Coucou tout le monde, je suis très heureuse de vous retrouver pour cette toute nouvelle fic qui n'a cette fois-ci été inspirée que par une simple photo tirée d'un shooting pour les réseaux de Ben... mais avouons qu'on avait tous été ravis de tomber dessus quand il l'a posté il y a deux ans. J'espère que vous allez tous bien malgré cette météo désertique. Vous retrouver chaque semaine m'apporte un immense bonheur, n'en doutez pas. Je vous remercie tous de continuer à me suivre de près ou de loin. On est sur une histoire de trois chapitres qui, je l'espère, vous plaira même si elle est un peu moins fofolle que Drunk'n'Love mais on compense avec beaucoup d'amour ! Allez, je ne vous en dis pas plus et vous souhaite à tous une excellente lecture ;-)
Ben ne comprenait pas pourquoi ses mains tremblaient. Il n'avait aucune raison d'être aussi fébrile. Encore moins à cause d'une situation qu'il avait déjà vécu il y a cinq ans.
À l'époque, il avait totalement été pris au dépourvu. Certes, il savait que Fred était décidé à le pousser dans les bras de Pierre. Que celui qu'il commençait déjà à l'époque à considérer comme son meilleur ami avait compris certaines petites choses en ce qui concernait un sujet qu'il maintenait tabou et qui tournait autour des sentiments qu'il éprouvait envers son collègue.
Qu'il avait pu se griller d'une manière tout à fait déplorable avec Fred lors de la fête qu'ils avaient organisé pour célébrer leur installation dans la nouvelle maison. Que, grisé par l'ambiance et surtout par les délicieuses margaritas que P-A réussissait comme un excellent barman, il avait pu marmonner à son meilleur ami qu'il comptait demander Pierre en mariage, pour de vrai cette fois, parce qu'il était et cela, il le tenait de Fred, "complètement dingue de cette belle gueule d'ange".
Il n'avait pas l'ombre d'un souvenir s'apparentant un tant soit peu à celui que le bel asiatique lui avait raconté dès le lendemain en gloussant comme un gamin prépubère - et même si il en avait un, il l'aurait enterré dans les tréfonds de sa mémoire dans l'espoir de l'oublier à jamais.
Mais il avait beau avoir tempêté et fulminé comme un beau diable pour nier les affirmations de son ami, Ben savait que Fred n'était ni un menteur ni mauvaise langue. Si Fred clamait qu'il avait dit ces propos plus que douteux alors il devait l'accepter - et s'empresser de mettre au plus vite cette folie sur le dos de l'alcool.
Si son meilleur ami avait pris plaisir à le taquiner constamment à ce sujet, Fred avait pris cette histoire à cœur et décidé de prendre les choses en main... en organisant ce qu'il lui avait soi-disant dit au sens littéral.
Ben avait eu le plus grand mal à ne pas s'en aller en claquant la porte lorsqu'il avait compris que Fred avait réellement préparé leur mariage - avec l'aide perfide de Guillaume. On ne pouvait décidément faire confiance à personne. Pour la toute première fois, Ben avait réellement été mal à l'aise au cours d'un tournage. Les regards noirs qu'il avait lancé à Fred et que même les monteurs n'avaient pu entièrement dissimuler flamboyaient d'une colère vive et sincère.
Il ne prenait pas le mariage à la légère. Ayant été élevé dans une famille italienne aux principes ancrés dans leur âme, il voyait moins la cérémonie comme un serment prêté envers lui-même et la puissance divine à laquelle il croyait. Voir les gens traiter cet événement comme une formalité et porter plus d'attention sur le buffet et la couleur des serviettes plutôt que sur la promesse dans laquelle ils s'engageaient pour le reste de leurs vies l'atterrait.
Il avait sérieusement craint que Fred n'ait organisé un mariage typique de ceux qu'il détestait : clinquants et superficiels. Mais à sa grande surprise, cela n'avait pas été le cas. La cérémonie avait été sobre et distinguée, les costumes simples et élégants, le "maire" assez compétent - bien que Ben ne voterait pas pour lui aux prochaines élections.
Une très bonne ambiance avait animé toute la soirée. Ils avaient eu des messages de la part d'amis Youtubeurs qui avaient tous clamé qu'ils savaient depuis longtemps que quelque chose se passait entre eux et leur avaient souhaité beaucoup de bonheur.
Les abonnés avaient été adorables et il était possible - mais ça, Ben n'en gardait qu'un vague souvenir alors il était loin d'en être sûr - que le slow qu'il avait dansé avec Pierre ait pu transporter de joie son cœur. Qu'il s'était empressé de télécharger cette chanson pour la réécouter en boucle. Qu'il avait dû discrètement nicher son visage contre l'épaule de son "mari" pour cacher ses yeux un peu trop brillants.
