Chapitre 1

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La pluie frappait doucement les fenêtres de l'appartement pendant que Sopida restait assise au bord de son lit, les écouteurs sur les oreilles. La musique était basse, presque étouffée, juste assez forte pour couvrir les voix venant du salon.

Arthit avait encore invité ses amis.

Elle soupira discrètement avant de fermer son livre.

Des rires éclatèrent derrière la porte.

Elle reconnut immédiatement la voix de Thélio.

Toujours la plus forte.
Toujours celle qui remplissait la pièce.

Sopida leva les yeux au ciel.

- T'es vraiment nul aux cartes, j'te jure.

- C'est faux, répondit Thélio en riant. Je suis juste incompris.

Un autre rire suivit.

Sopida retira lentement ses écouteurs.

Elle ne le détestait pas.

Enfin... peut-être un peu.

Non.

Ce qu'elle détestait, c'était la facilité avec laquelle il parlait aux autres. La façon dont il rendait tout léger. Comme si rien n'était jamais compliqué avec lui.

Ça l'agaçait.

Parce que les gens comme lui ne comprenaient jamais les gens comme elle.

Un coup discret résonna contre sa porte.

- Sopida ?

Arthit.

- Mmh ?

- Tu veux manger avec nous ?

- Non.

Petit silence.

- T'as mangé au moins ?

Elle fixa le mur quelques secondes.

- Oui.

C'était faux.

Mais Arthit ne répondit rien.

Il connaissait déjà cette version d'elle.

Quelques secondes plus tard, des pas s'éloignèrent.

Sopida remit ses écouteurs, prête à retourner dans son silence, quand une autre voix parla derrière la porte.

- Elle mange vraiment ou elle ment encore ?

Thélio.

Elle fronça légèrement les sourcils.

- Occupe-toi de tes affaires, répondit Arthit.

- Je demande juste.

Le ton de Thélio était calme.
Pas

La sonnerie retentit dans les couloirs.

Autour de Sopida, les élèves se levèrent immédiatement, parlant déjà de leurs projets pour le week-end.

Elle rangea calmement ses affaires dans son sac.

- Tu viens avec nous après les cours ?

La question venait d'une fille de sa classe.

Sopida leva les yeux.

- Non merci.

- Comme d'habitude.

La fille haussa les épaules avant de rejoindre ses amies.

Quelques secondes plus tard, Sopida se retrouva seule au milieu de la salle vide.

Comme souvent.

Elle aurait pu les rejoindre.

Elles n'étaient pas méchantes.

Mais elle ne savait jamais quoi dire.

Alors elle préférait partir avant que le silence ne devienne gênant.

Le lendemain matin, le ciel était encore gris lorsque Sopida sortit de l'immeuble.

Sweat noir oversize, écouteurs autour du cou, regard fatigué.

Elle descendit les marches sans vraiment regarder devant elle.

- Salut.

Elle s'arrêta immédiatement.

Thélio était assis sur le muret devant l'immeuble, un café à la main.

Ses cheveux châtains étaient complètement en bataille.

Il leva légèrement son gobelet en la voyant.

- T'as l'air de vouloir me tuer.

- Peut-être.

Il sourit.

Ce sourire facile qu'elle trouvait presque irritant.

- Ça commence bien.

Sopida allait partir quand il tendit doucement un deuxième café vers elle.

- Arthit m'a dit que tu partais toujours sans déjeuner.

Elle fixa le gobelet sans le prendre.

- Je t'ai pas demandé ça.

- Je sais.

Aucune gêne.
Aucune insistance.

Juste cette voix calme.

Sopida finit par prendre le café.

- Merci.

Le mot sortit presque automatiquement.

Thélio sembla surpris pendant une demi-seconde avant de sourire encore plus.

- Wow.

Elle le regarda froidement.

- Quoi ?

- T'es polie finalement.

Sopida soupira puis commença à marcher.

Après quelques secondes, elle entendit des pas derrière elle.

- Pourquoi tu me suis ?

- Parce qu'on va dans la même direction.

- C'est suspect.

- Je suis blessé.

Malgré elle, Sopida sentit le coin de ses lèvres bouger légèrement.

Et Thélio le remarqua immédiatement.

- Tu parles toujours aussi peu ?

- Non.

- Ah.

- ...

- Tu viens de me mentir.

Sopida tourna la tête vers lui.

- Pourquoi ?

- Parce que ça fait cinq minutes qu'on marche ensemble et tu as dit trois mots.

- Quatre.

- Donc tu comptes ?

- Malheureusement.

Thélio éclata de rire.

Sopida détourna immédiatement le regard.

Mais au fond d'elle...

Elle trouvait ce rire plutôt agréable.

entre tes silence Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora