chapitre 1

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Je me réveille avant même que mon réveil ne sonne.
Comme toujours.
Le plafond de ma chambre est fissuré au même endroit. Je le fixe quelques secondes sans bouger, comme si j'essayais d'y lire quelque chose. Une réponse, peut-être. Ou juste une raison.
Ma main glisse automatiquement sur mon bras gauche.
La cicatrice est toujours là.
Comme les autres.
Je me lève sans bruit. Pas besoin de faire du bruit ici. Le silence est plus sûr.
Je m'habille vite.
Jean noir, veste large, t-shirt simple. Rien d'extra. Rien qui attire l'attention.
Mes cheveux noirs tombent sur mes épaules. Longs. Trop longs pour quelqu'un qui veut passer inaperçu... mais je ne m'en occupe pas vraiment.
Je les attache rapidement.
Dans le miroir, je ne vois pas une lycéenne normale.
Je vois quelqu'un qui apprend encore à survivre.
Je quitte la maison sans dire un mot.
Mon père est déjà là.
Je l'entends dans le salon.
Je n'ai pas besoin de le voir pour savoir comment sera sa journée.
Je ferme la porte doucement.
Et je pars.
Les couloirs sont bruyants.
Trop bruyants.
Des gens rient, parlent, vivent normalement. Comme si tout était simple.
Je marche au milieu d'eux sans les regarder.
Je n'appartiens pas à ce monde-là.
Je le sais.
Je m'assois au fond de la classe.
Toujours la même place.
Personne ne vient s'asseoir près de moi. Et ça me va très bien comme ça.
Le prof entre.
Les cours commencent.
Je regarde le tableau sans vraiment écouter.
Jusqu'à ce que la porte s'ouvre brusquement.
Un retardataire.
Grand.
Imposant.
Cheveux blonds attachés.
Une présence qui change immédiatement l'atmosphère de la classe.
Tout le monde le regarde.
Moi aussi.
Nos regards se croisent une seconde.
Je ne détourne pas les yeux.
Lui non plus.
Il s'assoit deux rangées derrière moi.
Je ne sais pas encore qui c'est.
Mais quelque chose dans sa posture... m'agace déjà.
Le temps passe lentement.
Trop lentement.
Quand la sonnerie retentit enfin, je range mes affaires sans précipitation.
Les autres sortent en groupe.
Moi, je pars seule.
Comme toujours.
Le ciel est gris.
Parfait.
Je marche en direction de chez moi, mains dans les poches.
Mes pensées sont vides.
Ou peut-être trop pleines.
Je ne fais pas attention aux pas derrière moi.
Jusqu'à ce que je sente la première main sur mon épaule.
Je me retourne immédiatement.
Un coup part.
Le nez du gars craque sous mon poing.
- "Mauvaise idée."
Je recule d'un pas.
Un deuxième arrive.
Puis un troisième.
Six.
Je serre les dents.
- "Vous êtes sérieux là ?"
Personne ne répond.
Ils sourient.
Le premier attaque.
Je bloque.
Je frappe.
Il tombe.
Un deuxième arrive sur le côté.
Je l'évite de justesse, mais un coup me touche les côtes.
Je grimace.
Ok.
Ils savent se battre.
Je recule contre un mur.
Je respire plus fort.
Un autre coup.
Je le bloque mal.
Ma vision se trouble une seconde.
Ils sont trop nombreux.
Je tombe à genoux.
Un coup me frappe l'épaule.
Puis un autre.
Je serre les dents pour ne pas crier.
Je refuse.
Je refuse de tomber comme ça.
Je me relève.
Encore.
Je frappe encore.
Mais mes gestes ralentissent.
Un des gars rigole.
- "T'es forte... mais t'es toute seule."
Je serre les poings.
Oui.
Je suis seule.
Puis...
Un bruit sec.
Un corps tombe.
Silence.
Je relève la tête.
Un seul coup.
Propre.
Rapide.
Efficace.
Un des gars est déjà au sol.
Une voix grave.
- "C'est quoi ce bordel ?"
Je le vois.
Le gars de la classe.
Celui du fond.
Celui que tout le monde regardait.
Il est là.
Et il ne sourit pas.
Il avance.
Sans hésiter.
Un deuxième gars attaque.
Il l'arrête d'un seul mouvement.
Puis un coup.
Encore un tombé.
Les autres reculent.
Il me regarde rapidement.
- "T'es toujours aussi têtue en combat ?"
Je le fixe.
- "Et toi t'es toujours aussi tardif pour arriver dans les problèmes des autres ?"
Silence.
Puis un léger souffle... presque un rire.
Il se place à côté de moi.
- "Tu peux tenir encore ?"
Je serre les dents.
- "J'ai pas besoin d'aide."
- "T'as l'air de quelqu'un qui vient de se faire démonter par six gars."
Je déteste son calme.
Les cinq restants attaquent ensemble.
Cette fois... je me redresse aussi.
On bouge en synchronisation sans se parler.
Un de mes coups.
Un des siens.
Puis un autre.
Ils tombent un par un.
Dernier coup.
Silence.
Je respire fort.
Mon bras me fait mal.
Mais je suis debout.
Il s'approche légèrement.
- "T'es solide."
Je détourne le regard.
- "Je me débrouille."
- "Non."
Pause.
- "T'es forte."
Je ne réponds pas.
Il me regarde comme s'il analysait quelque chose.
- "Tu t'appelles comment ?"
Je serre les dents.
- "Kiara."
Il répète mon prénom.
Comme s'il le testait.
- "Moi c'est Draken."
Je le regarde enfin vraiment.
Draken.
Il range ses mains dans ses poches.
- "T'es dans ma classe."
- "Je sais."
- "Alors on va se recroiser."
Je détourne les yeux.
- "Je préfère éviter ce genre de situation."
Silence.
Puis sa voix, plus basse :
- "T'as du potentiel. Tu devrais apprendre à te battre correctement."
Je le fixe.
- "Je me bats déjà correctement."
Il sourit légèrement.
- "Non."
- "Tu te bats comme quelqu'un qui veut survivre."
- "Moi, je peux t'apprendre à gagner."
Je reste figée une seconde.
Il part.
Sans attendre de réponse.
Moi, je reste seule dans la rue.
Le vent est froid.
Mais pour la première fois...
Je ne suis pas juste une fille qui rentre chez elle en silence.
Je suis une fille que quelqu'un vient de remarquer.
Et ça...
Ça me dérange plus que je ne veux l'admettre.

sous la peau du dragon Cerita yang bikin terobses. Temukan sekarang