C'était un rêve qui se réalisait pour lui. Qui se réalisait pour de faux mais qui se réalisait quand même. À la fin de la soirée, il n'avait pu cacher l'éclat de déception qui avait traversé son regard lorsque Fred lui avait annoncé qu'il devait lui rendre la bague. Son meilleur ami l'avait certainement remarqué car tandis qu'il s'exécutait, Fred avait posé une main sur son épaule pour lui demander d'une voix douce si il avait aimé cette soirée. Il avait acquiescé en silence.
Bien sûr qu'il avait aimé. La cérémonie avait été cool, la nourriture et le gâteau de mariage délicieux, la fête légère et agréable. Et Pierre avait été un mari génial. Il s'était montré extrêmement attentionné avec lui, l'avait soutenu sans trop s'imposer, exactement comme il en avait besoin.
Il avait trouvé cette question stupide et s'était éloigné avant que Fred ne puisse lui poser d'autres questions. Par la suite, il avait toujours maintenu qu'il avait en horreur ce mariage et attendait avec impatience le divorce. Mais ce n'était qu'une façade pour protéger son cœur de plus en plus faible face au comportement de plus en plus tendre de son partenaire qui profitait justement de ce mariage pour se montrer encore plus affectueux avec lui.
Ben attacha son nœud papillon en soupirant. Il s'en était passé du temps depuis cette cérémonie. Cinq longues années qui semblaient s'être envolées à la vitesse d'un battement d'ailes de colibri. Depuis, lui et Pierre avaient compris certaines choses chez l'autre.
Pierre avait compris que la barrière pudique qu'il interposait toujours entre eux n'était qu'un moyen pour le brun de protéger son cœur trop sensible à sa présence. Ben, lui, avait compris que l'attitude douce et protectrice du blond était une façon pour lui de soulager silencieusement les sentiments qui pesaient sur son cœur.
Il tripota le nœud papillon avec un sourire distrait. Il leur en avait fallu du temps pour comprendre. Trois années de plus, deux meilleurs amis butés et désespérés par leur aveuglement, un long confinement déclenchant un manque de l'ordre sismique en eux, un second confinement passé ensemble où ils s'étaient dangereusement rapprochés, des tournages encore plus éprouvants les unissant davantage et renforçant leur lien.
Et puis un beau jour, ça s'était produit. Comme ça, en toute simplicité. Ils s'étaient embrassés. D'abord timidement, en une tentative légère et presque craintive. Puis passionnément, enivrés par le baiser et de le voir accepté. Deux ans jour pour jour que ce merveilleux moment s'était produit. Ben avait décidé de le célébrer comme il se doit. Pour lui, pour Pierre mais également pour leur communauté.
Ils n'avoueraient jamais officiellement la véritable nature de leur relation, cela ils l'avaient très vite accepté mais ils pouvaient laisser quelques signes de temps à autre que seuls les abonnés les plus assidus et qui les connaissaient vraiment pouvaient comprendre.
Comme lorsque Pierre se plaçait derrière lui, ses lèvres effleurant sensuellement son cou et qu'il esquissait un grand sourire ravi au lieu de s'éloigner ou qu'il empoignait Pierre pour le rapprocher fermement de lui, leur bulle d'intimité éclatant à la vue de tous. Aujourd'hui, un des signes les plus forts qu'ils puissent donner allait être photographié et posté sur son Insta. Pierre avait été surpris de cette demande et lui avait demandé à plusieurs reprises si il était sûr de vouloir faire ça.
Mais Ben avait tu ses questions à l'aide d'un sourire charmeur et d'un petit baiser avant de reprendre ses activités. Ils avaient chacun acheté un costume, ceux qu'ils portaient à l'époque ayant été seulement loués et se préparaient actuellement chacun de leur côté. Comme le voulait la tradition.
Ben épousseta vivement ses manches noires avant de lisser les pans de sa veste lorsqu'on frappa à la porte. Il sursauta légèrement et sentit son cœur rater un battement avant de se racler la gorge et de dire d'une voix formelle :
-Entrez.
Son pouls s'accéléra en voyant la porte s'entrouvrir lentement, s'attendant à voir une grande silhouette bleue apparaître mais éprouva une pointe de déception en voyant le visage souriant d'Agathe surgir et demander gentiment :
-Tu es prêt ?
Ben inspira discrètement avant d'acquiescer en répondant :
-Oui. Pierre est avec toi ?
-Non, annonça la jeune femme en secouant la tête alors qu'elle entrait dans la pièce. Il est encore en train de se préparer.
Ben poussa un long soupir las et déclara d'une voix résignée :
-Toujours en retard. Je devrais y être habitué. Il l'était déjà la... la première fois.
