui répondis pas , de fines lueurs bleues couraient sur ses doigts. Elle cessa de respirer. Les éclats lumineux apparaissaient puis disparaissaient, rapides, nerveux, comme de petites veines d'orage sous sa peau. Plus sa peur montait, plus la lumière devenait vive.
Sa voix n'était plus qu'un souffle.
Les hommes reculèrent à peine.
Pas assez.
Pas assez vite.
La panique de Lucie se transforma brutalement.
Elle n'était plus seulement terrifiée.
Elle était furieuse.
Furieuse contre eux.
Furieuse de se sentir enfermée
Furieuse contre ce monde où elle devait se taire pour survivre.
Son cœur frappa plus fort.
Une fois.
Deux fois.
Puis tout explosa ...la voûte des bas-fonds fut détruite et les trois hommes à moitié morts. Lucie tenant à peine sur ses jambes rentra dans sa maison et tombe sur le sol inconsciente
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Lucie Chronicles
FanfictionLucie n'aurait jamais dû attirer l'attention du caporal Levi. Soldate au caractère fier, marquée par un passé qu'elle ne comprend pas encore, Lucie cache en elle un pouvoir dangereux . Elle possède un pouvoir électrique qui réagit à ses émotions. D...
