prologue

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Temple de l'Air du Sud — Il y a cent ans

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Le vent hurlait autour du Temple de l'Air du Sud comme s'il voulait arracher la montagne elle-même de la terre. Des rafales venues du nord charriaient des cristaux de glace qui claquaient contre les colonnes de pierre sculptée, contre les bannières safran qui claquaient et se tordaient dans la tourmente, contre le visage de Nymia qui se tenait debout au bord de la grande falaise orientale, les pieds nus posés sur la roche nue et glacée, les yeux fermés.

Elle n'avait pas froid. Elle n'avait jamais froid — pas depuis le soir de ses douze ans où Maître Pathik avait tracé le dernier trait de ses tatouages d'airbending sur son front et que quelque chose en elle s'était ouvert comme une fenêtre longtemps condamnée. L'air était entré. L'air était entré partout, dans chaque cellule, dans chaque pensée, dans l'espace entre ses os et sa peau, et depuis ce soir-là Nymia ne s'était plus jamais sentie à l'étroit dans son propre corps.

Elle avait quinze ans maintenant. Trois ans de maîtrise, un record qui faisait encore murmurer les anciens dans les couloirs quand ils pensaient qu'elle n'entendait pas. Certains disaient que c'était un présage. D'autres disaient que c'était une anomalie. Maître Gyatso, lui, avait simplement dit qu'elle avait une façon d'écouter le vent que personne ne lui avait apprise, et que ça ne s'enseignait pas — ça se naissait ou pas.

Elle était née avec.

Ce soir-là, sur la falaise battue par la tempête, le vent lui parlait d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas. Ce n'était pas la voix habituelle du vent du Sud — cette voix familière, ronde et un peu brusque, qui lui racontait les migrations des bisons et les courants thermiques au-dessus des plaines. Non. Cette voix était plus ancienne. Plus lointaine. Comme si quelque chose de fondamental dans l'air du monde essayait de lui transmettre quelque chose d'urgent.

« Le monde va changer. Et tu dois le protéger. »

Nymia ouvrit les yeux.

Derrière elle, les anciens maîtres étaient rassemblés en demi-cercle silencieux. Leurs robes safran et bordeaux claquaient dans la tempête, leurs tatouages bleus brillaient faiblement dans l'obscurité — et aucun d'eux ne semblait affecté par le vent qui faisait plier les jeunes novices en deux. Maître Gyatso se tenait légèrement en retrait du groupe, les mains jointes dans ses larges manches, le visage habituellement creusé par le rire inhabituellement sombre. Il avait des excuses dans les yeux. Elle nota cela et le mit de côté pour plus tard.

Maître Pathik parla en premier, de cette voix mesurée et grave qu'il réservait aux annonces importantes.

— Nymia. Tu as été choisie.

Elle connaissait déjà la suite. Le vent le lui avait dit.

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La grande salle aux colonnes était silencieuse autrement que la falaise — un silence intérieur, lourd de présences et de décisions prises, l'air épais de secrets qu'on allait enfin prononcer à voix haute. Les anciens s'assirent en cercle sur les nattes de méditation et Nymia s'assit avec eux, les mains posées à plat sur ses genoux, et elle écouta.

Ils lui expliquèrent tout. Les espions de la Nation du Feu repérés dans les montagnes du Sud depuis trois lunes. Les rapports concordants d'une flotte assemblée dans les ports de l'Est. Le Seigneur du Feu Sozin qui rassemblait ses généraux depuis des mois. La guerre que tout le monde avait vue arriver depuis la génération de leurs parents — cette longue marche vers l'inévitable — venait enfin d'atteindre son terminus.

Et au centre de tout cela, un enfant de douze ans qui dormait trois bâtiments plus loin, ignorant de tout, blotti contre un bison volant géant avec le sommeil profond et sans culpabilité de quelqu'un qui ne sait pas encore le poids de ce qu'il est.

zuko x ocStories to obsess over. Discover now