Agathe émit un léger rire et répliqua avec son sourire solaire et malicieux :
-Oh Ben, tu ne peux pas lui en vouloir de se faire beau pour toi.
-Hum, c'est toi qui le dis, marmonna le brun en lui adressant un petit sourire. Et puis, c'est bon, pas la peine d'en faire trop non plus. C'est juste une photo.
La cadreuse laissa échapper un petit gloussement que Ben remarqua. Il demanda d'une voix faussement sévère :
-Quoi ?
-Rien, répondit automatiquement Agathe avant de lui lancer un sourire en coin. C'est juste que tu m'as l'air bien nerveux... pour une "simple photo".
Ben poussa un soupir qui se voulait irrité mais ne fit aucun commentaire. Il ressentait effectivement une part de nervosité qu'il ne s'expliquait pas. Il n'allait rien se passer d'extraordinaire. Ils allaient juste prendre une photo... et ensuite discuter un peu.
-Tu sais, je regrette de ne pas avoir été là à l'époque, avoua Agathe avec douceur. Vous deviez être tellement mignons.
-Parce que maintenant, on ne l'est plus ? répliqua Ben en souriant.
La cadreuse secoua la tête en levant les yeux au ciel tant cette question était ridicule, ce qui le fit éclater de rire. Ben vérifia les boutons de sa veste et ajouta :
-Oh, tu n'as pas de regrets à avoir. On voit à peu près tout ce qui s'est passé dans la vidéo.
Agathe esquissa un sourire amusé à cette remarque et rétorqua d'un air perspicace :
-Mais je sais très bien que ce qui compte vraiment chez vous, c'est justement le peu que vous ne montrez pas aux caméras.
Le sourire de Ben s'élargit et il fut incapable de lui donner tort. C'est pour ça qu'il tenait à ce que ce soit Agathe qui prenne cette photo. En plus d'être une excellente photographe, elle était la cadreuse dont ils étaient le plus proche avec Pierre.
Les liens qu'ils avaient tissé avec elle lors du second confinement étaient l'une des amitiés les plus profondes qu'ils aient noué avec l'un de leurs employés. Pierre et lui, lui faisaient une confiance aveugle et pouvaient se montrer bien plus décontractés en sa présence qu'auprès de beaucoup de personnes.
Ils la considéraient pratiquement comme un membre de leur famille et la choisissaient presque d'emblée lorsqu'ils devaient tourner une vidéo à deux. Avec elle, ils pouvaient se montrer plus proches et intimes sans éprouver de gêne et savaient qu'ils pouvaient compter sur elle pour éviter de filmer des moments où leur amour transparaissait plus que leur amitié.
Agathe ne travaillait pas encore pour eux lorsqu'ils avaient tourné la vidéo du mariage mais lorsque Pierre et lui avaient dû choisir un des cadreurs pour prendre la photo d'aujourd'hui, le choix était déjà tout fait. Ben marchait de long en large pour évacuer la nervosité qui l'habitait de plus en plus à mesure que les secondes s'égrenaient et il ne cessait de marmonner dans sa barbe.
-Qu'est-ce qu'il fout ? Il faut toujours qu'il soit en retard ! Si je lui fais un œil au beurre noir, ça se verra à l'objectif ? demanda le brun, fébrile.
-Il y a des chances, oui, répondit distraitement Agathe en arrangeant l'éclairage de la pièce.
Ben jura, frustré et s'apprêta à prendre son portable pour bombarder son cher et tendre de messages assassins lorsque quelqu'un frappa à la porte et annonça d'une voix joyeuse et chantante :
-Toc-toc, attention, j'arrive ! Ta-ta-ta-daaa !
Ben frémit légèrement en entendant la mélodie de la marche nuptiale entonnée par une voix trop grave et un peu fausse mais son cœur se figea en voyant Pierre faire son apparition. Il resta bouche bée, sous le choc.
Ah le futur marié arrive ! Etait-ce vraiment sympa de couper à ce moment-là ? Sûrement pas ! Mais j'espère que vous aurez la clémence de me pardonner et de daigner me laisser un petit com. Merci à tous d'avoir lu. J'espère que ça vous a plu. On se retrouve la semaine pro pour le second chapitre. En attendant, je vous envoie tout plein d'amour et de petits cœurs. Et comme toujours, Verrecroce Forever Ever !
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Pkutôt Deux Fois Qu'Une
FanfictionUn jour, Benjamin a décidé d'organiser un shooting photo pour ses réseaux ressassant les moments-clés de ses plus grandes vidéos. Et parmi ses plus grandes vidéos, comment ne pas évoquer celle que les abonnés ont préféré entre toutes autres : la vid...
